Bercy 2024 - "Je ne sais pas", "On verra bien" : Ugo Humbert, le calme après l'exploit
Par Laurent Vergne
Publié 01/11/2024 à 10:10 GMT+1
Ugo Humbert n'a guère le temps de savourer. Au lendemain de son exploit contre Carlos Alcaraz (6-1, 3-6, 7-5) face auquel il a livré un match colossal, le Français doit remettre le couvert vendredi soir face à Jordan Thompson. Sur le papier, la mission semble plus "simple". Mais le Lorrain refuse, à raison, de s'enflammer ou de voir trop loin dans ce tournoi.
Héroïque Humbert ! Le Français s'offre l'exploit contre Alcaraz et file en quarts
Video credit: Eurosport
Et si, pour Ugo Humbert, le plus dur commençait ? Si ce vendredi était plus compliqué à gérer que la journée de la veille ? Vision paradoxale, presque dénuée de sens alors que le numéro un français vient de battre le numéro 2 mondial Carlos Alcaraz, au terme d'un match d'une envergure inédite pour lui. Le Lorrain a mis le feu à Bercy. A charge pour lui de ne pas doucher l'enthousiasme naissant.
Jordan Thompson en quart de finale, après Alcaraz en huitièmes, une aubaine ? Karen Khachanov ou Grigor Dimitrov derrière en demie si tout se passe bien, une opportunité en or ? Peut-être. Car après tout, même si le Russe et le Bulgare sont deux pointures, à ce stade de la compétition, ils ne sont pas non plus des épouvantails version Big 3. Mais derrière le théâtre des apparences, une réalité : enchaîner après ce qu'il a lui-même nommé, à juste titre, comme la "plus belle victoire" de sa carrière jusqu'ici, ne sera pas une sinécure.
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"Tu te bats comme un chien, c'est le dernier Bercy" : Quand Humbert s'encourage contre Alcaraz
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J'essaie de vivre le moment à fond
Nous saurons ce soir sur les coups de 19 heures comment Ugo Humbert a digéré son exploit de la veille, mais à chaud, il nous semble qu'il avait à la fois la bonne approche et les bons mots. De quelle manière envisage-t-il la suite dans une moitié de tableau où tout semble désormais possible ? A-t-il une idée précise de ce qu'il peut accomplir dans cette dernière ligne droite du Rolex Paris Masters ? "Aucune, et c'est ça qui est beau et que j'aime par-dessus tout dans le sport et le tennis", a-t-il proclamé.
Il a raison. Se projeter, à ce stade, est sans doute la pire chose à faire et le meilleur moyen de préparer un gadin douloureux. "Je n'ai pas envie de faire de prédictions, de savoir ce qu'il va se passer, insiste le Messin. J'essaie de vivre le moment à fond. Je suis venu à Bercy pour vivre ce genre d'émotions, ce genre de match. Je ne sais pas jusqu'où je vais aller, on verra bien. C'est la question à laquelle je n'ai pas envie de répondre." Pas avant de retourner sur le court, en tout cas.
Il ne veut surtout pas entendre qu'a priori, Jordan Thompson après Carlos Alcaraz, c'est un recul de quelques marches sur l'échelle de la difficulté. Favori, lui ? Il en rigolerait presque. "Je ne sais pas, dit-il encore. Je n’ai pas non plus envie de répondre à la question. Je n'en sais rien. Je vais préparer mon match comme d'habitude. J'essaie juste de faire les choses bien, de bien me préparer, d'être ultra concentré, de profiter du moment."
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Le dernier héros de Bercy ? Le résumé de l'exploit de Humbert contre Alcaraz
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Gare à Thompson
La soirée ne manquera pas d'enjeux pour Ugo Humbert. Dans le désordre, revenir dans le Top 15, être le premier demi-finaliste français à Bercy depuis sept ans (Julien Benneteau en 2017) et le premier en Masters 1000 depuis Gaël Monfils à l'été 2019 au Canada. Mais il s'agit surtout de prouver qu'il a de la suite dans son jeu et dans ses idées. Tomber si vite après son petit monument de jeudi contre Alcaraz laisserait un goût d'inachevé, un parfum d'exploit sans lendemain. Or il peut et doit aspirer à mieux.
Pour autant, Humbert a encore raison, si Thompson n'est pas Alcaraz, il est à prendre au sérieux. Leur unique confrontation sur le circuit est toute fraîche, cet été, à Cincinnati, et l'Australien s'était imposé 7-6 au troisième set dès le premier tour. Il s'est installé dans le Top 30, pour la première fois de sa carrière. A 30 ans, il traverse sa meilleure saison et n'a jamais joué aussi bien. "C'est un super joueur, il faut le respecter, a rappelé le gaucher tricolore. Il m'a battu cette année aussi. Je ne sais pas ce que cela va donner, on verra bien."
"Je ne sais pas" et "on verra bien", soit les deux formules les plus utilisées par Ugo Humbert après sa victoire contre Alcaraz. La formule gagnante, peut-être. Ce qui est intéressant, c'est l''extrême confiance qu'il semble avoir développée quant à son jeu ("Je peux vraiment embêter les tout meilleurs au monde") et le recul et le calme dont il fait preuve face au champ des possibles. Ce fameux "On verra bien". Il verra, oui. Nous aussi. Mais ce qui est sûr, c'est que ce que nous avons déjà vu donne envie de découvrir la suite.
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Humbert en feu, Alcaraz dépassé : le Français déroule et mène 6-1 !
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