Rolex Paris Masters | Giovanni Mpetshi Perricard ? "Certains disent que ce n'est pas du tennis…"

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Giovanni Mpetshi Perricard est encore tout frais qu'il reçoit déjà ses premières critiques. A l'étranger, certains observateurs jugent son jeu difficile à regarder. Immense serveur et joueur globalement très offensif, le Français de 21 ans réduit le nombre d'échanges au maximum, comme il l'a montré dans sa victoire sur Frances Tiafoe mardi au Rolex Paris Masters (à suivre sur Eurosport et Max).

"Dingue", "Incroyable", "danger" : Le service de Mpetshi Perricard vu par ses adversaires

Video credit: Eurosport

Le terme de "servebot" regorge de nuances. On peut y voir la description d'un serveur assisté par ordinateur, celui qui ne rate jamais ou si peu. A l'inverse, on peut surtout y trouver un brin de condescendance et un aspect péjoratif. Rares sont les "servebot" dont on loue la qualité du jeu. Il convient de maîtriser cet aspect ô combien important du tennis, d'en faire une arme si vous voulez, mais sans dépasser une certaine limite qui rendrait votre jeu ennuyeux. Giovanni Mpetshi Perricard, le meilleur serveur du monde, entre dans cette catégorie.
Voilà six matches que le Français n'a plus été breaké sur le circuit. Une série qui l'a conduit à un premier sacre en ATP 500 à Bâle et au 2e tour du Rolex Paris Masters (à suivre sur Eurosport et Max) en écartant Frances Tiafoe, 17e joueur mondial. L'Américain a dû attendre le 14e jeu de service de son adversaire pour se procurer ses deux premières balles de break mardi. Occasions qu'il n'a pu vraiment jouées, étant incapable de remettre la seconde balle de "GMP" sur la première et offrant un coup trop facile sur la deuxième. Frustrant ? Peut-être. 

Isner, Karlovic et Mpetshi Perricard ? 

C'est là que le terme "servebot" revient. Face à ces joueurs, engager l'échange est souvent la clé puisqu'on les considère, à raison pour certains et moins pour d'autres, trop limités dans l'échange. Au XXIe siècle, John Isner et Ivo Karlovic ont reçu ce tampon. Le premier s'est hissé, au mieux, au 8e rang mondial, remportant 16 titres quand le second s'est arrêté à la 14e place avec 8 titres au total. Tous les immenses serveurs ne se ressemblent pas et Mpetshi Perricard ne déroge pas à la règle. 
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Trois aces sur ses deuxièmes services : la folie Mpetshi Perricard en vidéo

Video credit: Eurosport

Nicolas Mahut, consultant Eurosport, accepte la comparaison mais il apporte une nuance… de taille. "Ce ne sont pas les mêmes physiques, déjà. Isner et Karlovic lui rendent dix centimètres. Ensuite, Karlovic servait fort mais derrière, pendant une bonne partie de sa carrière, il n'avait que ce coup-là. Giovanni non seulement il sert bien mais il a son coup droit qui est énorme et il progresse avec son jeu au filet. Ça devient très problématique pour ses adversaires.". Il le prouve en ce moment avec des succès sur le 13e à l'ATP (Rune), le 19e (Shelton) et le 17e (Tiafoe). Karen Khachanov (21e), son adversaire au 2e tour à Bercy, est prévenu. 
Il impose une espèce de situation très désagréable 
"Quand on est adversaire, on a une première balle qui arrive à 230, explique Mahut. Si elle est faute on se dit qu'on aura peut-être une occasion de faire quelque chose et finalement on reprend un service à 200, 210 ou 215." Ben Shelton résume en disant que le Français avait "deux premières balles". Difficile et très frustrant dans ces conditions d'affronter les jeux de service de Giovanni Mpetshi Perricard. "Il y a ce sentiment qu'on on est en danger à  15/30 sur son propre service, poursuit Nicolas Mahut. Il impose une espèce de situation très désagréable, on se sent complètement sous pression tout au long du match. Il a un impact psychologique." 
La confiance et la maîtrise qu'il a sur son service permet en plus au Lyonnais d'être très offensif sur ses jeux de retour. Après tout, qu'a-t-il à perdre, en ce moment au moins, à part devoir jouer un jeu décisif ? "Sur son propre service, on se trouve tout le temps sur la défensive et sur le sien, on essaye de trouver une solution, juge Mahut qui connaît bien John Isner pour avoir une histoire particulière avec lui. Est-ce qu'on change sa position ? Est-ce qu'on essaye d'engager l'échange, de prendre un risque sur la 2e ?" 

La France va l'adorer 

Avec Giovanni Mpetshi Perricard, les échanges sont rares. Face à Tiafoe, 79% des 197 points se sont joués en moins de… quatre coups. Alors ennuyeux le jeu du Français ? "C'est un tennis particulier, estime Georges Goven, lui aussi consultant pour Eurosport et qui a suivi "GMP" toute la semaine dernière à Bâle. Il y a même des gens qui disent que c'est pas du tennis mais on joue à ce jeu avec sa taille, ses moyens. Lui, il en tire vraiment toute la quintessence."
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Seconde balle ? Ace à 235 km/h, signé Mpetshi Perricard

Video credit: Eurosport

La France n'était pas habituée à avoir ce genre de profils. Grand serveur, Jo-Wilfried Tsonga n'avait pas le côté destructeur de son compatriote. Plus habitué au profil complet, l'Hexagone ne boudera sans doute pas son plaisir quand, dans ses bons jours, Giovanni Mpetshi Perricard détruira l'immense majorité du circuit. "Ici, on va trouver ça génial mais quand c'était Karlovic, on trouvait ça ennuyeux, rappelle Mahut. Heureusement qu'il n'y a pas 15 joueurs comme ça, ce serait très problématique. Ce que j'aime, c'est qu'il propose autre chose, son coup droit, son jeu de filet. Il se déplace beaucoup mieux que Karlovic ou Isner. On va le voir longtemps donc ceux qui n'aiment pas doivent prendre leur mal en patience…".
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