ATP Pékin - "On peut choisir de ne pas jouer" : Jannik Sinner répond à Carlos Alcaraz sur le calendrier

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Engagés à Pékin cette semaine en tant que têtes de série 1 et 2, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz pourraient se retrouver en finale théoriquement. Mais avant de se retrouver éventuellement sur le court, ils ont échangé par conférences de presse interposées. L'Espagnol trouve le calendrier trop chargé, l'Italien acquiesce mais avec des réserves, estimant que les joueurs peuvent l'aménager.

Un set pour se remettre dans le bain, puis Sinner a déroulé

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Leur rivalité est intense sur le court, mais en dehors ils se vouent beaucoup de respect et d'admiration. Carlos Alcaraz et Jannik Sinner ont remporté à eux deux tous les tournois du Grand Chelem cette saison. Ils dominent le tennis mondial, et ce n'est probablement que le début. Alors, leur relation est forcément de plus en plus épiée. Ni l'Espagnol, ni l'Italien n'ont l'habitude de faire de vagues en conférence de presse, adoptant un discours lisse en général. Mais cette semaine, en marge du tournoi ATP 500 de Pékin, ils se sont opposés sur la question du calendrier tennistique.
Pour Alcaraz, il y a trop de tournois et pas assez de moments pour récupérer dans la saison. "Ils vont nous tuer", a même déclaré face aux journalistes le Murcien lors de la Laver Cup, un événement qu'il a pourtant choisi d'ajouter à son calendrier. Cette contradiction fondamentale, Sinner n'a pas manqué de la relever implicitement et avec diplomatie quand il a lui-même été interrogé sur le sujet.

Sinner a zappé la Coupe Davis et la Laver Cup, pas Alcaraz

"Le calendrier est assez long ces dernières années, de toute évidence, a-t-il convenu en préambule. Mais nous les joueurs, nous pouvons quand même choisir de jouer ou de ne pas jouer. Bien sûr, il y a des tournois obligatoires, mais à côté de ça, on peut choisir. C'est un calendrier très chargé cette année, il y a beaucoup de tournois. Mais on n'est pas obligé de tous les jouer. Si vous voulez, vous pouvez jouer. Sinon, vous ne jouez pas. Par exemple, l'année dernière et cette année aussi, je n'ai pas joué certains tournois parce que je voulais m'entraîner. Il y a des choix derrière tout ça."
Il ne faut pas remonter à très longtemps pour illustrer le propos du numéro 1 mondial. Sacré pour la deuxième fois de l'année en Grand Chelem à l'US Open le 8 septembre dernier, il a choisi de faire l'impasse sur la Coupe Davis – même s'il est venu soutenir les siens en phase de poules – et la Laver Cup. Avant de reprendre la compétition ce jeudi en Asie, s'octroyant ainsi plus de deux semaines pour souffler. Dans le même temps, Alcaraz a, lui, choisi de disputer les deux épreuves par équipes.
Quand l'Italien a joué 60 matches en 12 tournois avant Pékin en 2024, l'Espagnol en a, lui, disputé 52 mais en 14 épreuves (Laver Cup et Coupe Davis comprises). Mais si Sinner a plus de matches à son compteur, c'est parce qu'il est allé au bout de la plupart des compétitions auxquelles il a pris part, pas par défaut de gestion de son calendrier. De son côté, Alcaraz a été freiné par les blessures notamment lors du printemps sur terre battue avant Roland-Garros, mais a eu tendance à enchaîner le plus possible quand il a pu le faire. Deux philosophies s'opposent donc clairement.
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Sinner-Alcaraz, un duo au sommet fait pour durer ?

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Jannik ne s'est pas beaucoup plaint, ça dépend des joueurs
Et le Murcien de reprendre en conférence de presse d'avant-tournoi à Pékin. "Avant de parler, j'ai vu et entendu beaucoup de joueurs se plaindre du calendrier. J'ai vu que Jannik en a parlé dans sa conférence de presse. Il ne s'est pas beaucoup plaint. Ça dépend des joueurs. Il y en a probablement qui ne pensent pas comme moi, d'autres oui. Mais je veux être clair : il faut séparer les exhibitions du calendrier. Donc je parle en mon nom seulement quand je dis que le calendrier est si serré de la première semaine de janvier à la dernière de novembre. Il faut en parler ensemble et faire quelque chose."
Avec lucidité, Alcaraz considère ainsi que l'exhibition "Six Kings' Slam" à laquelle il participera en Arabie saoudite après le Masters 1000 de Shanghai est un choix personnel. Et il ne l'utilise pas dans son argumentaire. Mais si le calendrier est si chargé, c'est aussi pour permettre aux joueurs moins bien classés de pouvoir compenser une défaite précoce par un meilleur résultat la semaine suivante et s'y retrouver financièrement. Les cadors ne sont évidemment pas sujets à la même urgence financière.
Il n'empêche qu'ils sont nombreux à penser comme l'Espagnol. Et parmi eux, Andrey Rublev, qui a préféré utiliser l'humour quand il a été interrogé par l'ATP sur son état de fraîcheur. "Je me sens OK en ce moment. Je me sens pareil qu'au début de la saison…, s'est-il marré. Je veux dire, je me sens comme ça parce qu'on n'a pas vraiment beaucoup de temps pour se reposer. Je me sens toujours fatigué, parce que nous avons un mois à l'intersaison et pendant ce mois, on s'entraîne à fond pour la prochaine saison. Allez un mois et demi, cinq semaines." Ce à quoi Sinner pourrait rétorquer qu'il y a des pauses que l'on peut s'aménager soi-même.
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