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Murray : "Le tennis m'a manqué, la compétition aussi"

Murray : "Le tennis m'a manqué, la compétition aussi"

Le 18/06/2018 à 21:10Mis à jour Le 19/06/2018 à 11:17

ATP QUEEN'S - C'est le grand jour pour Andy Murray. Mardi après-midi, le Britannique affronte Nick Kyrgios sur le gazon londonien. Son premier match depuis près d'un an après un interminable repos forcé. Mais il aborde son retour à la compétition avec une prudence teintée d'un soupçon de fatalisme.

Onze mois et sept jours. Voilà ce qui sépare le dernier match d'Andy Murray de son retour, programmé ce mardi au Queen's. Le 12 juillet 2017, celui qui était encore numéro un mondial s'inclinait en quarts de finale de Wimbledon, en cinq sets, face à Sam Querrey. Blessé à la hanche, opéré par la suite, l'Ecossais est resté loin des courts pendant quasiment une année complète. Mardi, face à Nick Kyrgios, il aura presque l'impression d'être un débutant. Il repart presque de zéro, qu'il s'agisse de son classement (il pointe aujourd'hui à la 156e place) ou de son tennis.

Mais Murray a sciemment choisi de prendre son temps. Le fruit d'une expérience passée. En 2013, contraint de s'arrêter à cause d'une blessure au dos, il avait voulu revenir vite. Trop vite. Il avait traîné comme un boulet cette impatience tout au long de la saison 2014, sa moins bonne sur le circuit depuis bien longtemps. "J'avais repris au bout de quatre mois, a-t-il rappelé dimanche devant la presse. Mais pendant huit ou neuf mois, j'ai eu des sensations désagréables dans le dos et j'en garde un mauvais souvenir."

" J'ai mal parfois, et je ne m'attends pas à autre chose à l'avenir"

Cette fois, il avait donc décidé ne pas aller plus vite que la musique. Quitte à sacrifier près d'une année entière, ce qui n'est pas neutre sachant qu'il a passé le cap de la trentaine. Mais c'était la meilleure option, il en est convaincu. D'autant que la hanche est une zone très sensible chez lui. "Cela fait sept-huit ans que j'ai des problèmes à la hanche, indique-t-il. Cela fait très longtemps que je consulte des spécialistes." Il n'est pas pour autant à 100%, ni débarrassé de ses douleurs. Ce ne sera jamais le cas : "J'ai mal parfois, et je ne m'attends pas à autre chose à l'avenir. Ce n'est pas parfait, mais j'espère quand même redevenir compétitif."

Pour cela, il devra user d'une vertu qu'il a dû acquérir ces derniers mois : la patience. "La rééducation, c'est compliqué, avoue le Britannique. Il y a eu des périodes où je me sentais bien, alors j'ai essayé d'augmenter le volume de travail. Et là, le corps ne répond pas bien à la charge que vous lui imposez. Il faut toujours essayer de trouver le point d'équilibre. A chaque étape, j'ai essayé de laisser mon corps m'orienter et me dire jusqu'où je pouvais aller. J'ai écouté les docteurs aussi, leurs conseils. Il a fallu être patient et intelligent."

Andy Murray à l'entraînement sur les courts du Queen's, avant son retour à la compétition.

Andy Murray à l'entraînement sur les courts du Queen's, avant son retour à la compétition.Getty Images

Kyrgios, pas un cadeau pour un retour

Aujourd'hui, Murray a évidemment beaucoup plus de questions que de réponses. Comment se sentira-t-il sur le court ? Ses sensations tennistiques reviendront-elles naturellement ? Comment répondra son corps face à la répétition des efforts, à l'enchainement des matches ? Une foule d'interrogations comme autant de sauts dans le vide. Il est prêt à s'adapter pour trouver les réponses. "Même si j'ai envie de jouer, je vais devoir être intelligent par rapport à mon planning, explique-t-il. Au fil des ans, j'ai imposé beaucoup de choses à mon corps et maintenant, c'est à mon tour de faire attention à ce qu'il veut me dire. Pour l'instant, je vais déjà gérer ce premier match. Je n'ai aucune idée comment je me sentirai après."

Pour une reprise, il aurait pu imaginer plus simple. Moins abrupt, en tout cas. Il n'y aura pas de reprise en douceur avec ce premier tour contre Nick Kyrgios. "Quand sa tête est à l'endroit, c'est un des meilleurs joueurs du monde sur herbe, juge l'Ecossais. La qualité de son service, de ses frappes... Mais au moins, il ne devrait pas y avoir trop de longs échanges, et pour mon corps, ce n'est pas plus mal, alors il n'y a pas que des côtés négatifs."

Malgré ses doutes et questionnements, le double vainqueur de Wimbledon est en tout cas heureux de pouvoir revenir. "Le tennis m'a manqué, la compétition aussi, assure-t-il. J'ai juste envie de rejouer, sans attentes particulières". Dès mardi, le plaisir sera son moteur, et un certain fatalisme son compagnon. "J'adorerais revenir au sommet, vraiment. Et tout ce que je consens à l'entraînement depuis des mois, c'est pour me donner les meilleures chances de retrouver le niveau qui était le mien. Mais si ça n'arrive pas, O.K. Ce ne sera pas la fin du monde."

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