Masters 1000 Rome - Seul patron du circuit, Jannik Sinner a pour plus grand adversaire lui-même et son physique avant Roland-Garros
Par Emile Pawlik
Mis à jour 16/05/2026 à 19:10 GMT+2
En grande difficulté physique face à Daniil Medvedev, Jannik Sinner apparaît éreinté par l'enchaînement des matches. L'Italien a dû puiser très loin pour se qualifier en finale du tournoi de Rome, chez lui. Un état physique qui laisse entrevoir un obstacle majeur au titre qu'il convoite tant à Roland-Garros : lui-même, alors qu'il est le grand favori en l'absence de Carlos Alcaraz.
Rictus et gesticulation : Sinner en souffrance lors d'un changement de côté
Video credit: Eurosport
Jannik Sinner est bien le patron du circuit, encore plus en l'absence de Carlos Alcaraz, il n'y a aucun doute, mais le détenteur du trône s'est quelque peu adouci, voire affaibli. Les signes de fatigue, voire de douleur, qu'il a laissés transparaître vendredi soir en demi-finale du tournoi de Rome face à Daniil Medvedev vont dans ce sens. L'Italien a énormément enchaîné ces dernières semaines, voire ces derniers mois. Sur une série incroyable de six finales en Masters 1000 commencée lors du Rolex Paris Masters, Jannik Sinner ne laisse que des miettes à ses concurrents.
Poussé dans ses retranchements par un adversaire qui a retrouvé son tennis au meilleur des moments, l'Italien est passé par des moments très difficiles dans la moiteur du court central du Foro Italico. Boitillant après les points, il était à l'arrachée, loin du joueur qui survolait et pliait tous ses matches en quelques dizaines de minutes. Cette fois-ci, le Russe l'a poussé dans une filière d'échanges longs au cours desquels on entendait sa raquette heurter le sol à chaque reprise d'appui, un peu comme s'il s'en servait comme une canne. Après une interruption pendant la nuit à cause de la pluie, l'Italien est revenu avec de meilleures jambes pour conclure.
C'était très dur
"J'ai dû énormément me battre hier (vendredi). Je savais avant la rencontre que ça pourrait être très physique. J'ai bien joué au premier set et après les conditions sont devenues très, très lourdes. C'était dur à traverser, j'ai joué avec toute l'énergie disponible. Hier c'était très dur", a réagi un Jannik Sinner au faciès marqué après sa victoire, en conférence de presse. Pas de fausse modestie ou de fausse alerte, l'Italien a réellement souffert. Lors des changements de côté, sous sa casquette et sur ses bras perlaient de grosses gouttes de sueur. Allant jusqu'à se faire masser la cuisse droite lors d'un temps mort médical, au grand désarroi de son adversaire qui considérait que c'était des crampes...
Essoufflé, il regardait ses pieds sur son banc en se demandant ce qu'il était en train de lui arriver. Depuis qu'il est arrivé sur le circuit, l'Italien a déjà eu des passages à vide. A l'Open d'Australie en janvier, il a plié face à Novak Djokovic dans cette filière de match qui bascule dans le combat physique, plus que dans l'affrontement purement tennistique. Au-delà de ça, le natif de Candido est sur le pont depuis tant de mois, a joué tous les tournois sur terre battue, et est allé au bout de chacun d'eux. Une accumulation qu'il ne faut absolument pas banaliser selon Justine Hénin, consultante pour Eurosport.
Un enchaînement à ne pas banaliser
"Ce qu'il a fait ces dernières semaines, et s'il va au bout demain, il faut imaginer ce que ça représente d'enchaîner. Même si on peut dire que Carlos Alcaraz n'est pas là, ça reste considérable comme effort de revenir sur le cours chaque jour, d'y mettre autant de qualité, d'intensité, de rigueur. Tournoi après tournoi, semaine après semaine, s'adapter à ses conditions de jeu qui ont été particulières, s'adapter à toute une série d'éléments. Ça paraît simple, mais ça ne l'est pas", souligne-t-elle.
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Un dernier contrepied sur la balle de match et Sinner file en finale
Video credit: Eurosport
Le principal intéressé a confié ces derniers jours ressentir une certaine fatigue, à un peu plus d'une semaine du grand rendez-vous, ça n'est pas anodin. Finalement, dans un tableau décimé par les nombreux forfaits et dénué de son grand rival espagnol, Jannik Sinner aurait beau jeu de se dire qu'il va enfin pouvoir soulever sa première Coupe des Mousquetaires. Mais pas si vite.
"Un grand chelem, c'est sept matches. On avait vu Novak Djokovic en 2011 qui est arrivé avec cette série de victoires. Il n'avait pas pu aller au bout. C'est du tennis, tout est possible. Une défaillance n'est jamais impossible", rappelle l'ancienne numéro un mondiale. Les conditions très chaudes annoncées porte d'Auteuil ne sont pas forcément de nature à rassurer sur l'aspect physique l'Italien, dans des matches en trois sets gagnants.
En trois sets gagnants, on peut l'emmener très loin
"Dans la durée, en trois sets gagnants dans une situation comme celle-là, on peut l'emmener très loin. Il va se méfier des concurrents, mais avant tout de lui-même", anticipe notre consultante belge. La terre battue est une surface très exigeante physiquement, on en veut pour preuve que seul Rafael Nadal a réussi l'exploit de remporter les tournois de Monte-Carlo, Madrid et Rome, puis d'enchaîner avec Roland-Garros. S'il ne l'a réalisé qu'une seule fois, cela montre l'ampleur de la tâche. Une case que l'Italien veut absolument cocher, le seul grand trophée qui manque à sa collection.
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Doutes, kiné et gueulante de Medvedev : comment Sinner a résisté à tout
Video credit: Eurosport
"C'est le grand objectif de sa saison. Mais ça peut être aussi une pression énorme", reconnaît-elle. Avant cela, il a l'occasion de gagner enfin chez lui. L'an passé, de retour d'une suspension pour dopage, Jannik Sinner avait été battu par Carlos Alcaraz. Ce dimanche, il sera opposé à Casper Ruud dans un duel qui apparaît comme déséquilibré. Avant de récupérer et de se préparer physiquement et mentalement à répondre au grand défi qui l'attend et de battre le plus redoutable de ses adversaires actuellement : lui-même.
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