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ATP Rotterdam : Titré, Jannik Sinner monte sur le podium au classement et ce n'est que le début
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Publié 18/02/2024 à 20:11 GMT+1
Toujours invaincu en 2024, Jannik Sinner est allé chercher son deuxième titre de la saison dimanche à Rotterdam face à Alex de Minaur (7-5, 6-4). Nullement grisé par sa victoire en Grand Chelem, l'Italien va franchir un nouveau cap symbolique en devenant numéro 3 mondial lundi. Mais sa gestion de sa semaine néerlandaise en dit long sur sa capacité à assumer son nouveau statut de favori naturel.
Le patron du début d'année : comment Sinner s'est offert un nouveau trophée
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Allait-il retomber de son nuage australien ? Pour son tournoi de reprise à Rotterdam après son triomphe à Melbourne, c'était la question que se posaient de nombreux observateurs sur Jannik Sinner. Mais ce n'était certainement pas la plus avisée parce qu'elle partait d'un constat erroné. En remportant l'Open d'Australie en janvier, l'Italien n'avait pas surjoué, il avait simplement et brillamment confirmé son niveau de la fin de saison 2023. Alors, il n'y avait finalement aucune raison qu'il ne se sente pas à l'aise dans la peau de favori et principale tête de série du tournoi indoor néerlandais.
Titré pour la 12e fois de sa carrière, Sinner a prolongé sa série fantastique – 12 victoires consécutives en 2024, 15 en y incluant la Coupe Davis l'an passé et 32 succès sur ses 34 derniers matches – sans s'en émouvoir plus que cela. "Nous avons fait vraiment du bon travail il y a quelques semaines avec mon équipe, et à nouveau ici. Je suis vraiment fier de mon niveau cette semaine : nous avons traversé des situations difficiles mais nous les avons gérées de la bonne manière. Nous essaierons toujours de progresser, c'est le plus important", a-t-il souligné lors de la remise des trophées.
Et pour cause, cette finale, à l'image de sa semaine – il avait concédé un set face à Gaël Monfils au 2e tour entre autres –, ne fut pas toujours un long fleuve tranquille. Dans le premier set, Sinner a vu Alex de Minaur le débreaker alors qu'il servait pour virer en tête (5-5), puis l'Australien a répliqué de la même manière dans la seconde manche (7-5, 3-3), rivalisant en cadence et en vitesse du fond de court. Clairement bousculé, l'Italien n'a pourtant montré aucun signe de frustration et n'a jamais semblé douter de l'issue heureuse de la partie pour lui.
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Sinner a douté, mais il a eu Monfils à l'usure : le résumé de sa victoire
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"Sinner a assumé son rôle de meilleur joueur du début d'année – il n'est pas encore le meilleur au monde mais ça viendra peut-être en cours de saison. Quand on joue en général derrière une victoire en Grand Chelem, ce n'est pas si facile que cela à cet âge-là d'assumer, surtout face aux adversaires qu'il a eus dans ce tournoi. J'ai trouvé qu'il n'a pas joué extraordinairement bien au tennis sauf lors des deux derniers jeux où je l'ai revu à son niveau australien. Mais malgré cette légère déficience, il a été remarquable sur le plan mental et des stratégies à développer. C'est comme ça que les meilleurs se maintiennent au sommet : quand ils ne peuvent pas développer leur meilleur tennis, ils arrivent quand même à s'imposer", observe notre consultant Jean-Paul Loth qui a commenté la finale.
C'est bien cette sérénité, cette tranquillité d'esprit apparente dans les moments chauds qui transpire désormais de l'Italien. Il a désormais la marge propre aux cadors, il sait où il va et comment il veut y aller. Lundi, il doublera Daniil Medvedev dans la hiérarchie mondiale, prenant place pour la première fois de sa jeune carrière sur le podium derrière Novak Djokovic et Carlos Alcaraz. Et alors que l'Espagnol traverse une phase de doute comme sa défaite en demi-finale à Buenos Aires l'a encore montré, l'ascension de Sinner semble irrésistible.
La marge et l'obsession du détail des grands
"Il a une tête bien remplie, il est sérieux, quand on l'écoute analyser ses matches, c'est précis, c'est sobre et il n'y a pas de faux fuyants. Il parle toujours de ce qu'il va devoir travailler. Il est évident qu'il fait partie de ce type d'athlète qui ne va pas se contenter d'avoir gagné un grand tournoi. Il va vouloir manger dans les grandes assiettes le plus souvent possible. Il le dit d'une manière très simple, sans emphase et on ne peut que le croire", constate encore notre consultant.
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Sinner surfe sur son excellente forme : le résumé de sa victoire contre Griekspoor
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A ce rythme, la place de numéro 1 mondial va vite devenir un objectif concret, même si Djokovic devrait la conserver au moins jusqu'au printemps sur terre battue. En tout cas, Sinner se donne plus que jamais les moyens de ses ambitions. Conscient de la qualité sinusoïdale de son tennis cette semaine malgré sa victoire, il n'a toutefois rien laissé au hasard.
"Pendant un entraînement, Sinner a fait une chose que je n'avais pas vue depuis longtemps : il n'a fait que des coups droits chopés pendant un quart d'heure, fait encore remarquer Jean-Paul Loth. Je me suis demandé ce qui lui prenait parce qu'on sait que son coup droit lifté ou frappé est de toute beauté. Et on a compris pendant la finale pourquoi il l'avait fait : sur un des points les plus importants du match, justement il a utilisé ce coup droit coupé de défense qui lui a permis de renverser la dynamique d'un échange mal engagé. Même si ça ne lui a servi qu'une fois, ça valait le coup parce que ça lui a peut-être sauvé le set."
Toujours plus complet, Sinner s'arme constamment pour la suite. Ce tournoi de Rotterdam lui a d'ailleurs peut-être aussi servi comme d'une base de travail, d'un tremplin pour la suite. Rendez-vous en mars à Indian Wells et Miami pour voir si le meilleur joueur du moment a définitivement les épaules d'un numéro 1.
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