ATP Shanghai - Novak Djokovic vaincu par son double en finale : "Jannik Sinner vous fait suffoquer, il me rappelle… moi"

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Ce dimanche à Shanghai, Novak Djokovic a dû s'incliner tout simplement face à plus fort que lui en finale (7-6, 6-3), et ce malgré un excellent niveau notamment dans la première manche. Et le Serbe n'a pas manqué de féliciter son bourreau devant les journalistes, soulignant les qualités et la progression de Jannik Sinner qui ne sont pas sans lui rappeler les siennes.

ATP Shanghai : Top 5 Shots

Video credit: Eurosport

Novak Djokovic a-t-il créé un monstre ? En s'inclinant ce dimanche à Shanghai en finale, la légende vivante serbe a en tout cas pu se rendre compte par lui-même du niveau ahurissant atteint par Jannik Sinner cette saison. Certes, il s'était déjà incliné contre l'Italien en début d'année à l'Open d'Australie mais il était alors globalement passé à côté de sa demi-finale. Cette fois, le "Djoker" a livré une tout autre partition, servant notamment l'acier dans le premier set et jouant avec une belle agressivité à l'échange. Mais rien n'y a fait face à la supériorité adverse.
"J'ai fait de mon mieux ce soir (dimanche, NDLR). Vu les circonstances, je ne me sentais peut-être pas frais à 100 %, mais en même temps bravo à Jannik d'avoir joué les points importants mieux que moi. C'est ce qui a fait la différence. Il a juste été trop fort dans les moments importants. Et pourtant, je pense quand même avoir plutôt pas mal joué", a-t-il reconnu, toujours aussi élégant dans la défaite, devant les journalistes.
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Djokovic : "Roger, je n'avais pas besoin de cette pression"

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Son service est devenu une grosse arme
Mais au-delà du constat brut, il y a la manière. Jusqu'au tie-break, le "Djoker" faisait mieux que rivaliser avec l'actuel numéro 1 mondial. Il gagnait même un peu plus de points dans les bras de fer du fond, faisant quelque peu reculer Sinner. Et pourtant, ce dernier a brutalement haussé le ton en début de jeu décisif, comme s'il avait encore un peu de marge. Une statistique en dit plus long que tout développement : pour le deuxième duel consécutif, celui qui est probablement le meilleur relanceur de tous les temps n'a pas obtenu la moindre balle de break.
"C'est un joueur très complet, il a tous les coups dans son jeu. Il a fait de très gros progrès au service, c'est devenu une grosse arme, a constaté Djokovic, admiratif. Il est juste très agressif depuis sa ligne de fond : dès qu'il obtient une balle plus courte, il prend l'initiative. Il est très solide aussi bien côté coup droit que côté revers, il ne fait pas beaucoup d'erreurs, et il essaie de prendre du temps à l'adversaire constamment."
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Djokovic : "Roger, je n'avais pas besoin de cette pression"

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En énumérant ainsi les atouts de son bourreau, l'ex-patron du circuit n'a pas versé dans l'éloge excessif. Il a fait le constat honnête de ce qui fait de Sinner un joueur presque imbattable en 2024 (65 victoires pour 6 défaites). Et il s'y est plié d'autant plus aisément qu'il n'a pu s'empêcher de remarquer, comme beaucoup d'observateurs, à quel point le jeu de l'Italien ressemblait au sien. Y compris dans sa manière de s'améliorer, de se perfectionner par petites touches.

Sinner, un reflet amélioré et hors de portée ?

"Il me rappelle moi au cours de ma carrière, a-t-il noté. C'est ce que j'ai fait de manière constante pendant tant d'années. Vous savez, jouer un tennis en cadence rapide, prendre du temps à l'adversaire, le faire suffoquer en quelque sorte, si vous voulez. C'est ce que vous voulez : vous voulez que vos adversaires se sentent toujours sous pression à cause de vos coups, de votre vitesse, de votre présence sur le court. Donc il a tout ça. Cette année, il a été si constant, c'est vraiment, vraiment impressionnant."
Le problème pour le Serbe, c'est que l'élève a peut-être dépassé le maître. Avec sa qualité de retour, sa constance à l'échange, ses progrès au service et surtout sa force de frappe naturelle supérieure, Sinner a tout du Djokovic 2.0. D'autant que mentalement, l'Italien est aussi devenu hyper-résistant à la pression, comme si plus elle était intense, plus il s'épanouissait, à l'image de son illustre aîné. Du haut de ses 37 ans passés, le "Djoker" aura-t-il encore les armes pour inverser la tendance, lui qui reste sur trois défaites face au numéro 1 mondial ? Voilà qui pourrait en tout cas bien garder le vieux loup motivé.
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