Le changement est sans doute (beaucoup) moins radical que dans les années 1980 ou 1990. Mais quand le circuit passe de la terre battue au tapis vert, certains joueurs refont surface. C'est le cas à Stuttgart, cette semaine, avec Nick Kyrgios qui n'a jamais caché son mépris pour l'ocre et met ainsi fin à deux mois de pause. Mais l'Australien n'est pas le seul à faire son grand retour : c'est aussi le cas de son ami Andy Murray. Finaliste à Roland-Garros il y a six ans, l'Ecossais n'a aucun problème avec la surface parisienne. Mais à 35 ans, il a logiquement choisi d'accorder la priorité à Wimbledon.
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L'ex-numéro 1 mondial a ainsi décidé de mettre toutes les chances de son côté pour débarquer sur le gazon du All England Club dans les meilleures conditions dans un peu moins de trois semaines. S'il a fait l'impasse sur Roland-Garros, ce n'est donc pas pour se tourner les pouces. "Sir Andy" a anticipé parce qu'au fond de lui, il croit toujours pouvoir jouer, au moins ponctuellement, un rôle majeur sur les plus grandes scènes, et plus particulièrement sur le Majeur britannique où il a triomphé à deux reprises (2013 et 2016) devant un public acquis à sa cause.
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Andy Murray sur gazon en 2022

Crédit: Imago

L'an dernier, ma préparation pour Wimbledon n'avait pas existé
Oui mais voilà, son 3e tour à Wimbledon l'an passé reste sa meilleure performance en Grand Chelem depuis sa lourde opération à la hanche en 2019. Alors pourquoi ferait-il mieux avec 12 mois supplémentaires dans les jambes ? "Par rapport à l'année dernière, je me sens complètement différent. L'an dernier, je m'entraînais à peine avant le Queen's, et quand je m'entraînais, je ne me déplaçais pas bien sur le court… Je ne me sentais pas bien jusqu'à quatre jours avant Wimbledon, et ensuite ça allait mieux. Mais ma préparation n'avait pour ainsi dire pas existé", a-t-il confié après sa victoire au 1er tour à Stuttgart contre l'Australien Chris O'Connell (6-4, 6-3).
Peut-être pas spectaculaires, les progrès de Murray sont néanmoins incontestables en un an. A la même époque, en 2021, il pointait à la 124e place mondiale et avait eu besoin d'une wild-card, qu'il avait honorée en passant deux tours pour participer à Wimbledon. Il est désormais 68e, assuré d'intégrer directement le grand tableau, et prêt à enchaîner les tournois sur herbe comme sa présence en Allemagne l'atteste. D'ailleurs, il a même commencé par une demi-finale dans le Challenger de Surbiton, la semaine dernière.

A Stuttgart et au Queen's pour construire une dynamique positive

"Cette année, je me suis déjà entraîné trois semaines sur gazon, sans avoir vraiment de problèmes physiques qui m'arrêtent dans ma préparation. J'ai enchaîné beaucoup de matches la semaine dernière, et j'espère encore quelques-uns de plus dans les deux semaines qui arrivent", a-t-il encore insisté. Pour une place en quart jeudi à Stuttgart, il défiera Alexander Bublik. Un test intéressant contre un adversaire aussi imprévisible que dangereux sur herbe avec son talent naturel et son service canon.
Plus Murray multipliera les matches, plus il sera dangereux au All England Club, il en est persuadé. Ce n'est pas un hasard si l'intéressé s'est remis à travailler avec Ivan Lendl depuis le mois d'avril : il croit toujours en sa bonne étoile. Retrouver son niveau de 2016 semble illusoire, mais avec des sensations à nouveau au rendez-vous aussi bien dans les frappes que dans les courses et une intelligence tactique jamais démentie, il espère toujours une grande percée. Peut-être l'épopée d'un Rafael Nadal diminué et pourtant vainqueur à Roland est-elle d'ailleurs de nature à l'inspirer un peu plus ?

Nadal comme exemple ? La comparaison a des limites

"Ma motivation est alimentée par l'amour du sport. Ma situation est un peu différente de celle de Nadal, vu l'opération que j'ai eue. Je crois qu'il joue pour essayer de battre des records et gagner des événements majeurs. Il faut absolument aimer ça pour surmonter la douleur quand on vieillit, mais je pense que c'est plus facile de supporter la douleur quand on joue pour les plus grands titres", a-t-il relativisé.
Avant d'ajouter : "Pour moi, les quatre ou cinq dernières années ont été très différentes de ça : j'ai joué des Challengers et mon classement a chuté. En fin de compte, je continue parce que j'aime le jeu et parce que je pense toujours que je peux rivaliser au plus haut niveau." S'accrocher encore et toujours pour se donner les moyens de rêver, tel est son credo depuis qu'il joue avec une hanche en métal. La suite pourrait lui donner raison. Les feux n'ont en tout cas jamais été aussi verts.
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