ATP Tokyo - Arthur Fils, le "package" (presque) complet

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Pour le consultant d'Eurosport Nicolas Mahut, jamais Arthur Fils n'avait évolué à un tel niveau sur la longueur d'un tournoi. Fritz, Berrettini, Shelton, Rune... A chaque fois, le jeune Tricolore a répondu présent à Tokyo en évoluant à un très haut niveau. Jeu de plus en plus complet, physique costaud et mental à la hausse, il a presque tout désormais. Ça promet pour la suite.

Après Fritz et Shelton, Fils écarte Rune après une nouvelle grosse baston

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Est-ce la meilleure semaine de la jeune carrière d'Arthur Fils ? La plus probante en tout cas, peut-être. On l'a déjà vu en finale, y compris d'un ATP 500 puisqu'il a triomphé à Hambourg au mois de juillet, en battant Alexander Zverev, le héros local, s'il vous plait. Mais à Tokyo, c'est encore autre chose. Parce que le plateau est sacrément relevé, qu'il a dû écarter de son chemin un Top 10, finaliste du dernier US Open, Taylor Fritz, et deux membres du Top 20, Ben Shelton en quart et Holger Rune en demie. On mettra de côté le cas de son huitième face à Matteo Berrettini.
Mais au-delà des résultats bruts, il y a la qualité du tennis produit. "Je n'avais jamais vu Arthur jouer à ce niveau-là sur autant de matches consécutifs", résumé notre consultant Nicolas Mahut, qui a pu échanger avec le jeune Tricolore ces derniers jours. Et c'est cela qui frappe le plus. Fils a presque constamment joué à un très haut niveau au Coliseum de Tokyo. Beaucoup de très hauts et peu de bas.
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Fils, enivrant jusqu'au bout : sa superbe balle de match et la célébration qui va avec

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De gros progrès dans la tête

"J'ai trouvé des progrès partout, notamment dans l'attitude et en retour", juge encore Mahut. "Sur l'attitude, même quand ça se passait mal, qu'il avait des choses qui ne tournaient pas en sa faveur, il ne dit rien, souligne l'ancien numéro un mondial en double. Comme Shelton, il perd le deuxième set après une balle derrière le filet, il ne dit rien, pareil quand il se blesse. Franchement, son attitude a été incroyable."
Dans ce domaine, Arthur Fils a une fois encore été testé lundi soir contre Holger Rune. Dans le tie-break du premier set, notamment. Il est alors sur le point de conclure en finissant au filet sur sa première balle de set, quand le juge de ligne annonce "out" avant d'être overrulé illico par le juge de chaise. Mais il a fallu rejouer un point que, de facto, le Français avait gagné.
"Mentalement c'était dur, avoue Fils à propos de ce moment spécifique. Je croyais que le set était fini, j'avais claqué la volée. Puis j'ai entendu l'annonce 'out' et l'arbitre qui a overrulé. Lui n'a pas commis d'erreur. C'était dur de me plaindre. Je me suis dit qu'il fallait que je reste bien concentré et que je joue." Il y a quelques mois, pas sûr qu'il aurait été capable de tourner la page aussi vite dans sa tête. Ce tie-break, il a fini par le gagner un peu plus tard. Puis le match. Et ce n'est effectivement pas la première fois qu'il est costaud psychologiquement à Tokyo.
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Gros combat, grosse victoire sur Shelton : les images de la qualif de Fils en demie

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Dans le jeu, c'est donc au retour qu'il paraît avoir franchi un cap, tirant en partie les bénéfices de ses efforts en double. Associé à Nicolas Jarry, il avait notamment atteint les quarts de finale à Cincinnati, la paire franco-chilienne ayant battu Bopanna et Ebden avant de bousculer Dodig et Jamie Murray. "Pour moi, dit encore Nicolas Mahut, c'était au retour qu'il y avait le plus de progrès à faire. Il est en train d'en réaliser d'importants. On sait qu'il a la capacité d'élever son niveau sur certains matches mais là, il le fait sur tout le tournoi."
Il n'a que 20 ans, donc il apprend encore
Le pire (ou le meilleur), c'est qu'il peut faire encore mieux. Dans la gestion de certains moments décisifs, par exemple. Il lui manque de temps à autre un côté plus "tueur". Cela aurait pu lui coûter cher contre Matteo Berrettini. Il aurait pu et dû conclure le premier set, qui a fini par lui glisser entre les doigts. Idem dimanche contre Shelton, contre lequel il a eu une balle de match dans le deuxième set avant de devoir batailler une manche et plus d'une heure de plus avant de s'en sortir.
Sur ses quatre derniers breaks (trois contre Shelton, un face à Rune), il a systématiquement été débreaké sur le jeu suivant. Faute d'enfoncer le clou, il se compliquer parfois l'existence. Mais à la fin, il gagne, preuve qu'il tient le coup à la fois physiquement et mentalement. "Il ne faut pas oublier que c'est un jeune joueur, ce n'est que sa deuxième saison sur le circuit, ajoute Mahut. Il n'a que 20 ans, donc il apprend encore."
Voilà pourquoi il est normal qu'il ne tutoie pas les étoiles en permanence, et ce qui est vrai sur la durée d'un match l'est encore plus sur la longueur d'une saison. "Une saison, c'est très long, appuie notre consultant. Il y a des moments où il a eu moins de présence, d'autant que son jeu nécessite beaucoup d'énergie. C'est en train de se stabiliser."
Mais c'est tout de même très fort ce qu'il est en train d'accomplir. La tête, le corps, le bras, les jambes, Arthur Fils, c'est vraiment le "package" complet ou presque, avec en prime une vraie marge d'évolution devant lui. Le puzzle se met en place. A certains moments, il manque une ou deux pièces. Mais quand tout s'imbrique, il est capable de faire très mal. Comme à Tokyo.
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Dénouement brûlant et poignée de mains glaciale : la balle de match qui a sacré Fils face à Zverev

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