ATP Tokyo : Titré à l'arraché, Arthur Fils a montré des progrès sur le plan mental qui peuvent faire de lui un Top 10
Mis à jour 01/10/2024 à 20:14 GMT+2
Titré pour la seconde fois en trois mois en ATP 500 en renversant son compatriote Ugo Humbert (5-7, 7-6, 6-3) en finale à Tokyo mardi, Arthur Fils a conclu en apothéose une semaine fabuleuse. Non seulement le jeune Français a joué à un niveau impressionnant pour battre quatre membres du Top 20, mais il a surtout bluffé par sa solidité mentale. Ses progrès sont prometteurs pour la suite.
Mahut : "S'il garde cette attitude irréprochable, il y a de la place pour Fils dans le Top 10"
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On ne donnait pourtant pas cher de sa peau. Ce mardi après la perte du premier set en finale face à son compatriote Ugo Humbert, Arthur Fils n'envoyait pas les signaux les plus rassurants. La souffrance déformait son visage, stigmate des batailles remportées à l'arraché lors des tours précédents face à Taylor Fritz, Ben Shelton ou encore Holger Rune. Son réservoir d'essence sonnait creux et que pouvait-il espérer dans ces circonstances ? Et pourtant, il a encore tout renversé, écartant magistralement d'un passing extraordinaire une balle de match dans le deuxième set. Mais comment a-t-il fait ?
"Honnêtement, je ne sais pas, a répondu le principal intéressé sur le court juste après son triomphe. A 5 jeux partout dans le premier set, je me sentais mort sur le court. Il frappait des coups incroyables, c'était un premier set très serré. J'ai eu beaucoup de balles de break mais je ne les ai pas concrétisées. C'est un si grand champion et c'était très dur. J'ai fait de mon mieux dans le second et puis j'ai sauvé une balle de match. Honnêtement, je pense que c'est le meilleur revers de ma semaine. C'était fou. Tout peut changer en seulement une seconde en tennis, et ça a tourné. Donc je suis très heureux, mais j'aurais pu perdre aujourd'hui."
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Sacré caractère, énorme talent : les temps forts du sacre de Fils face à Humbert
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Une métamorphose récente dans l'attitude
S'il n'a pas perdu, Arthur Fils le doit peut-être à une part de réussite, notamment quand il s'est retrouvé à 3-4, 0/40 sur son service un peu plus tôt dans ce 2e set. Mais c'est aussi et surtout parce qu'il a refusé la défaite avec cette haine qui caractérise les grands champions. Il a montré par le passé qu'il avait quelque chose de spécial, et ce assez récemment en allant chercher son premier ATP 500 à Hambourg face à Alexander Zverev en finale. On le savait capable de grands coups de ce genre, mais pas encore de la régularité qui a été la sienne à Tokyo.
"Il s'est passé plein de choses pendant ce tournoi pour lui, souligne Nicolas Mahut, consultant Eurosport dans l'émission Retour Gagnant. Contre Shelton, il mène un set et un break, il a une balle juste derrière le filet, un smash facile qu'il joue un petit peu à moitié et il se fait débreaker. Il a balle de match au 2e, il sert pour le match et l'autre revient… Et il n'a pas bronché, pas dit un mot, il est resté dans son match. Même chose face à Rune, et pourtant ça peut être compliqué quand on joue Rune parfois à ce niveau-là parce qu'il va se plaindre auprès de l'arbitre, il va utiliser le public. Et Arthur est resté impassible. C'est vraiment au niveau de l'attitude qu'il a montré de grandes qualités."
Certes, le jeune Français a progressé au service, en retour, en défense (dans la remise en slice en bout de course notamment) et dans la construction des points ces derniers mois. Mais la différence fondamentale entre le Fils qui s'était fait écraser par le même Ugo Humbert début août à Montréal (6-2, 6-2 à l'époque et 3-0 alors au bilan des face-à-face, NDLR) et celui de Tokyo se situe bien au niveau mental, dans sa faculté à ne rien lâcher et à toujours croire qu'il peut s'en sortir.
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Humbert en mode artiste : sa fantastique demi-volée en vidéo
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Sa victime du jour l'a d'ailleurs confirmé en conférence de presse dans des propos rapportés par L'Equipe. "Franchement, c'est super pour le tennis français. C'est ce qu'on s'est dit à la fin : on est contents d'être là tous les deux, à ce niveau-là. On va vraiment se tirer vers le haut. Il y aura encore plein d'autres batailles. Lui, il a déjà énormément progressé ces dernières semaines. Depuis la Coupe Davis, j'ai senti qu'il avait réussi à passer un cap. Surtout dans son attitude. Je le trouve beaucoup plus humble sur le court, très positif tout le temps. Donc il ne te donne jamais rien. Je savais que ça allait être aussi un combat mental", a ainsi confirmé Humbert.
Il n'a que 20 ans et il ne fait que progresser
Battre quatre membres du Top 20 – Taylor Fritz faisant même partie du Top 10 – pour gagner un tournoi sur le circuit, aucun Français ne l'avait fait depuis Jo-Wilfried Tsonga, le meilleur Bleu du XXIe siècle. Cela a beau n'être qu'une statistique a priori, elle n'est pas anodine. Et l'impression qui ressort de cette semaine est encore plus forte : Fils avait déjà bien des armes techniques et un sacré caractère, si on y ajoute cette endurance mentale, il va devenir un problème pour bien des joueurs sur le circuit, y compris parmi les tout meilleurs. De quoi passer aussi un cap prochainement en Grand Chelem où il ne compte qu'une seconde semaine (un 8e de finale à Wimbledon en 2024).
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Une balle de match sauvée et un 2e set arraché à Humbert : Fils héroïque en finale
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"Certes, il y a des monstres type Alcaraz, mais il n'a que 20 ans, il ne fait que progresser. Il y a deux ans, il n'était pas dans les 200 premiers et il avait fini la saison en gagnant un titre et en se rapprochant de la 30e place. Là, il a deux 500 à son palmarès. Il y a des moments dans la saison où ça a été plus compliqué et où il a eu des trous, mais il progresse et on ne sait pas où il va s'arrêter. On discutait après l'une de ses victoires et sur sa journée de repos, il s'est entraîné avec son préparateur physique. Il est dans une logique de progression, il continue d'apprendre. Je le vois Top 10 (il est virtuellement 21e, NDLR) : il y a de la place et il ira", assure Nicolas Mahut.
Reste désormais à reproduire ce type de semaines le plus souvent et le plus régulièrement possible à l'avenir pour se rapprocher des cadors. A Shanghai, le tirage au sort lui promet par exemple un éventuel 8e de finale face à Jannik Sinner. S'il arrive à récupérer des efforts de sa semaine pékinoise, le voir se frotter à la crème du circuit dans cet état de confiance serait certainement riche en enseignements. Mais à chaque jour suffit sa peine et quoi qu'il arrive, les perspectives sont réjouissantes.
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