ATP 500 Tokyo - Finale - Ugo Humbert - Arthur Fils, la double embellie bleue
Par Laurent Vergne
Mis à jour 01/10/2024 à 10:25 GMT+2
Après une saison souvent frustrante, tout particulièrement lors des principaux rendez-vous du calendrier, le tennis français retrouve de sacrées couleurs au Japon : Ugo Humbert et Arthur Fils ne figuraient même pas parmi les têtes de série dans le très relevé tableau de Tokyo, mais ils se joueront le titre mardi lors d'une finale 100% bleue plutôt rare sur le circuit.
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Une finale, deux Français. La chose est rare alors, ne boudons pas notre plaisir et ne galvaudons pas le moment. La dernière fois que deux Tricolores s'étaient affrontés avec un titre en jeu, c'était il y a cinquante-six mois. Bientôt cinq ans. C'était à Auckland, en janvier 2020, à l'aube d'une année qui ne serait pas comme les autres puisque ce serait celle du Covid-19. Ugo Humbert était déjà dans le coup et le jeune Lorrain, alors âgé de 21 ans, avait disputé (et gagné) sa toute première finale sur le circuit.
La chose n'est donc pas commune à l'échelle du tennis tricolore moderne. Dans l'ère Open, pas davantage. Le duel entre Ugo Humbert et Arthur Fils sera le 32e en finale pour le tennis masculin français. 32 en 56 ans, nous ne sommes pas exactement sur une récurrence particulièrement frénétique. Et c'est encore moins vrai dans un tournoi de la stature de Tokyo, c'est-à-dire un ATP 500. Une seule fois un 500 s'était achevé avec deux Bleus en finale, à Vienne, en 2017, quand Lucas Pouille avait pris le meilleur sur Jo-Wilfried Tsonga.
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Hauts et bas, chaud et froid
Dans la capitale autrichienne, il y a sept ans, le tableau était à peu près comparable. Jo-Wilfried Tsonga était alors tête de série numéro 8 en étant 15e mondial. A Tokyo, le dernier spot protégé (N°8 là aussi) était la propriété de Ben Shelton. Ce qui signifie que ni Humbert (18e au coup d'envoi du tournoi) ni Fils (25e) n'étaient têtes de série. Voilà pourquoi les voir tous les deux en finale relève, sinon de l'immense exploit, en tout cas de la vraie performance solide.
A eux deux, ils ont éliminé quatre membres du Top 20 : Taylor Fritz (N°7), Holger Rune (N°14), Ben Shelton (N°15) et Jack Draper (N°20). Mention spéciale à Arthur Fils, tombeur des trois premiers nommés pour se frayer un chemin jusqu'à la finale. Alors, oui, ils ont eu aussi une petite part de réussite en bénéficiant chacun d'un abandon (Matteo Berrettini pour Fils, Draper pour Humbert) mais leur parcours n'en reste pas moins remarquable.
Tout n'a pas toujours été rose pour les Français cette année. Ils ont manqué à la fois d'envergure sur les grands événements, qu'il s'agisse des tournois du Grand Chelem (à l'exception de Wimbledon) ou des Jeux Olympiques. Ils n'ont pas fait preuve de régularité. Humbert, par exemple, avait sorti un énorme mois de février (deux titres consécutifs à Marseille et Dubaï) mais n'avait plus vraiment brillé depuis. Fils, lui aussi, a soufflé le chaud et le froid. Alors les voir performer ensemble dans un tournoi aussi relevé, c'est rafraichissant.
Tout n'est pas effacé, tout n'est pas réglé, mais cette finale entre les deux meilleurs Tricolores fait du bien. "Je tiens le même discours qu'après l'US Open, nous explique Nicolas Mahut. On tire toujours des grandes conclusions au sortir des grands évènements. C'est-à-dire qu'après les JO et l'US Open, où il y a eu des éliminations précoces, on pointe du doigt le niveau du tennis français. Pareil pour la Coupe Davis. Mais, en prenant du recul…"
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Mahut : "Il faut être patient"
Avec un peu de hauteur, le constat sur les gros rendez-vous demeure, mais les motifs d'espérances affleurent. "On voit des joueurs en pleine progression, relève le nouveau consultant d'Eurosport. Ugo va être dans le Top 15, Arthur dans le Top 20, Mpteshi Perricard qui n'était pas dans les 200 et tape à la porte des cinquante premiers. On a eu Arthur Cazaux en 8e à Melbourne avant d'être diminué par des blessures. Tous ces gars-là ont moins de 23 ans. Donc il faut être patient. On n'a pas encore la densité qu'on a eu entre Jo, Gaël, Richard et Gilles mais c'est en train de venir."
A travers leur brillant pas de deux nippon, Humbert et Fils justifient leur statut de double locomotive du tennis français. "C'est génial", savoure le plus jeune des deux à l'évocation de ce duel 100% "french touch". Même si, entre la fatigue des derniers jours, où il a sans doute laissé plus de gomme que son ainé, le fait d'avoir fini plus tard sa demi-finale et son passé contre Humbert qui s'apparente à un passif, il est modérément optimiste. Mais il aime sa position, finalement : "J'ai toujours perdu contre Ugo, donc je vais rentrer sur le court avec l'état d'esprit d'un outsider et c'est toujours mieux comme ça." A Hambourg, cela lui avait souri face à Zverev, alors...
De toute façon, mardi, la France est certaine de gagner. Et ça ne lui arrive pas si souvent d'avoir cette certitude avant une finale sur le circuit…
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