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ATP Toronto : Alex de Minaur, l'éloge de la persévérance et de l'intelligence
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Publié 13/08/2023 à 01:01 GMT+2
Qualifié pour sa première finale de Masters 1000 après sa victoire expéditive sur Alejandro Davidovich Fokina (6-1, 6-3) à Toronto, Alex de Minaur se retrouve de manière presque inattendue dans la lumière cette semaine. Prototype même du joueur sérieux de niveau Top 20, il voit sa mentalité et son approche du jeu payer, repoussant des limites qui semblaient pourtant bien établies.
Rapide, constant, résilient : comment De Minaur a fait dérailler Davidovich Fokina
Video credit: Eurosport
Il ne fait pas se lever les foules. Il n'est pas non plus le joueur le plus charismatique du circuit. Mais Alex de Minaur a incontestablement un caractère de champion. Le genre de mentalité qui peut vous faire déplacer des montagnes et atteindre des sommets qui paraissent inaccessibles de prime abord. A Toronto cette semaine, l'Aussie s'est prouvé beaucoup de choses et il a aussi montré à ceux qui pensaient qu'il avait atteint son plafond de verre qu'à 24 ans, il pouvait encore se fixer d'autres horizons.
Avant ce tournoi, "Demon", comme on le surnomme, n'avait jamais dépassé les… huitièmes de finale en Masters 1000. Couronné toutefois à sept reprises sur le circuit dont la dernière en date à Acapulco en février – son plus grand titre en ATP 500 –, il était considéré comme une valeur sûre à un certain niveau. Une garantie de qualité en quelque sorte, mais limitée, à l'image de son parcours à l'Open d'Australie en début d'année : une belle première semaine avant de se faire étriller en huitième de finale par le patron du tournoi, Novak Djokovic.
Une saison de premières
Reste que De Minaur ne lâche jamais rien et cette constance mentale finit par le sortir quand même du lot. Tennistiquement, il n'a foncièrement rien de plus qu'un Alejandro Davidovich Fokina, qui est même plus puissant que lui, mais dans la tête, c'est une autre histoire comme ce fut flagrant samedi lors de leur demi-finale. "C'était un jour très dur. Dans des conditions très délicates. Il y avait beaucoup de vent, et ce n'était pas facile de jouer au tennis, a-t-il observé sur le court en interview d'après-match. Donc du premier au dernier point, je me suis juste dit de rester positif. J'allais essayer de gagner chaque point, essayer d'être solide et ne pas m'attendre à jouer du tennis parfait. Je pense que c'est ce qui a fait la différence."
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De Minaur n'a rien lâché, Medvedev a fini par céder : le résumé
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L'état d'esprit et la lucidité quant aux obstacles rencontrés, tels sont finalement les principaux atouts d'Alex de Minaur. Cela peut sembler banal et cela pèse parfois très peu face au talent et à la puissance combinés, mais pour réussir une carrière, c'est une recette gagnante. L'air de rien, en 2023, l'Australien a franchi plusieurs caps importants : sa première victoire face à un membre du "Big 3" contre Rafael Nadal à la United Cup, son premier ATP 500 donc, et un bilan flatteur de 6-4 face aux membres du Top 10 (dont des succès contre Taylor Fritz et Daniil Medvedev cette semaine).
Le Top 10 justement, à l'issue de cette semaine, ne semblera plus inaccessible, loin s'en faut. Régulièrement parmi les 20 meilleurs du monde (15e au mieux), il lui manquait jusqu'ici cette petite étincelle ou période faste pour revoir ses ambitions à la hausse. Depuis juin et la saison sur gazon, elle est arrivée : trois finales atteintes sur ses cinq derniers tournois (Queen's, Los Cabos et Toronto) et une… 10e place provisoire à la Race (virtuellement 12e au classement technique).
Dans la lignée des Simon et autres Ferrer
"Depuis quelques années maintenant, je poursuis cet objectif, et je me suis probablement mis beaucoup de stress pour essayer d'y parvenir. Je vais toujours tirer le tout meilleur de moi-même. Je ne me satisfais pas de ma place actuelle, donc je vais continuer à repousser mes limites", a encore déclaré le premier Australien à aller aussi loin au Canada depuis Patrick Rafter en 2001.
A l'image d'un Gilles Simon ou d'un David Ferrer en leur temps, Alex de Minaur possède cette formidable qualité : maximiser un potentiel que d'aucuns pourraient considérer comme moyen en travaillant le tennis, le physique et surtout le mental. Ainsi, imperceptiblement, il enrichit sa palette. Avant tout un excellent défenseur et un contreur hors pair, il s'est mis depuis quelques mois à prendre davantage d'initiatives, à couper plus tôt les trajectoires et à changer davantage de rythme en intégrant à son arsenal un petit slice, bien maîtrisé des deux côtés.
Tactiquement, son QI tennis est bien au-dessus de la moyenne, comme a pu le vérifier à ses dépens Alejandro Davidovich Fokina. Ajoutez à cela une éthique de travail irréprochable inspirée de Lleyton Hewitt, son mentor, et vous comprendrez que cette semaine à Toronto couronne un sacré mérite. Qui sait si avec ces atouts son compatriote Nick Kyrgios ne serait pas déjà multiple vainqueur en Grand Chelem ? Les Majeurs d'ailleurs, voilà le prochain plafond de verre à éclater probablement (un quart de finale "seulement" à l'US Open 2020 comme meilleur résultat). En attendant, le voir sacré en Masters 1000 serait un beau symbole. Un peu à l'image de celui incarné par Andrey Rublev à Monte-Carlo en avril dernier.
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