Docteur Monfils ou Mister Gaël ?
Par Laurent Vergne
Publié 12/11/2016 à 19:13 GMT+1
MASTERS LONDRES – Gaël Monfils va découvrir dimanche les joies particulières du tournoi des maîtres, lors de son premier match dans l'épreuve, face à Milos Raonic. Bizuth à part du haut de ses 30 ans, le Français peut y jouer un rôle. A condition d'afficher son meilleur visage, ce qui n'est jamais garanti.
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Crédit: Eurosport
Gaël Monfils va réparer dimanche une forme d'anomalie. Huit ans après sa première demi-finale en Grand Chelem, sept ans après avoir posé son premier pied dans le Top 10, le Français va découvrir le Masters. A 30 ans, il est un débutant pas comme les autres, puisqu'il faut remonter à la préhistoire de l'épreuve, en 1972, avec Andres Gimeno et Bob Hewitt, pour trouver trace d'un trentenaire débutant. Comme Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet et Gilles Simon avant lui, Monfils va donc enfin goûter au tournoi des maîtres. Mais pour y faire quoi, au juste ?
L'art du pronostic est par nature délicat avec Gaël Monfils, joueur toujours imprévisible, même s'il a justement gommé en partie cet aspect de sa personnalité en 2016 pour gagner en constance. Il n'empêche. Monfils est au Masters sans avoir joué Roland-Garros ni Bercy, les deux tournois phares du calendrier pour un Français, et en ayant disparu d'entrée à Wimbledon. Impressionnant cet été, de son titre à Washington à ses demies à Cincinnati et Flushing, il est redevenu très quelconque cet automne, jusqu'à cette tristounette élimination au 1er tour à Stockholm, contre le Portugais Gastao Elias, sa dernière apparition à ce jour avant sa blessure.
Celui qu'Andy Murray a encore désigné cette semaine comme le "meilleur athlète du tennis" reste intrinsèquement capable de tout. Du meilleur comme du pire. "Ici, c'est la crème de la crème, c'est le tournoi de l'excellence, a rappelé le Parisien. Alors je vais essayer de faire de mon mieux. J'espère arriver, sans trop d'entraînement, à faire des miracles. Je l'ai déjà fait par le passé, alors, pourquoi pas ici ?" Il aura déjà une bonne partie de la réponse dimanche soir, lors de son premier match contre Milos Raonic, un de ses trois adversaires au premier tour avec Novak Djokovic et Dominic Thiem.
L'important pour lui sera d'abord d'embrasser cet évènement qui ne ressemble à aucun autre. Ces derniers jours, avant le terrain, Monfils a découvert les à-côtés. Et il a aimé. Vestiaire personnalisé, photo commune en costard-cravate, etc. "C'est cool, on s'est sapés, il y a une bonne ambiance", s'est amusé la Monf', dont l'âge, pour le coup, peut s'avérer un avantage. "Est-ce que j'ai trouvé ça impressionnant? Je ne sais pas trop, dit-il. Il ne faut pas oublier que ces gars-là sont mes potes depuis que j'ai onze ans et que j'ai été dans le Top 10 longtemps."
Corretja : "Il faut être courageux dès le premier jour"
Le défi est quand même de taille pour le Français. Les bizuths sont rarement à la fête au Masters. Seuls cinq joueurs ont réussi à se hisser en finale dès leur première participation, et aucun ne l'a fait depuis... 18 ans, lorsque Alex Corretja avait fait sauter la banque pour remporter le tournoi en battant notamment Andre Agassi en phase de poule, puis Pete Sampras en demi-finale et son compatriote Carlo Moya en finale. Une des plus grosses surprises de l'histoire du tournoi.
Interrogé par le site officiel de l'ATP cette semaine, Corretja s'est fendu d'un petit conseil à Gaël Monfils et Dominic Thiem, l'autre débutant de ce Masters : ne subissez pas l'évènement, et ne réfléchissez pas trop, leur a-t-il dit, en substance. "Il y a toujours un risque d'être un peu intimidé par le contexte, estime Corretja. C'est un tournoi qui fait rêver les joueurs. Pour la première fois, vous vous dites, 'wow, je fais partie des grands noms de mon sport. Il faut être courageux dès le premier jour. Et avoir confiance. Si vous êtes là, c'est que vous êtes très bon". Puisse Monfils entendre ce message...
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