ATP Finals : Djokovic comme Federer ? Nadal enfin sacré ? Le Masters en 7 questions

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ATP FINALS – La dernière édition londonienne du Masters débute dimanche. L'épreuve, rendue si particulière après une saison tronquée, s’annonce ouverte même si le numéro 1 mondial Novak Djokovic fait office de léger favori. Les inconnues sont nombreuses et nous vous proposons d’en faire un tour d’horizon.

Rafael Nadal lors du Masters 1000 de Bercy en 2020.

Crédit: Getty Images

Qui s’adaptera le mieux au huis clos ?

Pour le 50e anniversaire du Masters, la fête attendue ne sera pas au rendez-vous. Et pour cause, coronavirus oblige, il n’y aura aucun spectateur pour réchauffer l’atmosphère dans l’immense et somptueuse O2 Arena. Une manière bien triste pour Londres d’organiser son 12e et dernier tournoi des Maîtres d’affilée, puisque Turin prendra le relais à partir de 2021. Et les cadors, bien que désormais habitués à la nouvelle donne depuis la reprise du circuit ATP en août, ne seront pas tous affectés de la même manière par ces conditions spéciales. Si le mental de guerrier de Rafael Nadal a fait sa légende, le Majorquin a semblé perturbé lors de ses entames de matches à Bercy par l’absence de public.
Car la différence est quand même importante en termes d’ambiance entre les 1000 spectateurs qui ont été autorisés à Roland-Garros où il a décroché un 13e titre et des tribunes totalement vides. Nul doute que le numéro 2 mondial saura faire davantage abstraction du contexte à Londres. Le comportement de Novak Djokovic sera également à surveiller : à Cincinnati, il avait très bien géré son affaire, moins à l’US Open. Daniil Medvedev et Alexander Zverev ont, eux, montré ces derniers temps que leur niveau de concentration n’en souffrait pas vraiment. Dominic Thiem s’en était aussi très bien tiré à Flushing Meadows.
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Video credit: Eurosport

L’occasion idéale pour Djokovic d’égaler le record de Federer ?

Numéro 1 mondial en fin d’année (même si cette saison tronquée atténue quelque peu la performance) pour la 6e fois de sa carrière, Djokovic a rejoint Pete Sampras dans l’Histoire du jeu et devance désormais d’une longueur ses deux rivaux Nadal et Federer dans ce domaine précis. Et le chiffre 6 est décidément d’actualité pour le Serbe qui a l’occasion d’égaler le record de 6 titres au Masters du Suisse. Ce n’est pas la première fois que l’intéressé se retrouve dans cette position : après son dernier sacre dans l’épreuve en 2015, il a eu trois opportunités de rattraper le Bâlois qu’il n’a pas su saisir (finales en 2016 et 2018, élimination en poules en 2019).
Mais cette fois, le "Djoker" débarque à Londres dans un état de fraîcheur supérieur à celui qu’il affichait lors de ses précédentes tentatives. A cause du coronavirus, la saison a été beaucoup plus courte qu’à l’accoutumée (5 mois de compétition supprimés) et la réforme du classement ATP dans ces circonstances extraordinaires lui a permis de faire l’impasse sur Bercy pour recharger au maximum les batteries. Déchargé de "la pression" de l’enjeu de la première place mondiale comme il l’a lui-même confié, il aborde l’épreuve dans d’excellentes conditions. L’absence de Roger Federer, qui ne pourra défendre son record et lui barrer la route comme l’an passé, constitue aussi un plus indéniable.
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Video credit: Perform

Nadal fera-t-il mentir les chiffres ?

On le sait, le dur indoor n’est pas sa tasse de thé. Pour un champion de l’envergure de Rafael Nadal et ses 86 trophées dont 20 en Grand Chelem, ne compter qu’un titre dans ces conditions, conquis il y a 15 ans devant son public à Madrid qui plus est, a quelque chose d’incongru. Pour certains, ce constat suffit d’ailleurs à le disqualifier dans le débat insoluble du "GOAT" ("Greatest of all times", "meilleur de tous les temps" en français). "On peut trouver des excuses et des tas de raisons, mais en fin de compte, les chiffres sont là. (…) Je ne peux pas prétendre le contraire. J’espère changer ça cette semaine", a même reconnu l’intéressé. Des circonstances atténuantes, il n’en manque pourtant pas : l’Espagnol a souvent débarqué au Masters sur les rotules après des saisons épuisantes.
Ce ne sera pas le cas cette année. Et comme il l’a aussi fait remarquer, Nadal s’est amélioré sur cette surface. S’il a échoué dans sa quête de doublé parisien à Bercy (avec Roland-Garros), il reste tout de même sur deux demi-finales consécutives au Rolex Paris Masters et a déjà atteint à deux reprises la finale du tournoi des Maîtres (battu par Federer et Djokovic respectivement en 2010 et 2013). Le Majorquin a progressé dans son jeu vers l’avant, prenant la balle de plus en plus tôt, et il avait été excellent sur le dur indoor de la Caja Magica de Madrid en Coupe Davis l’an dernier. Enfin, à Londres, la surface est un peu plus lente qu’à Paris et le rebond plus haut, des conditions qui lui sont plus favorables. De quoi peut-être vaincre la malédiction.
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Medvedev sur sa lancée ?

Avant le Rolex Paris Masters, sa saison 2020 avait été frustrante. Tant et si bien que Daniil Medvedev n’a pas caché s’être plaint à sa femme de son niveau de jeu décevant. Mais le Russe a finalement retrouvé à Bercy la forme qui lui avait permis d’atteindre 6 finales consécutives entre l’été et l’automne 2019. "Ce titre a considérablement augmenté ma confiance et je pense que ça m’aidera à Londres", a-t-il confié. Désormais numéro 4 mondial, il ambitionne logiquement de passer au moins la phase de poules pour sa deuxième participation, et plus si affinités.
Car Medvedev a une belle revanche à prendre sur sa première expérience londonienne. Arrivé vidé autant physiquement que mentalement à l’O2 Arena, il s’était cependant retrouvé en position de battre de Rafael Nadal, menant 5-1 dans le troisième set avant de craquer et de perdre au jeu décisif final. "J’étais très déçu parce que si j’avais gagné, j’aurais eu une chance de me qualifier pour les demies. Mais ça arrive dans le tennis", a-t-il concédé. S’il sert aussi bien qu’à Bercy (70 % de premières en moyenne) et reste aussi difficile à déborder et agressif, le Russe fera assurément partie des candidats au titre.

Où en sont Tsitsipas et Thiem ?

Les finalistes de l’édition 2019 ouvriront le bal de ce Masters l’un face à l’autre dimanche sur les coups de 15 heures. Un joli clin d’œil, mais Stéfanos Tsitsipas et Dominic Thiem n’abordent pas l’événement comme l’an dernier. Le Grec, tenant du titre, a cédé dès son entrée en lice à Bercy contre Ugo Humbert et n’a pas caché souffrir de la jambe, à tel point qu’il avait mis, un temps, sa participation en doute à Londres. Le chemin vers la défense éventuelle de son bien – il serait le premier à le faire depuis Djokovic en 2015 – s’annonce semé d’embûches. "Je n’étais pas sûr que de continuer à jouer était la bonne chose à faire. Mais quand vous vous fixez un objectif, l’esprit peut vous faire faire bien des choses. Je me sens bien mieux qu’à Vienne, je ne suis pas loin d’être à 100 %", a-t-il considéré.
A Vienne justement, Thiem n’a pas pu conserver son titre, s’inclinant dès les quarts de finale face à Andrey Rublev. L’Autrichien avait également cédé physiquement, cette fois, à cause d’un pied douloureux. Le numéro 3 mondial a donc décidé de faire l’impasse à Bercy pour bien récupérer en vue de ce Masters. Mais il pourrait manquer de confiance et de rythme. "Sur la plupart des tournois, vous avez au moins un peu de temps pour peaufiner votre forme, pour s’habituer aux conditions. Ici, il faut être à 100 % d’entrée, parce qu’il n’y a que des Top 10", a-t-il fait remarquer. Mais s’il trouve vite ses marques, "Dominator" pourrait bien rafler la mise, lui qui a gagné son premier Grand Chelem à l’US Open sur dur. Ce test d’entrée contre Tsitsipas sera assurément révélateur.

Zverev aura-t-il la tête totalement au tennis ?

Alexander Zverev est indubitablement l’un des hommes en forme de cette fin de saison. Depuis l’US Open, le longiligne Allemand a gagné 21 de ses 24 derniers matches, avec une seule relative contre-performance en huitième de finale de Roland-Garros où il était malade face à Jannik Sinner. Autrement, il a glané deux titres à Cologne et atteint deux finales à Flushing Meadows et Bercy d’ailleurs assez frustrantes pour lui car il avait pris à chaque fois le meilleur départ. Mais les accusations de violence domestique d’Olya Sharypova, son ancienne compagne, et les questions répétées à ce sujet en conférence de presse pourraient bien finir par le sortir de sa concentration.
Jusqu’ici, force est de constater que Zverev n’a pas semblé perturbé outre mesure sur le court. Dans son message en forme de défi à ses détracteurs lors de la cérémonie de remise des trophées à Paris, il a assuré que tout allait bien et qu’il jouait un tennis incroyable. Et il a confirmé sa position avant le début des hostilités à Londres, se désolant que l’attention des gens soit détournée du tennis. Alors qu’il ne fait l’objet ni de plainte ni d’une quelconque action en justice, l’ATP a logiquement et officiellement écarté toute sanction à son encontre pour le moment. Reste à savoir si l’intéressé aura l’esprit suffisamment libre pour tenter d’aller chercher le titre comme en 2018. S’il sert et joue aussi bien qu’à Bercy, il peut être ambitieux.
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Video credit: Eurosport

Rublev et Schwartzman, même combat pour les bizuts ?

Ce sont les deux nouveaux venus en cette année hors norme. Et ils n’ont assurément pas volé leur place. Avec 5 titres décrochés en 2020, Andrey Rublev est l’autre homme de la saison (après Djokovic) : il est ainsi le seul à avoir décroché 40 succès (pour 8 défaites) avant ce Masters et a atteint aussi deux quarts de finale en Grand Chelem, preuve de sa régularité au plus haut niveau. Diego Schwartzman a, lui aussi, franchi un cap important : l’Argentin a joué sa première finale en Masters 1000 à Rome et a enchaîné avec sa première demi-finale en Majeur à Roland-Garros. Leur manque d’expérience dans un tournoi de cette envergure leur confère le statut d’outsiders.
Mais les qualités naturelles du Russe en indoor devraient lui permettre de représenter une menace plus sérieuse à Londres. D’ailleurs, c’est dans ces mêmes conditions qu’il a conquis ses derniers trophées cette saison à Saint-Pétersbourg et Vienne. Son coup d’arrêt à Bercy face à Stan Wawrinka est à relativiser : le Russe y a sans doute payé une certaine fatigue physique. Depuis, il a eu le temps de récupérer et s’est dit prêt au défi Nadal qui aura "toute la pression sur lui" selon Rublev dimanche soir. Beaucoup plus performant sur terre battue, Schwartzman pourrait quant à lui payer ses lacunes au service, même si le court, plus lent qu’à Bercy, n’est pas pour lui déplaire. Sa confiance actuelle est aussi un atout pour jouer potentiellement les trouble-fête.
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