Le dernier des Mohicans est tombé. Stefanos Tsitsipas et Alexander Zverev éliminés dès la première phase, Novak Djokovic était le seul ancien vainqueur du Masters encore en lice dans cette édition 2020. Le numéro un mondial ayant été battu sur le fil par Dominic Thiem samedi après-midi, les "ATP Finals" vont donc consacrer à nouveau un lauréat inédit, qu'il s'agisse du bourreau autrichien du numéro un mondial ou de Daniil Medvdev, tombeur de Rafael Nadal en soirée lors de la seconde demi-finale.

C'est une drôle d'habitude prise par le dernier grand tournoi de l'année et ce qui semblait constituer une anomalie n’est plus très loin de se muer en tendance lourde. Alors que Roger Federer et Novak Djokovic avaient remporté onze des treize éditions disputées de 2003 à 2015, ne laissant que deux belles miettes à David Nalbandian (2005) et Nikolay Davydenko (2009), le Masters a ouvert grand les portes de son palmarès. Dimanche soir, un drôle de quinquennat sera bouclé avec un cinquième vainqueur inédit en autant d'éditions :

ATP Finals
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23/11/2020 À 19:09
  • 2016 : Andy Murray (Grande-Bretagne)
  • 2017 : Grigor Dimitrov (Bulgarie)
  • 2018 : Alexander Zverev (Allemagne)
  • 2019 : Stefanos Tsitsipas (Grèce)
  • 2020 : Daniil Medvedev (Russie) ou Dominic Thiem (Autriche)

Tsitsipas a eu le dernier mot : le résumé de la finale

Jamais, dans son histoire, le Masters ne s'était offert sur une aussi longue période qu'à des vainqueurs inédits. Plus remarquable encore, ces trois dernières années, les ATP Finals ont consacré un joueur qui n'avait non seulement jamais gagné de titre du Grand Chelem, mais qui ne comptait même aucune finale majeure sur son CV. Le cas d'Andy Murray diffère en ce sens de ceux de Dimitrov, Zverev et Tsitsipas.

Bien sûr, le demi-siècle d'existence du Masters est émaillé de "one shot", souvent marquants d'ailleurs, de Michael Stich à David Nalbandian en passant par Alex Corretja, Gustavo Kuerten ou Nikolay Davydenko. Mais une telle succession de "novices" au palmarès, c'est totalement inédit. Et si Medvedev est couronné, ce sera donc la 4e année consécutive que le Masters sacre un champion au palmarès vierge en Grand Chelem. Soit autant que 1990 à 2016 :

  • 2009 : Nikolay Davydenko
  • 2005 : David Nalbandian
  • 1998 : Alex Corretja
  • 1990 : Andre Agassi

Pour les deux finalistes, l'impact d'une victoire ne sera pas tout à fait le même. En s'imposant à l'US Open en septembre dernier, Dominic Thiem s'est délesté d'un poids immense. Il ne jouera pas dimanche pour le plus grand titre de sa carrière. Même si un nouvel échec en finale à Londres aurait de quoi le chagriner, d'autant que son ratio sur les grandes finales n'est pas flatteur pour lui (une victoire, quatre défaites entre les Grands Chelem et le Masters).

Pour Daniil Medvedev, qui a perdu sa seule grande finale jusqu'ici, lors d'un mémorable duel en cinq sets à Flushing Meadows contre Rafael Nadal en 2019, ce serait en revanche le point d'exclamation d'une carrière qui a décollé pour de bon voilà un an et demi. Sur ce qu'il a montré aussi bien depuis dix-huit mois que sur ces dernières semaines, le Russe mériterait bien d'épingler un titre de cette envergure. Mais battre Thiem, désormais, c'est un défi à peine moins complexe que de s'attaquer à Djokovic ou Nadal.

En parlant d'eux, le Serbe et l'Espagnol ont un point commun : ils auront tous les deux été battus par Daniil Medvedev et Dominic Thiem cette semaine à Londres. L'affiche finale de ce dimanche est donc on ne peut plus logique. Le vainqueur de ce Masters 2020 sera à nouveau inédit, mais il sera surtout incontestable.

Daniil Medvedev

Crédit: Getty Images

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