Attention, cette fois, Medvedev va arriver lancé à Londres
Publié 09/11/2020 à 21:35 GMT+1
Au bout du rouleau dans la tête et dans les jambes, Daniil Medvedev n'avait fait que de la figuration il y a un an à Londres pour sa première participation au tournoi des Maîtres. Vainqueur dimanche à Bercy de son premier titre de la saison, le Russe dispose cette fois de la fraicheur et de l'appétit nécessaire pour débarquer au Masters avec de vraies ambitions.
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Et si la fin de saison de Danill Medvedev était l'antithèse de la précédente ? Petit coup d'œil dans le rétro en 2019. Après un été et un début d'automne flamboyants, qui l'a vu remporter deux Masters 1000 (Cincinnati, Shanghai) et disputé deux finales à Montréal et surtout à l'US Open, le Russe s'impose comme le nouveau trublion du circuit face au Big 3. Puis c'est le coup de la panne. Défaite d'entrée à Bercy et un zéro pointé à Londres au Masters. Une fin de saison en eau de boudin après trois mois de feu d'artifice.
Douze mois plus tard, c'est tout l'inverse. Sans être catastrophique, sa campagne 2020 n'avait pas vraiment confirmé le coup de semonce de l'exercice précédent. Si sa demi-finale à l'US Open était venue rappeler que le garçon restait solide et capable de briller sur les plus grandes scènes, il n'avait toujours pas joué la moindre finale en 2020. Une forme d'anomalie. Mais cette saison raccourcie et brouillée par la pandémie de coronavirus ne l'a pas servi. "J'avais prévu de ne pas trop jouer en début d'année et ensuite, la saison a été arrêtée", a-t-il rappelé sur Eurosport samedi. Medvedev s'est en quelque sorte retrouvé pris au piège.
"Mon dieu, je n'ai plus le niveau"
Si Medvedev n'attendait pas de miracle de son entame de saison, c'est qu'il n'avait jamais abordé un mois de janvier dans ces conditions. Il avait fini 2019 sur les rotules et son programme s'est trouvé chamboulé. "J'avais joué à Londres pour la première fois, explique le Moscovite. D'habitude, j'avais huit semaines d’intersaison où je pouvais me préparer physiquement. L'an dernier, j'ai eu trois semaines. Or tous les petits détails comptent." Son plan de bataille était de charger davantage son printemps une fois lancé, mais le Covid-19 en a décidé autrement.
"Après la coupure due au coronavirus, j'ai dû jouer cinq ou six tournois, dont deux sur terre battue (Rome et Roland-Garros, NDLR) qui n'est pas ma meilleure surface, dit-il encore. Donc si on prend match par match, on peut se dire que mon bilan n'est pas illogique."
Mais ce ne sont pas tant ses résultats qui l'inquiétaient que la manière. Ses sensations sur le court n'étaient pas bonnes. "Il y a tout ce qui est invisible et mon niveau de tennis ne me satisfaisait pas", avoue le Russe, qui a plaisanté à ce sujet après la finale lors de son discours sur le central : "Je pleurais auprès de ma femme. Enfin, je ne pleurais pas, mais je me plaignais, du style 'mon dieu, je n'ai plus le niveau, je n'ai même pas fait une finale, je joue tellement mal."
Il fallait donc voir venir sa semaine à Bercy. On n'ira pas jusqu'à dire qu'elle sort de nulle part, mais il était tout sauf évident que les pièces du puzzle se remettent ainsi en place. "Les dernières semaines, ce n'était pas comme je voulais, admet-il. Comme tu es Top 10, tu ne veux que des titres. Il y a pourtant parfois des tournois où il y a 8 ou 9 Top 10. Tout le monde ne peut pas avoir le titre. Je peux dire qu'après Saint-Pétersbourg ou Vienne, je pouvais être un peu défait. Mais je savais qu'il fallait continuer à pousser et qu'à un moment, ça allait revenir."
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Un set et demi pour trouver la clé puis Medvedev a écoeuré Zverev : le résumé de la finale
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Finir sur un point d’exclamation
C'est revenu, et pas qu'un peu avec cette semaine au presque parfait à Bercy. Ce titre présente un double avantage : il redore sensiblement son bilan 2020, en le hissant du passable au (très) correct (un Masters 1000 et une demie en Grand Chelem), et lui ouvre, même tardivement, des perspectives pour cette fin de saison. Le Masters pourrait lui permettre de clôturer sa campagne sur un point d'exclamation. Londres ne lui a laissé que des mauvais souvenirs l'an passé. Surtout ce match contre Rafael Nadal, où il avait mené 5-1 dans le 3e set avant de s'écrouler. Peut-être une de ses pires défaites :
"C'était un match terrible. C'était un match super jusqu'à 5-1, mais quand on perd un match comme ça, on se dit que c'est un match horrible, pas seulement mentalement, mais aussi au niveau du niveau de jeu tennistique, on ne peut pas perdre un jeu quand on est à 5-1, franchement, si vous voulez être un joueur au top, non c'est inexcusable. Mais dans la vie après, on ne peut pas pleurer éternellement. C'était pratiquement un des derniers matches de la saison. Il fallait que je tourne la page, que j’apprenne de cette leçon."
Parce qu'il n'autorise pas de montée en puissance vu la nature du plateau, le Masters ne tolère aucune mise en route laborieuse. Daniil Medvedev l'avait appris à ses dépens l'an dernier. Mais il a des raisons de se montrer optimiste. "Je serai en meilleure condition physique que l'année dernière, juge le N°4 mondial. Il y a un an, j'étais crevé, j'avais perdu au premier tour à Paris, j'avais perdu confiance en moi. Là, j'aurai quelques jours de repos. Je vais m'entraîner. Le but n'est pas forcément de gagner le tournoi, simplement d'engranger quelques victoires à son actif. J'espère pouvoir gagner un peu." Prudent, le Daniil. On le comprend après l'expérience de 2019. Mais on serait tout de même surpris que sa deuxième tentative londonienne vire à nouveau au fiasco intégral.
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