Dix ans, déjà. Le fameux tweet d’Andy Murray au sujet de l’avenir doré de Caroline Garcia – "la fille que Sharapova affronte sera n°1 mondiale un jour" – date de Roland-Garros 2011. Il n’est toujours pas l’heure d’enterrer cet augure. Mais les années passent et il a du plomb dans l’aile. Des années, Garcia en a 27 et plus 17. Elle a été 4e du classement WTA (en 2018) et n’est plus que 53e. La voilà à un tournant de sa carrière, qui se matérialise par un changement d’entraîneur : ce n’est plus son père, Louis-Paul Garcia, qui va la coacher. Un choix qu’elle relate longuement dans un entretien accordé à L’Equipe, diffusé ce mercredi.
"Cela peut paraître bizarre, mais pour moi, ce n’est pas une rupture", estime Garcia, qui n’a plus joué depuis Miami, en mars, et prépare son retour à la compétition à Majorque, au sein de l’académie de Rafael Nadal. "Evidemment, cela a tourné pendant un moment dans ma tête, mais il y a une continuité car je viens à l’académie depuis un an et demi, je vais vers quelque chose que je connais (…) Quand on a commencé à venir à l’académie, c’était une décision commune. Aujourd’hui, c’est ma décision", détaille-t-elle.
Si je suis prête, motivée et que j’ai envie d’aller chercher des grands titres : ‘vamos'
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Une décision qu’elle refuse de mettre sur le compte de la pression médiatique : "Cela fait longtemps que lui (son père, NDLR) et moi recevons des critiques (…) Si ça avait joué, cette décision aurait été prise depuis longtemps." Elle n'a pas été simple à prendre. "C’est difficile pour tous les deux", admet Garcia.
Elle dresse un constat d’échec. Il n’est pas cuisant – tant sa carrière a déjà belle allure –, mais prégnant : "Depuis deux ans, les objectifs ne sont pas atteints. C’est forcément difficile car on a continué à travailler dur. Ce n’est pas comme si on s’était reposé sur nos lauriers. C’est difficile de voir que ça ne paie pas." Pas de renoncement : "Cela fait partie des carrières, il faut essayer d’apprendre de ces moments difficiles pour en sortir grandie (…) "Si je suis prête, motivée et que j’ai envie d’aller chercher des grands titres : ‘vamos’".

Caroline Garcia à Dubaï en 2021

Crédit: Getty Images

"Prête à faire les efforts" avec l'exigeant Urpi

Avant les grands titres, il y a le retour sur le circuit. Il se fera à Rome (10-16 mai), après une blessure à un pied et un genou. Avec Gabriel Urpi comme coach, qu’elle a connu au sein de l’équipe de France de Fed Cup et qui a notamment guidé Arantxa Sanchez ou encore Flavia Pennetta. "Je m’entraîne avec Gabi, qui va m’accompagner sur Rome, Parme, Strasbourg et Roland-Garros", énumère-t-elle, toujours auprès de nos confrères de L'Equipe.
Cela n'offre pas de garantie de succès à Garcia – "s'il suffisait de changer de coach pour gagner des titres, ça serait trop facile" – mais la perspective d'une nouvelle façon de faire : "Je connais Gabi. En choisissant de travailler avec lui, je savais que j'aurais de la répétition, que j'allais courir. Je visualise des cônes pendant la nuit (rires). Je sais à quoi m'attendre et ça m'intéresse. Je suis prête à faire les efforts." Cela risque de ne pas payer tout de suite : "Il faut que je sois réaliste. Je suis en manque de temps sur le court...Après si je peux m'envoyer Rome je prends." Tout est bon à prendre. A 27 ans peut-être plus encore qu'à 17.

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