Srdjan Djokovic, comment votre fils Novak ressent-il l'événement que constitue la finale de Coupe Davis face à la France ?
S. D. : Novak a toujours eu une forte personnalité. Nous sommes une famille de sportifs. Il aime la compétition depuis qu’il est tout petit. Il a beaucoup fait de ski avec nous, mais il n’a plus le droit aujourd’hui à cause des risques pour ses genoux. Quand il a commencé le tennis au club du Partizan, il voulait déjà être le meilleur. Il est un exemple pour tous les jeunes de Serbie. Novak est la lumière au bout du tunnel pour le tennis en Serbie. Il est conscient de ce rôle de modèle et aussi d’ambassadeur de son pays, et le prend très au sérieux.
Qu’en est-il du projet d’académie de tennis qu’il souhaitait développer ?
Coupe Davis double
Forget : "Mon choix est fait"
01/12/2010 À 19:38
S. D. : La construction de l’académie est sur le point de démarrer, les travaux devraient être achevés pour juillet, et elle ouvrira en septembre. Nous avons pris du retard parce que nous avons dû abandonner notre première idée de faire l’académie dans la ville de Kragujevac. Malgré le soutien de la mairie, quelques structures politiques voulaient s’en mêler et tirer profit de nos efforts, alors nous avons tout stoppé. L’objectif de l’académie est de créer une structure unique dans la région qui permette aux jeunes talents serbes, mais aussi du monde entier, de pouvoir s’entraîner dans des conditions optimales sans être obligés de partir très loin de chez eux, comme Novak a dû le faire en Floride. L’académie permet donc de lier notre passion pour le sport avec le business.
Concrètement, comment cette académie va-t-elle fonctionner ?
S. D. : Il y aura une capacité d’accueil de trente chambres pouvant recevoir cinquante jeunes. Il y aura un spa, une piscine, d’excellentes installations. Nous souhaitons réserver environ la moitié des places à de jeunes talents serbes. Pour le reste, je dois dire qu’il y a beaucoup d’intérêt venant de Russie parce qu’aujourd’hui, la plupart de leurs joueurs et joueuses doivent aller jusqu’en Espagne pour s’entraîner.
Recevez-vous une aide de la fédération de tennis pour ce projet ?
S. D. : Non, elle n’en a pas les moyens. Ce n’est pas l’amour entre nous, mais nous avons une relation professionnelle. En France, dans votre système, dès qu’un jeune talent est repéré, il est pris en charge par votre fédération, on s’occupe de lui de A à Z. J’admire beaucoup votre système, et d’ailleurs je ne comprends pas pourquoi vous n’avez toujours pas de grand champion. Ici, c’est impossible faute de moyens. La pratique du tennis a explosé il y a trois ans grâce aux exploits de mon fils mais aussi de Jelena Jankovic et d’Ana Ivanovic. Le problème, c’est que les structures sont inexistantes. Donc, les jeunes sont seuls, et doivent quitter le pays s’ils veulent évoluer. C’est à ce problème que nous souhaitons apporter une solution avec l’académie Djokovic. L’enjeu, c’est que le tennis serbe continue de produire des champions même après la retraite de Novak et de Jelena.
Le Serbian Open rentre-t-il dans cette stratégie de pérenniser le tennis en Serbie ?
S. D. : Absolument. Le Serbian Open de Belgrade est une initiative 100% Djokovic. On a un peu de difficulté à faire venir des joueurs prestigieux parce que nous sommes un nouveau tournoi, mais les amitiés et le prestige de Novak aident beaucoup. Cette année, Richard Gasquet est venu par exemple. Le tournoi est parti sur des bases solides parce que notre compagnie est sur des bases solides. Notre compagnie, c'est Family Sport. Nous gérons l’académie de tennis, le Serbian Open, nous distribuons les marques Head et Sergio Tacchini pour toute l’Europe du Sud-Est. Nous possédons aussi un café et deux restaurants, avec le projet d’en ouvrir d’autres en Serbie et en Europe, notamment à Vienne.
Coupe Davis double
L'enfer, c’est la défaite
01/12/2010 À 15:21
Coupe Davis
Forget : "Mika est plutôt content"
30/11/2010 À 13:08