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1/2 finale Coupe Davis - France-Espagne : Mahut - Benneteau, une paire de double qui a la cote

Mahut - Benneteau, une paire de double qui a la cote (et les clés de la demie dans sa poche)

Le 12/09/2018 à 23:29Mis à jour Le 13/09/2018 à 08:27

COUPE DAVIS - Avant le tirage au sort, Yannick Noah se retrouve confronté à un choix cornélien en vue de cette demi-finale : trouver la bonne paire de double pour affronter l'Espagne et sa densité. Tout indique que Julien Benneteau sera titularisé au côté de Nicolas Mahut. Mais Yannick Noah peut aussi ressortir Richard Gasquet de sa manche.

Sans Rafael Nadal, les Bleus voient la vie un peu plus en rose. Absent de ce week-end de Coupe Davis, suite à sa blessure au genou droit contractée à l'US Open lors de sa demie face à Juan Martin del Potro, le Majorquin va laisser la Roja orpheline et fortement démunie au niveau du simple. Malgré la présence d'un quatuor homogène - Roberto Bautista, Pablo Carreño Busta, Albert Ramos et Feliciano Lopez - "l'Absoluta" est largement à la portée des Français. Privée de Nadal, de Fernando Verdasco, touché au genou à New York, et de David Ferrer, blessé lui aussi aux Etats-Unis et passé en mode pré-retraite, l'Espagne va devoir se mettre en rangs serrés. Mais tout en conservant un choix assez riche niveau qualité et expérience.

Le choix de riche qui existe en Espagne est également une réalité pour l'équipe de France. Privé de Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils et Pierre-Hugues Herbert, tous blessés, Yannick Noah a lui aussi pioché dans son réservoir pour composer son groupe de 5 + 1. Au niveau de la paire de double, le moteur du capitanat Noah, le grand chef des Bleus a de quoi faire en l'absence d'Herbert. En étudiant les profils, tout concorde pour pouvoir jongler sans se ramasser une belle claque au visage. Techniquement, Julien Benneteau, Richard Gasquet, Lucas Pouille et Benoît Paire sont potentiellement tous capables d'évoluer au côté de Nicolas Mahut samedi. Restera à s'adapter à la paire d'en face, une option privilégiée par Noah qui a souligné qu'aucun de ses joueurs ne sortaient du lot lors de son passage devant la presse, mardi à Lille.

L'assurance Mahut-Benneteau ou le pari de la polyvalence Gasquet

Les premiers entraînements ont donné une indication forte quant à la paire de double qui succèdera à Mahut et Herbert, alignés et victorieux face aux Pays-Bas et à l'Italie cette année. Sauf surprise majeure, Mahut en sera. A ses côtés, c'est Julien Benneteau, sorti de sa retraite sportive par Noah après le forfait d'Herbert, qui a été testé au Stade Pierre-Mauroy mercredi. Mahut / Benneteau, c'est du déjà-vu chez les Bleus et dans l'ère Noah. Issus de la même génération et amis de longue date, les deux hommes avaient gagné le double lors du quart de finale face à la Grande-Bretagne l'an dernier. Complémentaires, habitués à jouer ensemble, très proches, l'Angevin et le Bressan cochent plein de cases pour un rendez-vous aussi important.

Appelés à ferrailler ensemble sur le circuit en l'absence d'Herbert sur certains tournois, les deux compères ont du vécu, déjà connus la défaite et ses affres et disposent surtout de repères techniques et tactiques. Depuis 2017, ils ont disputé trois tournois pour un titre à l'Open 13 l'an dernier (trois au total avec Metz 2003 et Lyon 2009). Au niveau du ratio victoires-défaites, leur bilan est bon : 8 victoires pour 2 défaites. Une dernière balade entre amis sonnerait comme quelque chose de logique sur le moment, mais aussi de symbolique.

Voir Noah aligner les deux hommes tomberait sous le sens. Ils sont les derniers rescapés des quatre paires utilisées par le capitaine depuis sa prise de fonction début 2016. Surtout, la complémentarité des deux hommes n'est plus à démontrer. Toute autre paire aurait le visage d'une expérimentation, même si Richard Gasquet et Julien Benneteau, médaillés de bronze aux Jeux de Londres et alignés ensemble lors de la finale de l'édition 2014 face à la Suisse, se connaissent également par cœur.

Feliciano Lopez, le Mahut madrilène

A chaque capitaine ses choix, ses prises de risque et ses paris. Si Noah avait réussi son coup lors de la finale 2017 en alignant Gasquet et Herbert, il pourrait retenter la carte ultra-polyvalence de Gasquet, seul joueur avec Mahut à avoir évolué dans deux paires différentes. "Même si Richard n'est pas spécialiste de double, il a une qualité de retour de service incroyable. Il avait une envie, il l’a prouvé. Je me disais qu’avec Pierre-Hugues il pouvait être techniquement complémentaire", avait à l'époque souligné le boss des Bleus pour expliquer son coup de poker. Le double et Noah, c'est en tous cas un incontournable, feeling ou non : les Bleus n'ont perdu qu'un seul de leur neuf duels disputés depuis début 2016. C'est sa bouée de sauvetage.

Quand on épluche sa sélection pour la demie lilloise, l'Espagne débarque elle aussi avec certains arguments. Mais surtout avec de multiples choix en double, plus que chez les Bleus. Arrivé avec du monde dans ses bagages, le capitaine espagnol va quand même avoir des choix complexes à faire, Nadal ou pas Nadal. Le premier sera de trancher entre les deux spécialistes maison du double Marcel Granollers et Marc Lopez. Appelé de dernière minute, le grand ami de Rafa Nadal dispose d'un profil d'incontournable pour épauler Feliciano Lopez avec qui il évolue sur le circuit depuis 2016. Les deux hommes pèsent un succès en Grand Chelem, à Roland-Garros 2016, et une finale perdue à l'US Open l'an dernier. Loin de ses belles années, Granollers n'a, lui, plus évolué en Coupe Davis depuis 2013. Mais son nom a été coché dans les cinq par Bruguera.

Très discret concernant ses réflexions, le capitaine catalan a souligné qu'il se donnerait le temps de choisir dans un premier temps entre les deux hommes, avant de choisir "sa" paire de double. La présence même de Feliciano Lopez n'est pas acquise à 100% pour samedi. Mais le Madrilène a pour lui d'avoir disputé le double lors du premier tour (au côté de Carreño Busta), et celui du fameux quart de finale face à l'Allemagne (avec son compère Marc Lopez) et d'avoir toujours répondu présent, même quand l'Espagne est descendue en deuxième division fin 2014. Comme Mahut, il fait figure d'incontournable par sa science de la spécialité et un caractère bien trempé, même au crépuscule de sa carrière. Terrain d'expérience, de vécu et peut-être d'expérimentations, le double jouera son rôle habituel de juge à Lille. Et les Bleus devront être du bon côté.

Les paires de double sous Noah 2016 (matches / victoires) 2017 2018 Bilan
Herbert/Mahut 1 (1/2 finale) / 1 victoire (1/4 de finale) 2 (1er tour, 1/2 finale) / 2 victoires 2 (1er tour, 1/4 de finale) / 2 victoires 5 victoires, 1 défaite
Benneteau/Mahut 1 (1/4) / 1 victoire 1 victoire
Gasquet/Herbert 1 (Finale) / 1 victoire 1 victoire
Gasquet/Tsonga 1 (1er tour) / 1 victoire 1 victoire
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