Coupe Davis - Les Serbes effondrés : "C’est la fin d’une génération dorée"

COUPE DAVIS – Eliminés au bout du suspense et du double décisif par les Russes vendredi en quart de finale à Madrid, les joueurs de l’équipe de Serbie ont eu bien du mal à surmonter leur déception en conférence de presse. L’émotion de Novak Djokovic, Viktor Troicki et leur capitaine Nenad Zimonjic a été amplifiée par la retraite désormais officielle de Janko Tipsarevic.

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Crédit: Eurosport

Novak Djokovic n’était pas venu à Madrid pour enfiler des perles. S’il a pris son temps cette saison avant de répondre favorablement aux avances de Gerard Piqué et de sa nouvelle formule de la Coupe Davis, le numéro 2 mondial s’est finalement pris au jeu. Pour s’en convaincre, il suffisait de constater l’étendue de sa déception après avoir perdu sur le fil le double décisif aux côtés de Viktor Troicki, vendredi en quart de finale à Madrid face à la Russie. A son image, c’est une équipe serbe dévastée qui a fait face, en bloc, et en larmes à la traditionnelle conférence de presse d’après-match.
Très proches les uns des autres, ils croyaient en leur destin dans cette nouvelle version de l’épreuve centenaire. Car comment rendre plus bel hommage à leur coéquipier Janko Tipsarevic qui faisait ses adieux au tennis de haut niveau qu’en allant chercher une nouvelle fois le Saladier d’argent ? "Je vois cela comme la fin d’une génération dorée (…) Ils ont tout donné aujourd’hui. Parfois on gagne ensemble, parfois on perd", a lâché le capitaine Nenad Zimonjic qui n’a pas pu retenir non plus ses sanglots.
Très affecté au moment de regagner son banc, la tête dans sa serviette après sa défaite en double avec Djokovic, Troicki ne s’était toujours pas remis de ses émotions. Très solide pendant la majeure partie du match, le 159e joueur mondial a fait preuve d’une certaine fébrilité au moment de conclure dans le tie-break final. "Je ne me suis jamais senti aussi mal. J’ai laissé tomber l’équipe et je m’en excuse auprès de mes coéquipiers. J’ai tout fait foirer dans les moments cruciaux. Dieu m’avait donné la chance d’être le héros d’un match décisif en Coupe Davis (en finale en 2010 contre la France, ndlr). Cette fois, il me l’a reprise. Je me suis vraiment déçu", a-t-il considéré, impitoyable avec lui-même.
Mais le néo-retraité Tipsarevic a rapidement coupé court à cette séance d’auto-flagellation, bien conscient que ses coéquipiers avaient fait tout leur possible avec leurs armes du jour. "Certains m’ont adressé leurs excuses. Je ne les accepte pas car aucun d’entre eux ne m’a laissé tomber pendant mes 20 ans de carrière. Je ne suis pas d’accord avec Viktor (Troicki). Tu n’aurais pas ressenti ces émotions aujourd’hui si tu ne nous avais pas apporté ce dernier point victorieux à l’époque. Dans l’équipe, ils savent tous que je les considère comme des frères, et je voudrais les remercier de m’avoir accompagné toutes ces années", a-t-il conclu, aussi applaudi par les journalistes.

Djokovic a besoin de vacances

Quant à Djokovic, il broyait aussi du noir sous sa casquette. Après avoir cédé définitivement la place de numéro 1 mondial en 2019 à Rafael Nadal au Masters, il a vu son dernier objectif de la saison lui filer sous le nez. Pas d’humeur à rentrer à nouveau dans le débat du nouveau format de la Coupe Davis, il a limité ses réponses, frustré d’achever ainsi sa saison. "Je suis épuisé et prêt à prendre des vacances", a-t-il glissé.
Quant à ses mots de consolation pour son coéquipier Troicki sur le court, il a préféré les garder pour lui. Si elle a peut-être perdu une grande partie de sa substance cette semaine, la Coupe Davis est donc encore capable de générer des émotions. Les Serbes, en tout cas, n’ont pas fait semblant. Voilà peut-être une raison de lui redonner la place qu’elle mérite.
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