Gilles Simon a des choses à dire en cette fin d'année. Pour parler de son livre Ce sport qui rend fou, il nous avait accordé un grand entretien très riche voici quelques semaines. Et le natif de Nice s'est exprimé encore longuement dans le magazine L'Equipe publié vendredi. A cette occasion, il a évoqué son expérience mitigée de joueur en Coupe Davis où il a côtoyé trois capitaines : Guy Forget, Arnaud Clément et Yannick Noah. Tant et si bien qu'il s'est forgé une idée claire de la fonction qu'il aimerait d'ailleurs bien exercer à l'avenir.

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Simon a d'abord déploré certaines méthodes de gestion des hommes et des égos. "L'idée commune des capitaines que j'ai connus était de s'appuyer sur un leader. Tu as beau être plus fort ponctuellement que ce leader - Jo (Tsonga) en l'occurrence la plupart du temps, à qui il pouvait arriver de jouer blessé d'ailleurs - ou le dominer à l'entraînement, tu n'avais aucune chance d'être numéro 1 de l'équipe. Si j'étais capitaine, je crois que je tiendrais davantage compte des adversaires que de cette hiérarchie statutaire", a-t-il expliqué.

Gaël Monfils, Yannick Noah, Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon et Richard Gasquet en Coupe Davis

Crédit: Getty Images

Si j'étais capitaine, je me reposerais entièrement sur les joueurs de simple

Sans entrer dans des critiques personnelles, Simon n'a jamais ressenti de réelle osmose avec un de ses trois capitaines. Si ses relations étaient sans doute plus difficiles avec Guy Forget, dont il n'a jamais pu "gagner la confiance" selon ses propres termes, il lui a aussi fallu convaincre Arnaud Clément qu'il pouvait être plus qu'un "cinquième homme". Quant à Yannick Noah et son management "à l'instinct", "Prof" a aussi eu du mal à s'y faire, lui l'hyper rationnel.

Il s'est ainsi attaché à identifier des grands principes partagés par les trois hommes et qui pourraient s'avérer contre-productifs. En plus de la désignation d'un leader indépassable, Simon remet notamment en cause la place, excessive selon lui, accordée au double. "Je me reposerais entièrement sur les joueurs de simple. Car la deuxième idée très forte en France est qu'il nous faut le point du double. Or, le double, c'est un point sur cinq. Mais pour mes capitaines, c'était quasiment le point le plus important de la rencontre. Leur justification, c'était : 'On a toujours fait comme ça, pourquoi on s'y prendrait autrement ?'"

Voilà qui a le mérite d'être clair. Si la Coupe Davis fait partie de la culture du tennis français et qu'il s'y inscrit pleinement, Gilles Simon espère bien faire bouger les lignes. Il a en tout cas posé en quelques mots les fondations claires d'un éventuel futur mandat de capitaine : moins de statuts, plus d'analyse des styles de jeu et priorité au simple. A condition que la compétition ne se meure pas d'ici là à cause de sa réforme plutôt mal ficelée et de la crise du coronavirus...

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