Par Rémi BOURRIERES, Laurent VERGNE et Maxime BATTISTELLA
Retrouvez la 2e partie vendredi.

Djokovic va-t-il devenir le "Super n°1" ?

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IL Y A UNE HEURE
En cette année 2021, plusieurs records relatifs à la place de n°1 mondial sont à portée de fusil du Serbe. L'un d'entre eux, et pas des moindres, va tomber à coup sûr : celui du nombre de semaines totales passées sur le trône. Il est actuellement la propriété de Roger Federer (310 semaines) mais avec actuellement 302 semaines au compteur, Djokovic dépassera ce cap début mars. Et ce que quel que soit son résultat à l'Open d'Australie puisque le coronavirus a emmené l'ATP, rappelons-le, à modifier - temporairement - les règles de calcul du classement, désormais établi sur la base des résultats des 24 derniers mois (au lieu de 12). Avec la prise en compte seulement du meilleur résultat obtenu dans un même tournoi.
Ce nouveau système de calcul, en vigueur pour l'instant jusqu'à la 1re semaine de mars, ainsi que le gel des points qui avait été décrété entre mars et août 2020, ont fait évidemment les affaires de Djokovic, devenu n°1 pour la première fois il y a bientôt dix ans (en juillet 2011). Ils pourraient aussi le propulser plus haut dans la hiérarchie des joueurs restés n°1 le plus grand nombre de semaines consécutives : il est actuellement à 122, pas si loin d'Ivan Lendl (157) et de Jimmy Connors (160). En revanche, les 237 semaines d'affilée de Federer paraissent hors de portée.
Enfin, reste un autre enjeu de taille pour Djokovic : celui de finir pour la 7e fois une saison en qualité de n°1. Il serait ainsi le seul détenteur d'un record qu'il partage pour l'heure avec Pete Sampras. Mais là, on en est encore loin. Car même s'il bénéficie encore d'une bonne marge, Djokovic va devoir endiguer une meute de poursuivants enragés et s'il ne retrouve pas la confiance qui l'habitait jusqu'à – semble-t-il – sa disqualification à' l'US Open, ce sera compliqué, sinon hypothétique.
Mais, on l'aura compris, tout cela dépend aussi de la situation sanitaire et de son impact sur le calendrier 2021, dont le classement mondial est directement tributaire.

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Humbert et Ferro ont-ils l'étoffe de leaders ?

Complètement. Ils le sont déjà un peu, du reste. Fiona Ferro, qui a fini la saison 2020 à la 42e place, est d'ores et déjà n°1 française – certes une petite place devant Caroline Garcia – tandis qu'Ugo Humbert (31e) a été en fin de saison l'homme fort du tennis masculin français, même s'il n'en est encore " que " le n°3 derrière Gaël Monfils (11e) et Benoît Paire (28e).
Si la Niçoise comme le Messin ne sont pas du genre à rouler des mécaniques, reste qu'absolument rien, chez eux, ne semble limitant. Ni leur technique, ni leur discours et encore moins leur état d'esprit. Le tennis qu'ils ont pratiqué en fin de saison en France, à Roland-Garros pour Fiona (qui avait également remporté un titre à Palerme à la reprise en août), et au Rolex Paris Masters pour Ugo (qui venait de triompher à Anvers après avoir aussi remporté le tournoi d'Auckland en début de saison), est un tennis qui les rapproche des meilleurs du monde. Et même des tout meilleurs.

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Au-delà de ça, l'un et l'autre semblent avoir opéré ce déclic préalable à tout grand destin : celui de s'être complètement approprié leur projet. Dans les faits, cela s'est notamment traduit par une démarche proactive dans la recherche d'un nouvel entraîneur, Emmanuel Planque pour Fiona il y a désormais plus d'un an, et plus récemment Nicolas Copin pour Ugo au sein de la All In Academy.
Devenir leaders du tennis français, évidemment, cela ne dépend pas complètement d'eux. On en connait un certain nombre qui ont encore leur mot à dire. Du côté des garçons, Gaël Monfils, jusqu'à preuve de contraire, tient encore fermement la barre. Chez les filles, la bagarre pourrait encore faire rage avec Caroline Garcia, dont l'immense potentiel reste intact, mais aussi Alizé Cornet et Kristina Mladenovic.
Alors, si Ferro et Humbert ne prennent pas le leadership du tennis tricolore cette année, c'est parce que d'autres auront été plus forts. Mais assurément, pour eux, ce ne sera encore qu'une question de temps...

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Serena va-t-elle décrocher son 24e Majeur ?

Deux évidences :
1. Serena Williams est toujours compétitive.
2. Plus le temps passe, plus ses chances diminuent.
La légende vivante du tennis américain, et plus grande star du tennis féminin au XXIe siècle, fêtera ses 40 ans cette année, comme un certain Roger Federer. Il ne lui manque toujours qu'une "petite" victoire en Grand Chelem pour égaler le record absolu des 24 titres majeurs en simple de Margaret Court. Pour être clair, Serena n'a pas besoin de ça pour rester dans l'histoire. Quoi qu'il arrive, elle laissera une trace indélébile. Cette chasse aux records comprend une part de folklore mais, en bonne compétitrice, elle aimerait aussi gagner (ou en tout cas ne pas perdre) ce combat-là à travers le temps.
Williams a décroché son 23e Grand Chelem à l'Open d'Australie, en janvier 2017. Quatre ans maintenant. Cela commence à faire long. Depuis, onze joueuses différentes (Ostapenko, Muguruza, Stephens, Wozniacki, Halep, Kerber, Osaka, Barty, Andreescu, Kenin et Swiatek) ont décroché au moins un titre. Mais pas Serena. Si le circuit WTA peine à se trouver jusqu'ici une incontournable patronne, elles sont donc nombreuses (et souvent jeunes, voire très jeunes) à avoir mis au moins une fois dans le mille. Mais pas Serena. Tout cela n'incite pas au plus grand des optimismes quant à ses chances de décrocher cette fameuse 24e couronne.
Malgré tout, on parle d'une championne toujours capable, sur une quinzaine, de se surpasser et de constituer une menace. Elle était encore en demi-finales du dernier US Open. Si l'Américaine conserve une chance d'aller au bout, c'est sans doute à Wimbledon ou à l'US Open, où elle a joué, et perdu, quatre finales au total entre 2018 et 2019. Compétitrice hors normes, Serena Williams a toujours l'envie de jouer et, plus encore, le désir de gagner. Mais le temps joue contre elle.

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Thiem va-t-il aller encore plus haut ?

Dominic Thiem est le métronome de la progression. Année après année, l'Autrichien grimpe les échelons dans la hiérarchie. 2020, en dépit de tous ses soubresauts, a encore été une année à la hausse pour le natif de Wiener Neustadt, qui a décroché son premier titre majuscule lors de l'US Open, auquel sont venues se greffer deux finales en Australie et au Masters. 4e mondial fin 2019, il s'est désormais installé sur le podium. Le sommet n'est plus très loin. Est-ce pour 2021 ?
La tâche est immense. Devant lui subsistent deux géants, Novak Djokovic et Rafael Nadal, infernal duo trustant encore l'immense majorité des principaux titres du calendrier. La chance de Thiem, c'est de se trouver dans une fenêtre temporelle potentiellement très favorable. Il n'appartient ni au Big 3 ou Big 4 ni à la NextGen. Situé dans une sorte d'entre-deux, il tient peut-être à l'aube de ses 28 ans la chance de sa vie de s'imposer comme l'homme fort du circuit.
L'an passé, il aurait pu faire encore plus et mieux. A Melbourne, l'Autrichien peut regretter d'avoir laissé filer une finale largement à sa portée contre Djokovic. Idem à l'autre bout de la saison, contre Medvedev, en finale du Masters. Voilà ce qui le retient encore dans son ascension : il coince encore trop au moment de conclure. Même à Flushing, impérial durant la quinzaine, il est apparu tétanisé en finale face à Zverev. Heureusement pour lui, l'Allemand a fini par "choker" encore plus que lui.
Mais toutes les pièces du puzzle semblent en place pour Dominic Thiem. Désormais aussi costaud sur surface rapide que sur terre battue, il peut gagner à peu près partout à l'exception du gazon. Tennistiquement et physiquement, il atteint son apogée. Si Djokovic et Nadal baissent ne serait-ce qu'un tout petit peu la garde, il pourrait bien s'immiscer entre eux au classement, voire les surpasser tous les deux. En l'état, il est déjà capable de les regarder dans les yeux.

Dominic Thiem est désormais un vainqueur en Grand Chelem.

Crédit: Getty Images

Federer peut-il encore espérer un grand titre ?

Vaste question. Tout dépend d’abord de ce que l’on considère comme un grand titre. Parle-t-on d’un tournoi du Grand Chelem ? Des Jeux Olympiques ? Du Masters ? Ou d’un "simple" Masters 1000 ? Dans le premier cas, l’entreprise sera, convenons-en d’emblée, pour le moins ardue. A 39 printemps (40 le 8 août prochain), Roger Federer n’a plus les jambes de sa jeunesse, son genou droit le lui a rappelé, l’écartant du circuit pendant une année complète (au moins).
On ne le reverra sur un court au mieux que fin février-début mars, lui qui a joué son dernier match en demie de l’Open d’Australie 2020. A Melbourne justement, il sera le grand absent pour la bonne et simple raison qu’il ne s’y voyait pas vainqueur. Sa capacité à enchaîner les matches au meilleur des 5 sets est une grande interrogation désormais. D’ailleurs, le Bâlois reviendra-t-il ? Lui-même ne le sait peut-être pas, même si son agent a tenu à rassurer, expliquant que le bonhomme avait fait de gros progrès à l’entraînement en vue d’un retour qu’il espère flamboyant l’été prochain.

Roger Federer

Crédit: Getty Images

L’enchaînement Wimbledon-JO-US Open lui fait les yeux doux. En 2016, il avait d’ailleurs montré que même sur une jambe, il pouvait atteindre le dernier carré sur le gazon anglais (même constat en Australie l’an passé d’ailleurs). Mais de là à soulever le trophée, il y a un gouffre difficile à franchir face à Nadal et Djokovic, ainsi qu’à la montée en puissance de la jeune concurrence. L’objectif olympique de Tokyo sur un court dur rapide, idéal pour son tennis agressif, semble plus réaliste.
En 3 sets, Federer restera dangereux. Tennistiquement, il l’a prouvé en 2019 en gagnant notamment à Miami. Il n’y a aucune raison de penser qu’il n’en soit pas encore capable. Surtout que la motivation devrait être maximale car la fin approche inexorablement. Qui sait si 2021 ne sera pas son ultime tour de piste ? Et en amateur de symboles, quoi de mieux que de boucler la boucle avec une médaille d’or autour du cou, ou un 7e et dernier tournoi des Maîtres dans l’escarcelle ? Les ressources de son corps de futur quadra dessineront le champ des possibles. Car en lui, la flamme brûle toujours à n’en pas douter.

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