Dopage - La colère d’Halep, l’agacement de Kyrgios : la suspension de Swiatek ne passe pas
Par Glenn Ceillier
Mis à jour 29/11/2024 à 11:33 GMT+1
Après l'annonce du contrôle positif d'Iga Swiatek et sa suspension, certains sportifs sont montés au créneau pour dénoncer les différences de traitement en matière de dopage dans le monde du tennis. Alors que la Polonaise a été suspendue un petit mois, Simona Halep s'est insurgée en revenant sur son cas personnel alors que Denis Shapovalov et Nick Kyrgios n'ont pas été en reste.
Simona Halep après un match contre Iga Swiatek à Roland-Garros en 2020
Crédit: Getty Images
La suspension d'Iga Swiatek passe mal. L'Agence internationale pour l'intégrité du tennis (ITIA) a annoncé ce jeudi que la N.2 mondiale était suspendue un petit mois après avoir été contrôlée positive à une substance interdite, la trimétazidine. Et si l'ITIA a expliqué avoir entendu la défense de la quadruple lauréate de Roland-Garros et avoir considéré que "le degré de faute de la joueuse" était "le plus faible du spectre 'pas de faute significative ou de négligence'", dire que cette annonce fait des vagues est un doux euphémisme.
"Un mois d'interdiction, hum...", s'est étonné sur X le Canadien Denis Shapovalov avant de compléter son propos en réponse à un internaute. "Ça ne me semble pas juste que des joueurs comme Simona Halep et d'autres aient eu des bannissements très longs pour des choses similaires. Je suis heureux que les choses changent parce que les règles sur le dopage sont injustes. Mais des gars comme Ymer (ndlr : Mikael Ymer est suspendu 18 mois après avoir manqué trois tests antidopage), sont toujours suspendus alors qu'il n'a jamais été contrôlé positif".
Halep : "Pourquoi une telle différence de traitement"
Simona Halep a justement tenu à réagir après cette annonce. Et la Roumaine n'y est pas allée par quatre chemins. Très remontée, elle a publiquement critiqué l'indulgence accordée à la Polonaise. Car elle ne comprend pas une telle différence de traitement alors que de son côté, elle avait dans un premier temps été suspendue pour quatre ans par l'ITIA après avoir été contrôlée positive au roxadustat lors de l'US Open 2022. "Je me demande pourquoi une telle différence de traitement et de jugement ? Je ne trouve pas et je ne pense pas qu'il puisse y avoir une réponse logique", a déploré Halep sur son compte Instagram. "Il ne peut s'agir que de mauvaise volonté de la part de l'ITIA, l'organisation qui a tout fait pour me détruire malgré l'évidence. Elle a voulu à tout prix détruire les dernières années de ma carrière".
Titrée à Roland-Garros en 2018 et à Wimbledon en 2019, Simona Halep a certes vu le Tribunal arbitral du sport (TAS) réduire en mars 2024 sa sanction à neuf mois, ce qui lui a permis de revenir sur les courts. Mais celle qui est redescendue au 877e rang mondial ne digère pas d'avoir dû s'éloigner des terrains pendant si longtemps alors que d'autres sont plus épargnés. "J'ai souffert, je souffre et je souffrirai peut-être toujours de l'injustice qui m'a été faite. Comment est-il possible que dans des affaires identiques se déroulant à peu près au même moment, l'ITIA ait des approches complètement différentes à mon détriment, s'interroge la joueuse de 33 ans. J'ai perdu deux ans de ma carrière, j'ai perdu beaucoup de nuits blanches, de pensées, d'anxiété, de questions sans réponses... mais j'ai obtenu justice. Il s'est avéré qu'il s'agissait d'une contamination et que (l'anomalie de son) passeport biologique était une pure invention".
Si Halep est remontée, elle n'est cependant pas la seule. Car la mansuétude de l'organe antidopage envers Iga Swiatek ne passe clairement pas aux yeux de certains. Surtout que cela fait suite à l'affaire Jannik Sinner. Car si l'ITIA a estimé "la violation" de la réglementation "non intentionnelle" pour la Polonaise, le numéro 1 mondial avait lui plaidé avec succès auprès de l'ITIA la contamination accidentelle à cause d'un spray utilisé par un membre de son équipe. Et tout cela en agace plus d'un. "L'excuse que nous pouvons tous invoquer est que nous ne savions pas. Nous ne savions tout simplement pas. Les professionnels du sport de haut niveau peuvent désormais simplement dire 'nous ne savions pas", a ainsi lâché Nick Kyrgios, qui n'a eu de cesse de monter au créneau sur ce thème depuis l'annonce du blanchiment de l'Italien. Autant dire que ces affaires vont laisser des traces sur le circuit. Reste à savoir si cela peut faire évoluer les choses.
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