Libéré par sa victoire à Wimbledon, et si Jannik Sinner tentait maintenant le Grand Chelem des Masters 1000 ?
Par Laurent Vergne
Mis à jour 13/07/2026 à 20:59 GMT+2
Après sa victoire à Wimbledon dimanche, Jannik Sinner s'est libéré d'un poids : il aura au moins un titre majeur en 2026. L'Italien pourrait maintenant être tenté de se tourner vers un défi un peu fou : essayer de remporter les neuf Masters 1000 dans une même saison. Il a déjà remporté les cinq premiers. Mais aura-t-il la force, dès cet été, de mettre Montréal et Cincinnati à son programme ?
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Video credit: Eurosport
Il y a diverses façons de marquer l'histoire et, ma foi, celle-ci n'a encore jamais été explorée. Même si le Grand Chelem phagocyte à la fois l'essentiel de l'intérêt et de la portée légendaire de ce sport, ce qui est plus que jamais justifié alors que le format cinq sets est cantonné aux Majeurs (or, comme ne manque jamais de le rappeler Novak Djokovic, le Grand Chelem, c'est un autre sport), les Masters 1000 occupent tout de même une place non négligeable dans le paysage. Cette saison, ils ont été l'exclusive propriété de Jannik Sinner. Au point que l'on peut se demander si le numéro un mondial ne pourrait pas avoir dans l'idée de réussir une razzia historique.
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Il y a neuf Masters 1000 : Indian Wells puis Miami sur dur en mars, les trois rendez-vous terriens du printemps à Monte-Carlo, Madrid et Rome, à nouveau deux sur dur en Amérique du Nord en amont de l'US Open (le Canada et Cincinnati) puis les deux de l'automne à Shanghai et, enfin, Paris. Sinner a raflé la mise dans les cinq premiers, ce qui n'avait encore jamais été vu depuis la création de ce format de tournoi voilà plus de 35 ans. Peut-il enquiller les quatre derniers ? Techniquement et tennistiquement, sans aucun doute. Mais encore faut-il déjà tous les jouer...
Il y a une différence entre la situation du Canada l'an dernier et celle de cette année…
Le cœur de l'été est souvent le parent pauvre des 1000. Montréal (ou Toronto selon les années), surtout. Le premier gros tournoi après Wimbledon est souvent boudé par les meilleurs joueurs. L'an dernier, Jannik Sinner avait d'ailleurs zappé le Canada après sa victoire à Wimbledon. S'il récidive, sa quête du "Super 9" sera donc tuée dans l'œuf dès maintenant. "On ne pense pas encore à Montréal et Cincinnati pour le moment, a tempéré dimanche soir à Wimbledon Simone Vagnozzi, un des deux entraîneurs du numéro un mondial. On va en parler ce soir (dimanche soir, NDLR), probablement demain (lundi) et nous verrons ce qui est décidé pour la programmation. Nous n'avons pas encore la réponse à cette question."
Le clan Sinner n'a aucune raison de se précipiter pour trancher, mais si le Trentinois opte pour une participation à la tournée nord-américaine, il devra se décider assez rapidement et se remettre au travail plus vite que prévu. Un élément pourrait jouer en sa faveur, ainsi que l'a souligné Darren Cahill, son autre coach : "Il y a une différence entre la situation du Canada l'an dernier et celle de cette année. L'an dernier, il n'y avait que deux semaines d'intervalle entre Wimbledon et Toronto. Le calendrier resserré rendait la tâche très difficile pour quiconque atteignait le dernier week-end de Wimbledon. Il fallait ensuite enchaîner et répondre présent pour le Canada."
Si on lit entre les lignes, on peut y déceler une certaine ouverture d'esprit dans le Team du numéro un mondial, même si ses dispositions de corps et d'esprit une fois la quinzaine de Wimbledon digérée seront déterminantes. Mais la tentation de cette quête un peu folle des neuf titres en Masters 1000 n'est pas à négliger. Ce genre d'opportunités ne se présentera peut-être qu'une fois dans sa carrière. C'est d'ailleurs la toute première fois qu'un joueur s'octroie les cinq premiers M1000 de la saison. Sinner a déjà fait plus de la moitié du chemin. Suffisant pour, a minima, se poser la question d'une adaptation de son calendrier.
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Déjà à un pas du record
D'autant plus que, désormais, Jannik Sinner a gagné un titre du Grand Chelem cette année. Il a la garantie de ne pas finir fanny. Bien sûr, pas question pour lui de sacrifier l'US Open, qui demeure LE grand objectif de la dernière partie de sa campagne 2026. Or, enchaîner Montréal et Cincinnati sera physiquement demandeur, avec le risque de payer l'addition un moment ou un autre à Flushing Meadows. Il n'est ainsi pas interdit de penser que le fait d'avoir enquillé Monte-Carlo, Madrid et Rome a pesé, au moins partiellement, sur ce qui lui est arrivé à Roland-Garros.
Tout dépendra donc de la valeur que le patron du circuit accorde à cet éventuel "Grand Chelem du 1000". Là encore, on peut se tourner vers Darren Cahill. "Les Masters 1000 sont incroyablement importants, a insisté l'Australien dimanche. Nous avons la ferme intention de veiller à le placer dans les meilleures conditions pour réussir. Mais toute l'équipe va se poser et voir quel calendrier convient le mieux."
La présence de Jannik Sinner à Montréal donnerait incontestablement un sel supplémentaire au rendez-vous québécois. Rappelons que, jusqu'ici, le plus grand nombre de titres en Masters 1000 dans une même saison s'élève à six. C'était Novak Djokovic, en 2015. Le Serbe avait réussi le Sunshine Double (Indian Wells – Miami), s'était imposé à Monte-Carlo et Rome, avant de boucler la saison en beauté à Shanghai et Bercy. Djokovic en avait également glané cinq en 2011, tout comme Rafael Nadal en 2013. Sinner n'est donc déjà plus qu'à une marche du record. Mais son formidable quintuplé initial lui a ouvert d'autres perspectives. Celles d'une page d'histoire, ni plus ni moins.
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