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Miami vintage : Hingis, le sacre historique d'une petite Reine

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Martina Hingis, reine de Miami en 1997.

Crédits Eurosport

ParRémi Bourrières
10/04/2020 à 10:04 | Mis à jour 10/04/2020 à 13:13

Coronavirus oblige, il n'y aura pas eu de tennis à Miami cette année. Cela nous laisse un peu de temps pour nous replonger dans les grandes heures du tournoi. Chaque jour, retour sur une page marquante ou un match inoubliable restés dans l'histoire du Masters 1000 floridien. Aujourd'hui, cap sur 1997 et le sacre de Martina Hingis, la plus jeune n°1 mondiale de l'histoire.

Martina Hingis – Venus Williams

Edition : 1997
Tour : Finale
Vainqueur : Martina Hingis (Suisse)
Adversaire : Venus Williams (Etats-Unis)
Score : 6-4, 6-2

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Avant même de poser un pied à Key Biscayne, Martina Hingis savait que ce tournoi serait, pour elle, historique. Elle était en effet assurée, à son issue, de détrôner Steffi Graf au sommet de la hiérarchie et de devenir ainsi la plus jeune n°1 mondiale de l'histoire, à 16 ans et 6 mois. En réalité, la passation de pouvoir, symbolique, avait eu lieu quelques semaines plus tôt, alors que l'immense championne allemande et sa virtuose soupirante devaient se rencontrer en finale du tournoi de Tokyo. Blessée au genou, Graf avait renoncé avant de s'absenter quelques semaines - elle tentera un retour au printemps mais devra finalement se faire opérer et manquera toute la fin de saison à partir de Roland-Garros -, perdant du même coup les points du titre qu'elle détenait à Miami, et laissant le champ libre à la jeune Suissesse.

Mais de toutes façons, Graf ou pas Graf, il apparaît inéluctable que Hingis serait tôt ou tard arrivée à ses fins. Ça n'était qu'une question de temps. Certes, le temps ainsi économisé était important, puisqu'il lui a permis de pulvériser le précédent record de Monica Seles, consacrée pour sa part n°1 mondiale à 17 ans et 3 mois en 1991. Mais on peut penser très fort que le record serait tombé malgré tout. Car en ce début d'année 1997, Martina marche sur l'eau, littéralement.

Records à la pelle

En arrivant à Miami, elle n'a toujours pas perdu un match de l'année, engrangeant quatre titres dont son premier en Grand Chelem, à l'Open d'Australie, face à Mary Pierce en finale. Sa dernière défaite ? C'était lors de la finale du Masters 96, face à (évidemment) Steffi Graf, en… cinq sets. Elle poussera sa série d'invincibilité jusqu'à la finale de Roland-Garros qu'elle perdra face à Iva Majoli. Eternelle maudite à Paris… Ce sera aussi sa seule défaite de l'année dans un Grand Chelem.

Au début du printemps, lorsqu'elle débarque en Floride, elle surfe sur la crête d'une ascension supersonique, pharaonique, et pour ainsi dire jamais vu. Pourtant, c'est peu dire que le tennis féminin en a connu, des phénomènes de précocité. Mais Hingis, dans ce domaine, est imbattable. Depuis toujours.

Parmi la liste (non exhaustive) de ses records : en 1991, elle a remporté les Petits As à 10 ans et demi ; en 1993, à Roland-Garros, elle est devenue la plus jeune joueuse à remporter un titre du Grand Chelem juniors, à 12 ans et 7 mois ; en 1996, à Wimbledon, elle est devenue la plus jeune joueuse de l'histoire à remporter un titre du Grand Chelem tout court, en l'occurrence le double dames, aux côtés d'Helena Sukova, à 15 ans et 9 mois ; et cette année 1997, à l'Open d'Australie, elle est devenue la plus jeune joueuse du XXè siècle à décrocher un titre du Grand Chelem en simple, à 16 ans et 117 jours. Seule la Britannique Lottie Dod avait fait mieux en s'imposant à Wimbledon à 15 ans en 1887. Mais bon…

Martina, 16 ans vs Venus, 16 ans...

A Miami, Hingis connaît un parcours pas forcément aisé, abandonnant trois sets en route face à la Canadienne Hy-Boulais au 1er tour, la Russe Likhovstseva en 8è et la regrettée Jana Novotna en demi-finales. Paradoxalement, son match le plus simple est celui qui était censé être le plus dur, en finale, contre Monica Seles, "découpée" en 43 minutes 6/2, 6/1. Ce n'est donc pas le match qui aura marqué le plus le tournoi de son accessit.

Le grand livre du tennis retient plutôt son affrontement au 3e tour face à une certaine Venus Williams, 16 ans comme elle. La jeune Américaine, pourtant du genre précoce elle aussi, n'était pas encore à un stade aussi avancée que Hingis puisqu'elle n'était alors que 110è mondiale. Mais elle avait déjà donné des signes de son talent immense notamment lors du tournoi précédent, à Indian Wells où, issue des qualifications, elle ne s'était inclinée qu'en quarts de finale face à Lindsay Davenport, au tie break du 3è set. Bref, quand Richard Williams présente sa fille comme la future n°1 mondiale, ils ne sont désormais plus très nombreux à le prendre pour un illuminé.

Hingis, en tout cas, prend la chose très au sérieux. Suffisamment pour assister au bord du court à la nouvelle performance de Venus, au tour précédent, contre Jennifer Capriati. L'alerte se confirme. Ce dimanche 23 mars 1997, le choc Venus Williams-Martina Hingis, premier d'une série qui en comptera 21 (11-10 pour la Suissesse), fait d'ailleurs pas mal de gros titres. Hingis est déjà une star, Venus un phénomène. Un phénomène qui n'a peur de rien, et qui le prouve lors d'un début de match brillant.

La N°1 la plus précoce

L'Américaine se détache 3-0, double break et l'on se prend à croire à un coup de tonnerre. Avant que Hingis ne mette un peu d'ordre dans la maison, pour s'imposer finalement 6/4, 6/2 en 1h09. "Je me suis simplement mise à la faire jouer, c'est tout, commente après coup la (virtuelle) n°1 mondiale, qui semble admirative tout autant qu'agacée par l'aplomb dont fait preuve Venus dans ses interviews. Elle a une immense confiance en elle, beaucoup plus que moi. Mais ce match, c'est moi qui l'ai gagné", glisse-t-elle avec son caractéristique sourire malicieux.

La Suissesse repartira de Miami en ayant passé le cap du million de dollars gagnés en trois mois, record absolu (à l'époque), hommes et femmes confondus. Ainsi qu'avec un record d'accession à la 1re place mondiale qui ne sera peut-être jamais battu, les restrictions d'accès aux tournois pour les joueuses mineures rendant la mission d'autant plus ardue. En clair, elle aura mis le monde du tennis à ses pieds… à part peut-être Venus Williams.

Dans un entretien à Tennis Magazine - dont elle fait la Une du numéro suivant, au "détriment" de Hingis -, lorsqu'on lui demande si Martina sera bien sa grande rivale dans les années à venir, l'Américaine répond avec son flegme habituel : "Peut-être… Jusqu'au moment où ma sœur arrivera sur le circuit." Personne n'a jamais impressionné une Williams, pas même la plus brillante étoile qu'ait jamais connue, peut-être, la galaxie du tennis féminin.

Venus Williams

Crédits Getty Images

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