Il a tourné la page depuis longtemps. Mais Novak Djokovic n'a évidemment pas oublié ses blessures et traumatismes d'enfance. Avant de devenir une star du tennis mondial, il a vécu la guerre en Serbie, bombardée par les forces de l'OTAN dans le cadre de la guerre du Kosovo en 1999. Lors d'un entretien accordé avant le confinement au journaliste américain Graham Bensinger (dans le cadre de l'émission "In Depth with Graham Bensinger"), le numéro 1 mondial a accepté de revenir sur ses années et les conséquences qu'elles ont eu dans sa construction personnelle et en tant qu'athlète.

"C’était une expérience horrible, évidemment. Particulièrement pour les enfants que nous étions, parce que nous ne comprenions pas pourquoi ça arrivait, pourquoi des avions nous survolaient et lâchaient des bombes. Mais au bout d’un mois, nous n’y réagissions même plus, nous nous étions habitués. (…) Nous avons eu de la chance, en tant que famille, de ne pas perdre quelqu’un qui soit très proche de nous, ce qui a été le cas pour beaucoup d’autres gens. C’est un niveau différent de souffrance que je peux pas imaginer ressentir", a d'abord témoigné Djokovic.

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"Je n'oublierai jamais ce qui s'est passé"

Malgré cette relative "chance" dans son malheur, le Serbe a, bien entendu, été durablement marqué par ces jours passés sous abris. Et il en a gardé des émotions négatives qu'il a néanmoins su utiliser sur le court en tant que jeune joueur professionnel. "A l’époque, j’étais encore en colère. Mais j’utilisais cette colère de façon à avoir du succès dans le tennis", a-t-il confié sans détours.

Mais avec le temps, les choses ont changé. "Je ne ressens plus ça désormais. Je n’oublierai jamais et beaucoup de gens n’oublieront jamais ce qui s’est passé. Mais en même temps, je ne pense pas que ce soit bon de s’enfermer dans ces sentiments de haine ou de colère parce que quelqu’un a détruit votre maison", a-t-il estimé. La guerre a donc, en quelque sorte, forgé son caractère de champion, mais un travail psychologique était essentiel à réaliser pour avancer dans la vie et dépasser cette épreuve.

Désormais motivé par l'objectif de s'arroger les records du nombre de titres en Grand Chelem et de semaines passées à la place de numéro 1 mondial, Djokovic a trouvé un équilibre familial propice à la performance et à son épanouissement personnel. Et pourquoi ne pas suivre l'exemple d'un de ses grands rivaux Roger Federer et jouer jusqu'à 40 ans ? "Je ne me fixe pas de limites. Je pense que les limites ne sont que des illusions de l’ego ou de l’esprit."

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