Serena Williams sera la grande absente du prochain Open d'Australie. Ce sera le troisième tournoi du Grand Chelem consécutif sans la légende américaine, qui avait déjà manqué l'US Open cette saison. "Ce n'est jamais une décision facile, mais je ne suis pas là où je dois en être, physiquement, pour concourir", a-t-elle expliqué le 8 décembre en annonçant son forfait. La légende américaine n'est plus apparue sur les courts depuis son abandon au premier tour de Wimbledon à la fin du mois de juin, contre Aliaksandra Sasnovich.
Alors qu'elle a fêté le 26 septembre dernier ses 40 ans, sa carrière s'écrit désormais en pointillés et il est légitime de se demander si sa quête d'un 24e titre majeur, après lequel elle court depuis maintenant bientôt cinq ans, relève aujourd'hui de la mission impossible. "Bien sûr, c'est toujours difficile de répondre de façon catégorique 'non' à 100%. Mais je commence à être convaincue que la quête qu'elle s'était fixée d'aller gagner encore des Grands Chelems, au moins un Grand Chelem, n'arrivera pas", nous explique Justine Hénin.
Au mois de janvier, cela fera cinq ans que la cadette des sœurs Williams n'a plus remporté de tournoi majeur. C'était en Australie, en 2017. Depuis, elle a disputé quatre autres finales, deux à Wimbledon, deux à l'US Open, puis une demie à Melbourne en février dernier. A chaque fois, elle a buté sur la dernière marche, ou l'avant-dernière. Le mythe d'une Williams invincible s'est peu à peu effrité.
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Le circuit n'a plus peur de Serena

"Ces opportunités sont passées et après, le temps passe, les jeunes joueuses commencent à s'imposer, relève Hénin. Il y a moins de peur vis-à-vis de Serena. C'est un peu ça, l'histoire de ces finales de Grand Chelem perdues. Elle a été en mesure plusieurs fois de le faire, elle n'y est pas arrivée parce qu'en face, il y a des filles qui y croient de plus en plus. On avait peur de Serena à l'époque et beaucoup de filles ont continué à avoir peur d'elle pendant des années. Aujourd'hui, ce n'est tout simplement plus le cas et certainement qu'elle le ressent."
Mais son palmarès monumental et cette chasse au record de Margaret Court, qui reste une petite unité devant elle avec 24 titres du Grand Chelem, ont sans doute injustement éclipsé les performances de Serena Williams à l'approche de la quarantaine. C'est en tout cas l'avis de son ancienne rivale qui, rappelons-le, est plus jeune que l'Américaine (Justine Hénin est née en 1982, Serena Williams en 1981).
"Qui peut se targuer d'avoir accompli ça, avec cette régularité, après être devenue maman ?, interroge la consultante d'Eurosport. Franchement, ce n'était pas gagné. Et malgré tout, on avait déjà presque un discours négatif aussi à son égard à ce moment-là, parce qu'elle était tellement habituée à gagner, à trouver des ressources incroyables."

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On peut se demander s'il y a encore la même niaque, la même envie
Reste que l'équation apparaît tout de même de plus en plus complexe pour Serena. "Elle m'a donné tellement de fil à retordre que j'ai encore envie de croire qu'elle est capable de tout, dit encore Justine Hénin. J'aimerais croire qu'elle peut encore gagner un Grand Chelem, mais il faut être lucide et réaliste. Elle avance dans le temps, elle prend de l'âge, il y a des jeunes joueuses qui sont très physiques. Je pense que ça va quand même devenir de plus en plus difficile, voire impossible maintenant pour Serena."
En réalité, la question, aujourd'hui, n'est plus de savoir si elle peut remporter à nouveau un grand titre, mais si elle reviendra sur les courts. Et si oui, à quel niveau, et avec quel seuil de motivation. "Peut-être qu'elle découvre une nouvelle vie aujourd'hui, et que cette vie après le tennis peut elle aussi être magnifique, rappelle l'ancienne numéro un mondiale. Alors, ça va dépendre de sa condition physique, évidemment, mais également de son envie ou non de faire les choses. On sent que son attitude sur le court a changé. Il y a moins de conviction, moins de confiance et on peut se demander s'il y a encore la même niaque, la même envie."
A l'instar d'un Roger Federer chez les hommes, l'essentiel pour Serena Williams est de savoir si elle sera en mesure de choisir sa sortie de scène, dont il faut souhaiter qu'elle soit à la hauteur de son extravagante carrière. Le reste apparaît de plus en plus hypothétique, voire utopique.

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