Laver Cup 2024 - Joao Fonseca, mini-crise de croissance, mais "hype" intacte

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Joao Fonseca est une des attractions de la Laver Cup cette année à San Francisco. Le jeune Brésilien de 19 sera le benjamin du week-end californien. Après un début d'année en fanfare, ses résultats ont été un peu en demi-teinte ces six derniers mois. Mais le potentiel reste intact et le pouvoir d'attraction du jeune Carioca toujours aussi fort. La preuve dans cette Laver Cup.

Joao Fonseca

Crédit: Getty Images

Il est fait pour ça. C'était un match comme il les aime. Joao Fonseca n'est pas seulement un crack en devenir. Au-delà du tennis pur, le Brésilien est un "matcheur". Il a ce goût du combat, indispensable pour réussir au plus haut niveau. Alors, le week-end dernier, il a savouré le duel contre la Grèce en Coupe Davis. Il a qualifié son pays pour l'édition 2026 en battant Stefanos Tsitsipas à Athènes, après une sacrée baston. Sous les yeux, en prime, d'un certain Novak Djokovic, présent dans les tribunes. "J'espère qu'il a aimé le spectacle, c'était un honneur de jouer devant lui", a souri le Carioca.
Sa carrière a décollé, son statut a changé, mais lui reste le même. Toujours ce mélange rafraichissant de candeur et de confiance. Comme s'il s'étonnait d'être de ce monde tout en s'y sentant à sa place. Sa victoire contre Tsitsipas, dans le contexte toujours particulier de la Coupe Davis, est tombée à pic car, mine de rien, la source s'est un peu tari ces derniers mois après l'euphorique période au carrefour de 2024 et 2025. Son sacre lors du Masters Next Gen, en battant Fils, Mensik ou Tien. Son coup d'éclat en Australie contre Rublev. Ses deux titres en challenger et son tout premier sur le grand circuit, à Buenos Aires. Tout ça à moins de 19 ans.
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Fonseca, hit machine et machine à gifles : les temps forts de son premier sacre en vidéo

Video credit: Eurosport

Ce n'est pas parce que vous avez été très fort très jeune que vous allez avoir une super carrière chez les pros
Joao Fonseca a déboulé comme une tornade avec, en prime, un charisme naturel et un jeu à décoiffer les sèches les plus gélifiées. Tout est allé vite, très vite, au point que l'on a pu se demander s'il était déjà prêt à titiller les plus grands sur les plus grandes scènes. La réponse n'a pas tardé à arriver et elle fut négative. Du Masters NextGen jusqu'à Miami au mois de mars, toutes compétitions confondues, Fonseca a gagné 27 matches sur 31. Depuis six mois, il est à 11-11, ses deux récents succès en Grèce lui ayant permis d'équilibrer son bilan sur cette période. On peut donc parler de petite crise de croissance. Elle est tout ce qu'il y a de plus normale et sans doute même était-elle nécessaire.
Le garçon sait aussi avoir du recul sur les choses et sur lui-même. En juillet, à Wimbledon, il avait évoqué cette période d'apprentissage. "La partie la plus difficile quand on découvre le circuit alors qu'on est encore adolescent ? Comprendre qu'il faut du temps pour acquérir l'expérience que les autres joueurs ont déjà, jugeait-il. Ce n'est pas parce que vous avez été très fort très jeune que vous allez avoir une super carrière chez les pros. Cela prend du temps de comprendre ça. L'aspect mental est différent. La façon de jouer des pros l'est aussi."
Joao Fonseca est en train d'apprendre et de comprendre. Plutôt rapidement. Voilà pourquoi nous ne sommes pas du tout inquiets pour lui. Il reprendra très vite sa marche en avant. Parce qu'au-delà de ses qualités tennistiques pures, il a soif d'apprendre et la faculté de comprendre et d'assimiler. C'est dans ce même état d'esprit qu'il aborde la Laver Cup. Avec le même plaisir simple de la découverte et, dans le même temps, l'envie d'en découdre.

La Laver Cup a besoin de lui et réciproquement

Sa présence à San Francisco a du sens. Il n'est peut-être "que" 42e mondial et sans grands résultats ces derniers mois, mais la Laver Cup a besoin de Fonseca. Il est dans l'ADN du rendez-vous façonné par Roger Federer de s'appuyer sur l'étoile montante de la discipline, surtout au cœur d'une "Team World" un peu en mal de "leveurs de foule" que ne sont ni Taylor Fritz ni Alex de Minaur, quand bien même ils appartiennent au Top 10. Fonseca fait donc du bien à la Laver Cup et réciproquement. "C'est une opportunité incroyable pour moi de côtoyer de grands joueurs, de grands capitaines, que ce soit à l'entraînement, en match, ou en dehors du court. La Laver Cup m'a beaucoup m'apprendre. Je sais que je vais adorer ça", dit-il.
À San Francisco, le Carioca, très entouré par les médias, ne veut pas seulement observer. Il veut jouer. Les simples. Et si possible, face au gratin du gratin. "J'adore affronter les meilleurs, a-t-il clamé devant la presse au Chase Center. Carlos (Alcaraz) ou Sascha (Zverev), ce serait super. Si Andre (Agassi, le capitaine de l'équipe Monde, NDLR) me choisit, pour me mettre contre qui que ce soit, je serai prêt. Je vais apporter une bonne 'vibe' et, je l'espère, jouer du grand tennis pour aider mon équipe à gagner le trophée".
Il est fait pour ça, oui, aucun doute. Il va s'épanouir dans ce contexte, comme en Coupe Davis, même si la nature des deux évènements diffère. "Quand on fait un sport individuel, les occasions de vivre des sensations collectives sont rares, donc il faut en profiter", dit-il. Ce ne sera pas sous les yeux de Djokovic mais de Federer, cette fois. Pas mal non plus. Après quoi, fort de ce qu'il espère une nouvelle expérience propice à la poursuite de son apprentissage, il repensera à nouveau à lui. Fonseca veut remettre le pied sur l'accélérateur. Avec des rêves de grandeur à l'horizon et un objectif à court terme, pour la fin de saison : "Je veux être tête de série à l'Open d'Australie." Actuellement 42e, son meilleur classement, il lui manque 10 places. Pas de quoi lui faire peur. Rien ne lui fait peur, de toute façon.
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51 coups gagnants en 3 sets : Fonseca a été phénoménal face à Rublev

Video credit: Eurosport


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