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Le tennis suédois de l'âge d'or à la crise

De l'âge d'or à la crise
Par Eurosport

Le 21/10/2012 à 22:35Mis à jour Le 22/10/2012 à 10:12

Dans la foulée de Bjorn Borg, l'homme qui a tout déclenché, le tennis suédois a vécu une ère dorée dans les années 80. Avant un lent mais irrémédiable déclin. Qu'il s'agisse de la Coupe Davis, des tournois du Grand Chelem ou du classement ATP, le contraste entre cet âge d'or et la période actuelle est saisissant.

GRAND CHELEM: ANNEES 80, EPOQUE DE REVE

Quatre joueurs suédois ont remporté au moins un titre du Grand Chelem dans l'ère Open. Bjorn Borg, Mats Wilander, Stefan Edberg et Thomas Johansson. Mais les trois premiers ont offert 24 de ses 25 victoires à leur pays. Celle de Johansson, en 2002, à l'Open d'Australie, avait constitué une colossale surprise. Avant cela, il n'avait jamais dépassé les quarts de finale dans un tournoi majeur. Après, il n'y est arrivé qu'une seule fois, atteignant les demi-finales à Wimbledon en 2005. Difficile, donc, de le placer dans la même catégorie que ses illustres aînés. On peut distinguer trois périodes dans le tennis suédois depuis 1970. La première se résume à un seul homme: Borg. Elle s'étend du milieu des années 70 à l'année 1981. A cette époque, la Suède, c'est Borg et personne d'autre. Mais en remportant onze titres du Grand Chelem, il a placé à lui seul son pays au sommet.

Vient ensuite l'ère des héritiers. Ce sont les années 80. La période dorée du tennis suédois. Borg y remporta ses trois derniers titres (Roland-Garros 1980 et 1981, Wimbledon 1980). Après quoi une formidable génération a pris la relève. Comme on peut le voir ci-dessous, la Suède va cumuler en dix ans pas moins de treize titres et dix finales majeures. Treize titres, c'est plus que les années 70, 90 et 2000 réunies. Idem pour les finales. Borg, Wilander et Edberg ont bien sûr été les principaux contributeurs, mais la densité de Suédois au plus haut niveau derrière ces trois monstres était significative. Mickael Pernfors (finaliste à Roland-Garros en 1986), Anders Jarryd (demi-finaliste à Wimbledon en 1985) ou encore Jonas Svensson (demi-finaliste à Paris en 1988) ont également apporté leur écot. Grâce à Edberg, la moisson est restée fructueuse dans la première moitié des années 90. Depuis la retraite de ce dernier, un seul titre, donc, et quatre finales (Enqvist, Norman, Söderling).

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COUPE DAVIS: AUCUNE FINALE DEPUIS 1998

Là encore, sacré contraste entre la période actuelle et les années 80 et 90. La Suède a remporté la Coupe Davis pour la première fois en 1975, avec Bjorn Borg en figure de proue. Mais la star était encore trop seul et jusqu'à la fin de sa carrière, les Suédois n'ont plus accédé à la finale. Mais à partir des années 80, l'émergence de la génération Wilander-Edberg, duo parfaitement secondé par les Jarryd, Nystrom, Sundstrom ou Pernfors, allait permettre aux Nordiques de devenir les terreurs de l'épreuve. De 1983 à 1998, la Suède a ainsi disputé pas moins de onze finales en seize éditions, remportant le Saladier d'Argent à six reprises. Depuis, plus rien. Pas la moindre finale et seulement deux petites demi-finales, en 2001 et 2007. Pire, la Suède a connu par deux fois les affres de la relégation. En 1999, la thèse de l'accident pouvait tenir. Mais en s'inclinant face à la Belgique en barrages le mois dernier, les Suédois se retrouvent à nouveau au purgatoire. Cette fois, la remontée pourrait prendre beaucoup plus de temps.

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CLASSEMENT ATP: LA DESCENTE AUX ENFERS

2012 restera comme la pire année jamais vécue par le tennis masculin suédois. Depuis la création du classement ATP en 1973, jamais le numéro un jaune et bleu n'avait été aussi mal classé. Bien sûr, l'absence prolongée de Robin Söderling pour des problèmes de santé explique en partie cette carence béante. Mais il était à ce point seul ces derniers temps que, sans lui, le vide abyssal du tennis suédois est apparu au grand jour. En près de quarante ans, jamais le numéro un suédois en fin de saison n'avait été plus mal classé que la 41e place. C'était Söderling, en 2007. Là, le "leader" national, Patrick Rosenholm, 24 ans, vient tout juste de revenir dans le... Top 400, grâce à sa victoire au premier tour à Stockholm contre Gaël Monfils. Sa toute première victoire sur le grand circuit.

De 1974 à 1997, le numéro un suédois en fin de saison a toujours été dans les dix premiers. Sur les quinze années suivantes, ce n'est arrivé que quatre fois. Un autre signe du déclin de cette grande nation. Aujourd'hui, 36 pays possèdent au moins un joueur parmi les cent premiers au classement ATP. Ce chiffre monte à plus de 70 si l'on prend en compte le Top 300. 70 pays, mais pas la Suède. Une fois encore, l'absence de Söderling change la donne. Mais, même s'il était là, derrière lui, il n'y a personne. Or on voit que pas moins de 20 pays possèdent au moins deux joueurs dans le Top 100.

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