Le destin d'un maître ?

Le destin d'un vainqueur de la Masters Cup ne s'invente pas. Il est logiquement tracé. Mais tenir ce trophée et convaincre l'année suivante est une autre paire de manches... Numéro 2 mondial, auteur d'une année "incroyable" selon ses propres mots, Roger F

Eurosport

Crédit: Eurosport

Gagner et convaincre, le défi
Depuis 1990, seuls Pete Sampras et Lleyton Hewitt ont assumé leur destin de "Grand Maître" l'année suivant leur triomphe à la Masters Cup. L'Américain, qui a été numéro 1 mondial non stop de 1993 à 1998, a gagné trois fois l'épreuve dans cette période en 1994, 1996 et 1997. (il a aussi soulevé le trophée en 1990 et 1999, donc cinq fois en tout). L'Australien, numéro 1 en 2001 et vainqueur en finale de Sébastien Grosjean, a également été sacré numéro 1 mondial l'année suivante.
En 2002, Hewitt, comme Gustavo Kuerten en 2000, était n°1 quand il a remporté le Masters, mais n'avait pas réussi à conserver sa place 12 mois plus tard. La barre est haute pour Roger Federer.
La ré-gu-la-ri-té
On le voit sur le palmarès, les tournois de fin d'année ne sont pas forcément révélateurs en terme de leadership du circuit. Y est sacrée avant tout : la régularité. Mis à part quelques exceptions - la domination outrageante de Sampras dans les années 90 en est une - ces tournois ont rarement été des objectifs assumés par les numéros 1 de chaque époque. Après les éprouvantes batailles des tournois du Grand Chelem, les joueurs se focalisent déjà sur le début de saison à venir et la nécessité d'aménager leur repos de fin d'année.
Le parcours du finaliste 2003 est éclairant. Frais, car absent du circuit depuis début septembre, Andre Agassi s'est hissé en finale sans pratiquer un tennis de rêve. Mais ce que l'on retiendra, ce sera sans conteste la régularité de ce joueur d'exception qui disputait et gagnait la finale du même tournoi il y a 13 ans, en 1990.
Croire en soi
Le caractère spécifique de ces joutes de fin d'année a également été mis en évidence cette année. Trois joueurs ont dominé la saison (nous distinguons Agassi du trio de tête car il n'a pas joué autant de matches), mais chacun à des périodes et des surfaces bien distinctes. En bout de course, la victoire ne se joue plus au mérite mais sur la résistance physique ou la chance.
Epuisé quand il est arrivé à Houston, après de piètres performances en tournois en octobre, Roger Federer a retrouvé son meilleur niveau de jeu. "C'était l'un de mes meilleurs matches cette saison, a apprécié le Suisse. Je suis très content de cette année et de ce tournoi. Vous avez toujours des hauts et des bas, mais cette saison a été pleine. C'est même une année incroyable pour moi. "
Cette Masters Cup est en somme "la cerise sur le gâteau" mais pas la meilleure part. Les trois joueurs phares de la saison n'ont eu de cesse de le répéter : être numéro 1 par intérim ne les intéressent pas. En 2004, il faudra convaincre sur la durée.
"J'ai mis du temps à me trouver, mais maintenant, je ne quitterai plus ce que j'ai rencontré au fond de moi", assurait Federer après sa victoire à Wimbledon. Une déclaration valable pour Ferrero à Roland-Garros et Roddick à Flushing Meadows.et que chacun a mis en pratique depuis : Ferrero en s'améliorant sur dur (victoire au Masters de Madrid), Roddick en enchaînant les victoires cet été et en devenant n°1 mondial, et enfin Federer en s'imposant avec la manière à Houston, face à la crème de la crème du tennis mondial, toutes générations confondues.
Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité