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Federer: "David le mérite"
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Publié 21/11/2005 à 09:30 GMT+1
Battu sur le fil en finale du Masters par David Nalbandian, Roger Federer a bouclé sur un revers une année absolument remarquable. Mais le Suisse, aussi digne dans la défaite qu'il peut être grand dans la victoire, n'en tire aucune amertume. Tant pis pour
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MASTERS CUP - FINALE
Fin de séries. En domptant Roger Federer en finale à Shanghai, David Nalbandian n'a pas seulement glané le premier grand titre de sa carrière. L'Argentin a également (légèrement) affaibli la sidérante ligne de stats du champion bâlois. Double tenant du titre, Federer n'avait plus perdu au Masters depuis 2002, soit 14 matches. Il restait également sur 24 finales gagnées de suite. Le dernier à l'avoir privé d'un titre sur la dernière marche était Jiri Novak, à Gstaad, en juillet 2003.
Autre glorieuse série désormais stoppée, celle des victoires consécutives en 2005. Depuis sa demi-finale perdue à Roland-Garros contre Rafael Nadal, le numéro un mondial avait aligné 35 succès de rang. Des chiffres qui permettent de mieux mesurer l'ampleur de l'exploit de Nalbandian. Federer a également raté l'occasion de signer le premier triplé au Masters depuis Ivan Lendl, dans les années 80 (de 85 à 87).
"Tous ces records me trottaient dans le tête"
Mais c'est évidemment un autre record que le Suisse visait dimanche. Des victoires majeures, en Grand Chelem, au Masters ou ailleurs, il en goûtera d'autres. Pas sûr, en revanche, qu'il retrouve une opportunité d'égaler le fabuleux bilan de John McEnroe datant de 1984. Cette année-là, l'Américain avait remporté 82 de ses 85 matches, établissant la plus belle saison de l'ère moderne. Federer en était à 81/84 avant sa défaite face à Nalbandian. Il bute donc sur une légende, d'un cheveu.
Tout cela, "Rodgeur" le savait. Comme il sait qu'il a perdu un peu plus qu'un simple match. "Tous ces records me trottaient dans la tête en arrivant ici, c'est donc normal que cela se termine comme cela. C'est juste dommage d'être passé si près ", note l'Helvète. "Ça a été une année absolument fantastique, malheureusement je n'ai pas pu gagner le dernier match. J'aurais dû gagner après avoir mené 2 sets à 0. Ça n'arrive pas tous les jours que je perde un match comme celui-là", avoue-t-il.
Battu en cinq sets après avoir remporté les deux premiers, Federer n'avait connu pareille mésaventure qu'une seule fois dans sa carrière, en finale de la Coupe Davis 2003, face à Lleyton Hewitt. Dans les deux cas, c'est physiquement que le patron du tennis mondial a coincé. En Australie, il avait payé une surcharge d'efforts. Cette fois, c'est le manque de compétition qui lui a été fatal. Bien plus que sa blessure au pied, son déficit d'endurance l'a laissé sans forces. "Ce n'était pas vraiment un problème de douleur, mais une grande fatigue", a-t-il confirmé.
"Jamais facile de jouer David"
Le mérite de son adversaire ne saurait cependant être négligé. Tactiquement, Nalbandian a longtemps posé un problème insurmontable à Federer. Mais depuis quatre matches, le Suisse l'avait surmonté. Reste qu'il n'est jamais franchement ravi de croiser la route de l'Argentin. "Ce n'est jamais facile de jouer David. Il est très solide, très constant", reprend le poulain de Tony Roche, avant d'admettre, beau joueur: "Il a complètement mérité sa victoire".
Roger Federer laisse donc derrière lui 2005 sur une quatrième et dernière défaite. Une misère. Dommage, simplement que deux d'entre elles soient intervenues en Grand Chelem, et une autre en finale du Masters (voir infographie). Malgré tout, chacun de ses revers relève pour l'instant de l'épiphénomène, et il n'y a aucune raison qu'il en aille différemment de celle-ci. Nalbandian fut d'ailleurs le premier à en convenir, lançant à sa glorieuse victime: "Ne t'en fais pas, Roger, des finales tu en joueras d'autres".
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