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Entre encéphalite et genèse de son service létal : les secrets du quadra Karlovic

Entre encéphalite et genèse de son service létal : les secrets du quadra Karlovic

Le 07/03/2019 à 17:13Mis à jour Le 07/03/2019 à 17:24

INDIAN WELLS – Ivo Karlovic franchit un nouveau cap symbolique dans le désert californien. Le Croate entre en lice contre Matthew Ebden à Indian Wells alors qu’il a fêté ses 40 ans la semaine dernière. Une longévité exceptionnelle qu’il doit à son jeu particulier, mais aussi paradoxalement à une maladie qui a failli lui coûter la vie.

Roger Federer a encore de la marge. Le Suisse qui vient de décrocher son 100e titre à un peu plus de 37 ans ferait presque figure de jeune premier face aux 40 ans d’Ivo Karlovic. Le Croate, qui arbore fièrement ses tempes grisonnantes et une 89e place mondiale tout à fait honorable, jouera jeudi son premier match professionnel en tant que quadragénaire contre l’Australien Matthew Ebden au premier tour d’Indian Wells. Et il ne compte pas s’arrêter là.

"Je me débrouille encore plutôt pas mal. Je suis juste heureux d’être encore capable de jouer au tennis à un haut niveau. A chaque fois que j’obtiens un bon résultat, on me compare à Connors et à Rosewall, et même si ce n’est que pour parler de longévité, je trouve que c’est plutôt cool. Je ne me sens pas plus faible ou plus lent qu’à 38 ans, alors pourquoi ne pas continuer ?", explique-t-il dans un texte publié sur le site de l’ATP le 28 février dernier, jour de son anniversaire.

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Son service lui permet de durer

Et pour cause, Karlovic a prouvé depuis le début d’année qu’il restait extrêmement compétitif, en témoignent sa finale à Pune en Inde – où il est devenu le joueur le plus âgé à participer à une finale depuis Ken Rosewall en 1977 à 43 ans – et son deuxième tour perdu au super tie-break du cinquième set face à Kei Nishikori lors de l’Open d’Australie. La suite a certes été moins brillante avec des défaites d’entrée à Montpellier, à New York et à Delray Beach, mais le vétéran croate reste redouté sur le circuit principalement à cause de son service auquel il peut donner tous les angles du haut de ses 2,11 mètres.

Une arme redoutable qu’il doit aussi à sa formation : "Quand j’étais jeune, après la guerre, jouer au tennis coûtait cher en Croatie, donc j’attendais le soir que les courts se vident pour m’entraîner. Mais il n’y avait personne avec qui jouer, donc tout ce que je pouvais faire, c’était servir encore et encore. Je pense que ça explique certaines choses", analyse-t-il. Ce fameux service canon lui permet de s’éviter bien des échanges et donc des courses en fond de court. Il se préserve ainsi physiquement, ce qui explique en partie sa longévité.

En 2013, il a frôlé la mort

Mais la carrière de "Docteur Ivo" comme on le surnomme aurait pu s’arrêter bien plus tôt, il y a six ans, un jour d’avril 2013. "Un matin au réveil, j’ai ressenti des picotements dans le bras droit. J’ai d’abord cru que c’était parce que j’avais dormi dans une mauvaise position. Mais ça n’a fait qu’empirer les heures passant. J’ai perdu toute sensation dans mon bras droit et ma capacité à parler. A la fin de la journée, je ne savais même plus mon nom où en quelle année on était", décrit l’intéressé qui s’est alors vu mourir.

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Une fois à l’hôpital, le diagnostic tombe : Karlovic souffre d’une encéphalite, une inflammation du cerveau. Les maux de tête sont insupportables, au point que le Croate estime même que la mort serait presque préférable. Mais il parvient à se soigner avec un objectif très précis. "Je savais qu’il me faudrait du temps pour récupérer complètement, mais j’étais sûr d’une chose : je n’allais pas terminer ma carrière de cette façon. Pas après tout ce que j’avais traversé. Je n’allais pas laisser la maladie me voler ma passion."

Six ans plus tard, et malgré une légère phase de démotivation la saison passée, le Croate est toujours sur le circuit, avec un plaisir non dissimulé. "Quand l’envie est là, tout devient plus facile : l’entraînement comme les voyages. C’est aussi plus facile de se battre sur le court. Il faut juste encore le vouloir, et c’est mon cas. Je n’en ai pas encore fini avec ce sport", conclut Karlovic. Matthew Ebden et les prochains joueurs qui croiseront sa route n’ont qu’à bien se tenir, "Docteur Ivo" en a encore sous le capot.

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