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Gunneswaran a bien mérité sa belle histoire

Gunneswaran a bien mérité sa belle histoire

Le 11/03/2019 à 08:47Mis à jour Le 11/03/2019 à 08:48

ATP INDIAN WELLS – En Californie, l’inattendu Prajnesh Gunneswaran s’est frayé un chemin jusqu’au 3e tour. L’Indien, qui n’avait gagné aucun match sur le circuit ATP depuis le début de l’année, vit une semaine de rêve qui l’a vu se qualifier pour le premier grand tableau de Masters 1000 de sa carrière à 29 ans, après des années de galère.

Il aurait pu, comme des milliers d’autres joueurs avant lui, passer toute sa carrière dans l’anonymat à batailler sur le circuit secondaire. Mais Prajnesh Gunneswaran a changé, au moins pour quelques semaines, son destin à Indian Wells. Après avoir intégré le top 100 début février, l’Indien a franchi plusieurs caps à pas de géant dans le désert californien. Qualifié pour la première fois depuis ses débuts professionnels pour un grand tableau en Masters 1000 à 29 ans, il a enregistré ensuite ses deux premières victoires de l’année 2019 dans un tournoi ATP.

Benoît Paire a fait les frais de cette éclosion tardive au premier tour. Et si le Français n’a clairement pas évolué à son meilleur niveau lors de ce match, Gunneswaran a montré au tour suivant qu’il ne devait pas seulement son succès à l’inconstance adverse. Il s’est ainsi permis d’éliminer l’un des hommes en forme de ce début de saison : le Géorgien Nikoloz Basilashvili qui a récemment intégré le top 20 à la 18e place mondiale. "C’était un match énorme, un de mes meilleurs sur le plan mental. Ce n’était pas facile, c’était serré, j’ai dû réussir à retrouver mon sang froid pour arracher le troisième set et la victoire", a-t-il réagi à l'issue de trois manches (6-4, 6-7, 7-6) et plus de deux heures et demie de combat.

Indian player Prajnesh Gunneswaran plays a shot during singles match against Uzbekistan's Sanjar Fayziev at the Davis Cup Asia Oceania group one tie match held between India and Uzbekistan at the Karnataka State Lawn Tennis Association (KSLTA) Stadium

Indian player Prajnesh Gunneswaran plays a shot during singles match against Uzbekistan's Sanjar Fayziev at the Davis Cup Asia Oceania group one tie match held between India and Uzbekistan at the Karnataka State Lawn Tennis Association (KSLTA) StadiumGetty Images

Un début de carrière gâché par les blessures

L’exploit de Gunneswaran est d’autant plus retentissant que l’Indien n’avait triomphé qu’à une seule reprise auparavant dans un tableau principal d’un tournoi ATP : c’était sur le gazon de Stuttgart contre Denis Shapovalov en juin dernier. En 2018, il a décroché ses deux premiers titres sur le circuit Challenger à Anning en Chine et à Bangalore en Inde. Sur sa lancée, le gaucher originaire de Chennai a réussi à sortir des qualifications de l’Open d’Australie en janvier dernier, avant de buter sur Frances Tiafoe au premier tour.

Si la courbe de ses résultats récents laissait donc penser que Gunneswaran allait percer un jour ou l’autre, comment expliquer un tel déclic à 29 ans ? L’Indien le doit avant tout à sa persévérance. Après avoir pratiqué le tennis un an aux États-Unis (Tennessee) dans le cadre universitaire, il s’est lancé en tant que professionnel en 2010 et a vite déchanté. La faute à une condition physique pour le moins précaire. Pendant quatre ans, il a souffert d'une série de fractures de fatigue aux genoux qui l’ont empêché de s’entraîner correctement et de progresser.

Un 3e tour original contre un fringant quadra

En 2015, Gunneswaran n’affichait ainsi aucun classement à l’ATP. Désemparé, il envisageait clairement de mettre un terme anticipé à sa carrière. "Mes parents m’ont convaincu de me donner une dernière chance, et c’est pour ça que j’en suis là aujourd’hui", confie d'ailleurs l’intéressé. Sa rencontre avec le préparateur physique Christian Bosse a fait le reste. "Il m’a concocté un bon programme d’entraînement en vélo, et ça m’a donné la caisse pour ensuite être capable de m’entraîner avec la bonne intensité."

Désormais numéro 1 indien, Gunneswaran vit enfin son rêve et aura rendez-vous lundi avec Ivo Karlovic et ses 2,11 mètres pour une place en huitièmes de finale. Le Croate, qui a lui aussi créé la surprise au tour précédent en sortant son compatriote Borna Coric, 12e joueur mondial, a établi un record de longévité, devenant le premier joueur de 40 ans à enregistrer une victoire (et même deux) en Masters 1000. L’histoire sera donc belle, quoi qu’il arrive, à l’issue de leur confrontation.

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