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Après sa victoire face à Nadal : Tsitsipas, toujours plus vite, toujours plus fort
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Publié 12/05/2019 à 12:55 GMT+2
MASTERS 1000 MADRID - Du haut de ses 20 ans, Stéfanos Tsitsipas s’est qualifié samedi pour la finale à Madrid en dominant dans un match au couteau le roi Rafael Nadal. Une preuve de plus que le Grec n’est pas fait du même bois que les autres. Une preuve de plus que, quel que soit le résultat de sa finale face à Novak Djokovic dimanche, il faut d’ores et déjà compter sur lui.
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"Je me souviens très bien de Rome l’année dernière. C’est le dernier match en qualifications que j’ai officiellement joué. Enfin je l’espère très fort". C’était il y a un an, presque jour pour jour. Le 13 mai dernier, Stéfanos Tsitsipas n’est encore qu’une jeune comète qui vient d’apparaître sur le circuit ATP. Après une sortie de route précoce à Madrid (1er tour face à Evgeny Donskoy), le jeune Grec de 19 ans doit se coltiner les qualifications à Rome pour intégrer le tableau principal. Elles doivent lui sembler bien loin aujourd’hui.
S’il fallait désigner le membre de la Next Gen qui a explosé sur la dernière année, pas besoin de chercher très loin. Il y a treize mois, avant Monte-Carlo, il pointait à la 71e place mondiale. Lundi, il sera, au pire, 7e mondial. En cas de victoire, il peut même être deuxième à la Race.
Il y a les chiffres mais il y a surtout les hommes. Car, à 20 ans, le protégé de Patrick Mouratoglou peut se targuer de présenter un CV digne d’un vieux briscard du circuit. Samedi, en dominant enfin un Rafael Nadal qui l’avait traumatisé en Australie, il est devenu le 25e joueur à s’offrir les scalps des trois membres du Big Three*. Et pas n’importe où.
C’est au meilleur des trois sets et à l’Open d’Australie - où Roger Federer dispose de six couronnes - que le Grec a fait plier son modèle suisse. C’est sur ciment, à Toronto, que Novak Djokovic a mordu la poussière là où il avait soulevé le trophée à quatre reprises. Et c’est enfin à Madrid, sur terre battue, que Nadal, vainqueur quatre fois dans la capitale espagnole, a pu constater que le jeune homme avait pris une nouvelle dimension samedi. Et ce, encore une fois, à 20 ans.
Le mental, l’autre grande force de Tsitsipas
C’est d’ailleurs à cet égard qu’il convient d’analyser sa performance encore bluffante de sérénité samedi. Oui, ce n’était peut-être le grand Rafa, lui-même ayant reconnu qu’il n’avait pas "suffisamment bien joué". Il n’empêche, résister au retour de l’Espagnol après la perte d’un second set et continuer à aller vers l’avant, sans jouer petit bras, avec des séquences au filet parfois ahurissantes de facilité, relève d’un caractère décidément bien trempé chez lui. Surtout face à un public acquis à la cause de son champion national.
"La discipline mentale et le fait d’être agressif et décisif dans les moments cruciaux a été la clé je pense, a reconnu un Tsitsipas aux anges en conférence de presse. Je devais prendre ces opportunités car Rafa est un combattant. Il ne vous donne aucun point et vous devez donner votre meilleur à chaque point".
Puis, au moment d’évoquer encore cette folle soirée madrilène, Tsitsipas s’est laissé aller : "Je dirais que c'est ma plus belle victoire et le match le plus difficile que j'ai connu jusque-là, a-t-il affirmé. Vous ne pouvez pas imaginer mon soulagement (de le battre après trois défaites en trois matches, NDLR).C'est incroyable. Je suis vraiment heureux d'avoir su surmonter ça et gérer ça mentalement. C'est encore plus spécial de le battre sur terre battue".
Mais l’euphorie ne doit surtout pas gagner le Grec. Car Tsitsipas va découvrir une loi que d'autres ont subi avant lui : un exploit face à un membre du Big Three en appelle quasiment toujours un autre dans la foulée. Après le roi Nadal, c’est donc le monstre sacré Novak Djokovic qui l’attend dimanche dans la Caja Magica.
Une autre paire de manches, un autre style aussi. "Je ne l’ai jamais joué sur terre donc je ne sais pas trop à quoi m’attendre, a reconnu le Grec au moment d’aborder la finale. Je vais essayer d’analyser sa façon de jouer sur terre. J’ai vu tellement de ses matches mais je vais quand même essayer de m’adapter le plus rapidement possible car je suis sûr qu’il est aussi dur à manœuvrer sur terre que sur dur".
Et, pour une fois, sa jeunesse peut être un point fort pour lui. Pas physiquement puisqu’il a également disputé le double samedi – une promesse tenue auprès de son compère Wesley Koolhof de jouer tous les Masters 1000 en double. Mais dans l’approche tactique du match. Lui l’attaquant, qui fonce parfois tête baissée, n’a aucune intention de se renier pour aller décrocher le plus beau titre de sa si jeune carrière.
"Je dois jouer de la même manière, a-t-il avancé, sur de ses armes si dévastatrices samedi. Je dois être préparé mentalement pour un énorme combat". Une baston qu’on espère mémorable. Car Madrid peut être une pierre de plus dans le jardin du Big Three et l’arrivée quasiment actée d’un challenger très sérieux aux victoires finales dans les plus grands tournois du monde. Le tout à 20 ans, oui. Dieu que les qualifications de Rome en 2018 semblent loin…
* Stat par Jeu, Set et Maths
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