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Miami vintage : La dernière épopée de "A-Rod"

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Andy Roddick

Crédits Getty Images

ParMaxime Battistella
29/03/2020 à 18:51 | Mis à jour 30/03/2020 à 20:04

MIAMI – Coronavirus oblige, il n'y aura pas de tennis à Miami cette année. Cela nous laisse un peu de temps pour nous replonger dans les grandes heures du tournoi. Chaque jour, retour sur une page marquante de l'histoire du Masters 1000 floridien. Cap ce lundi sur l'édition 2010 et le dernier grand titre d'Andy Roddick, tombeur notamment de Rafael Nadal dans une superbe demi-finale.

Andy Roddick – Rafael Nadal

Edition : 2010
Tour : Demi-finale
Vainqueur : Andy Roddick (Etats-Unis)
Adversaire : Rafael Nadal (Espagne)
Score : 4-6, 6-3, 6-3

Masters Miami

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C’est à Key Biscayne qu’Andy Roddick a écrit l’une des plus belles pages de sa carrière. Vainqueur de l’US Open en 2003, l’Américain aurait certainement pu rajouter quelques trophées en Majeurs à ses étagères s’il n’avait pas eu la malchance de ferrailler avec trois des plus grands joueurs de l’Histoire du tennis. En Masters 1000 aussi, le Texan a dû se contenter des miettes, mais son cinquième et dernier titre dans cette catégorie élitiste a le mérite d’être mémorable. Puisque pour aller le chercher, il a dû renverser l’un des trois ogres en demi-finale, un certain Rafael Nadal.

Avec son jeu explosif, sa puissance au service et en coup droit, Roddick avait incontestablement les armes pour laisser durablement son empreinte sur le circuit. Numéro 1 mondial à 21 ans dans le sillage de son unique titre du Grand Chelem à Flushing Meadows, il a néanmoins été l’une des principales victimes de l’éclosion de Roger Federer d’abord, et du ralentissement progressif des surfaces ensuite. De plus en plus neutralisé par des défenseurs de qualité, le Texan a donc dû repenser son tennis pour rester compétitif au plus haut niveau.

Andy Roddick à Miami en 2010

Crédits Getty Images

Grâce à Stefanki, Roddick a trouvé son second souffle

Et en ce mois de mars 2010, Roddick récolte les fruits de ce travail de fond, entrepris depuis plus d’un an avec son nouveau coach Larry Stefanki. Il faut dire qu’il ne s’est pas ménagé pour donner un second souffle à sa carrière. Lors de la préparation hivernale de la saison 2009, le natif d’Omaha, dans le Nebraska, a fondu, perdant pas moins de 7 kilos pour gagner en vitesse sur le court. Tactiquement, il a aussi bossé, apportant plus de variété à son arsenal avec un coup droit plus bombé, un slice de revers de plus en plus efficace et des progrès indéniables au filet.

En Grand Chelem cette année-là, l’Américain a d’ailleurs retrouvé les sommets. Et si Roger Federer était encore bien trop fort pour lui à Melbourne, quelques mois plus tard, c’est une autre histoire à Wimbledon. Dans une finale au suspense insoutenable, Roddick a bien cru toucher au but, mais un deuxième titre en Grand Chelem lui a finalement échappé d’un rien, 16-14 au cinquième set. Malgré la cruauté du résultat, la performance montre que Roddick, revenu brièvement dans le top 5 pendant l’été, est redevenu un des acteurs majeurs du circuit. Et le Texan le confirme début 2010, avec un titre d’entrée à Brisbane. Défait ensuite en quarts à Melbourne, il ne doute pas de son étoile et il a raison.

Devant le public américain, "A-Rod" s’éclate. Dans le sillage d’une finale à Indian Wells, il atteint aisément le dernier carré en Floride, profitant notamment des éliminations précoces d’Andy Murray, Novak Djokovic et Roger Federer. En revanche, le quatrième membre du "Big Four", Rafael Nadal, est lui bien là et se dresse face à lui de l’autre côté du filet dans le dernier carré. Débarrassé de ses trois grands rivaux, le Majorquin se voit offrir une chance peut-être unique de triompher enfin en Floride. Pas du genre à laisser passer ce type d’opportunité, il démarre le match pied au plancher, sa longueur de balle le protégeant de toute velléité adverse.

Rafael Nadal à Miami en 2010

Crédits Getty Images

Je devais tenter quelque chose qui le sorte de sa zone de confort, et ça a payé

Le break en poche dès le troisième jeu, Nadal martyrise comme à son habitude la balle avec son coup droit lasso si difficile à contrôler, et dicte le tempo depuis sa ligne de fond. Contre Roddick, qu’il a dominé lors de leurs trois dernières confrontations, et ce sur toutes les surfaces (gazon du Queen’s, dur d’Indian Wells et terre battue en Coupe Davis), il sait ce qu'il a à faire. Appliqué au service, le "Taureau de Manacor" enlève logiquement la première manche (4-6) et on voit mal, à ce rythme, ce qui pourrait bien l’empêcher de rallier la finale.

Mais, soutenu par ses fans, Roddick s’interdit de baisser les bras et cherche un moyen de rééquilibrer les débats. Obsédé par l’idée de ne pas faire de fautes, l’Américain en a oublié d’être percutant dans la première partie du match. Heureusement pour lui, il est suffisamment lucide pour s’en rendre compte et décide de changer son fusil d’épaule. "Je savais que je devais être plus agressif. Mon coup droit lourd ne marche pas contre lui, il fallait que je le frappe plus à plat, ce qui est plus risqué. Faire bouger la balle de droite à gauche et utiliser un peu le slice de revers, ça ne marche pas contre Rafa. Je devais tenter quelque chose qui le sorte au moins un petit peu de ça zone de confort, et ça a payé", confiera-t-il ensuite.

De plus en plus efficace sur son engagement (66 % de premières balles, 85 % de réussite derrière, 15 aces pour trois doubles fautes), Roddick peut davantage se concentrer sur sa relance. Et à 4-3 en sa faveur, il lâche les chevaux. Il s’engage dans toutes les secondes balles adverses, claque deux coups droits gagnants pour réaliser le break blanc, qu’il confirme dans la foulée avec une bombe à 230 km/h sur première pour remettre les compteurs à zéro (4-6, 6-3). Jusqu’ici assommé par la chaleur étouffante de l’après-midi, le public floridien s’enflamme pour son poulain. C’est le tournant du match.

Le zénith avant le crépuscule

Car après avoir écarté une occasion adverse sur son service, Roddick refait la différence dès le troisième jeu de l’ultime acte (4-6, 6-3, 2-1) et ne lâche plus sa proie. L’Américan réussit à protéger son engagement en variant les zones et en restant fidèle à une tactique très entreprenante, enchaînant régulièrement service-volée. "A un moment, je me suis assis sur ma chaise et je me suis dit : ‘Est-ce que ta seconde balle n’est pas ton meilleur coup d’approche contre lui ?’ Et j’ai estimé qu’il fallait tenter le coup", expliquera-t-il.

En pleine confiance, Roddick se permet même de conclure l’affaire sur un break. Privé de temps pour s'organiser, Nadal ne peut que reconnaître le coup de maître de son bourreau. "C’est un joueur déjà très agressif de nature. Mais il l’a encore été un peu plus dans le jeu où il a breaké dans le deuxième set. C’était un changement et une surprise pour moi." Comme à Indian Wells où il était tombé sous les coups d’Ivan Ljubicic dans le dernier carré, le Majorquin s’incline face au futur vainqueur du tournoi, mais il ne s’en inquiète guère. "Deux demi-finales d’affilée dans les deux premiers Masters 1000 de la saison, pour moi, c’est positif", estimera-t-il encore. La suite, avec trois titres en Grand Chelem entre autres, lui donnera plus que raison.

Quant à Roddick, toujours flamboyant au service, il maîtrisera Tomas Berdych (7-5, 6-4) en finale à Crandon Park, avant de voir son élan coupé. Atteint d’une mononucléose au printemps, le Texan ne parviendra pas à tenir le rythme de son meilleur début de saison en carrière (26 victoires pour 4 défaites et 2 titres jusqu’à Miami). En Grand Chelem, il atteindra une dernière fois les quarts de finale à l’US Open en 2011, avant de prendre sa retraite l’année suivante, toujours à Flushing. Avec le recul, ce sacre floridien a donc des allures de chant du cygne. Mais que sa mélodie fut douce à l’oreille.

Andy Roddick et Rafael Nadal à Miami en 2010

Crédits Getty Images

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