Pourquoi ce serait la plus belle de Monfils
Publié 30/07/2016 à 19:06 GMT+2
MASTERS 1000 TORONTO – Gaël Monfils défie Novak Djokovic dans la nuit de samedi à dimanche, pour une place en finale. Le Français traverse une période faste en cette fin juillet, mais battre le numéro un mondial relèverait vraiment de l'exploit. Pour au moins quatre raisons, cela serait même une victoire majuscule dans sa carrière.
Eurosport
Crédit: Eurosport
S'il gagne cette nuit, où placer cette victoire ?
Gaël Monfils compte peu de titres dans sa carrière (six en onze ans…), mais il a tout de même glané quelques victoires très significatives, y compris dans des tournois majeurs. Ses succès face à David Ferrer 8-6 au 5e set en huitième de finale de Roland-Garros en 2011, ou contre Andy Roddick, également à Paris, et déjà en huitième, deux ans plus tôt. Ou, en Masters 1000, ses victoires face à Roger Federer à Bercy en 2010, Shanghai en 2013 ou Monte-Carlo en 2015.
Puis il y a ce match tonitruant, toujours contre Federer, en finale de la Coupe Davis 2015, à Lille. Mais on pourra toujours arguer que le Bâlois n'était alors pas en mesure de défendre pleinement ses chances. Non, si Gaël Monfils parvient à dominer Novak Djokovic la nuit prochaine, et en fonction, évidemment, de la nature du match (si le Serbe abandonne au bout de trois jeux, l'éclat sera évidemment nul), il y a de bonnes chances pour que l'on puisse considérer cette victoire comme à part dans sa carrière en termes de prestige. La preuve, en quatre raisons :
1. Parce qu'il n'a jamais battu Djokovic
11 matches. 11 défaites. Pas besoin d'un dessin. Gaël Monfils n'y arrive pas contre Novak Djokovic. Dans sa carrière, le Français a battu Federer, Nadal, Murray, Roddick ou Ferrer, alors qu'ils étaient tous à ce moment-là dans le Top 5 mondial. Mais jamais il n'a été en mesure de prendre le dessus sur le Djoker.
Il l'a affronté en Grand Chelem, en Masters 1000, en Coupe Davis ou encore aux Jeux Olympiques, soit à peu près dans tous les contextes imaginables, et le résultat a toujours été le même. Les optimistes s'appuieront certes sur le fait que, lors de trois de leurs quatre derniers duels, le Français avait réussi à lui chaparder un set. A Toronto, en 2014, il l'avait même poussé au tie-break du troisième set. Mais c'est évidemment tout sauf un hasard si, en 11 matches et une décennie, Monfils n'a jamais trouvé la clé. Enfin, si, quand même. En 2004, lors d'un tournoi Futures, il avait battu Djokovic…
2. Parce qu'il n'a plus battu un numéro un mondial depuis 7 ans et demi
A l'échelle du tennis français, une victoire sur un numéro un mondial, c'est rare. Depuis l'instauration du classement ATP au début des années 70, les Français ne totalisent que 24 victoires sur le patron de l'élite du tennis masculin. Et sur les six dernières saisons, seul Jo-Wilfried Tsonga peut se targuer d'avoir réussi un tel exploit. Gaël Monfils a signé pour sa part un succès contre le numéro un mondial. C'était à Doha, en janvier 2009, face à un Rafael Nadal en phase de reprise, dans un tournoi relativement mineur. Surtout, c'était il y a sept ans et demi.
Depuis, la Monf' a battu quatre fois le numéro 2 (dont Roger Federer à trois reprises, la dernière l'an dernier à Monte-Carlo) mais plus jamais le numéro un. Bonne nouvelle pour lui quand même, Toronto est une terre favorable aux exploits tricolores. C'est ici, en 2014, il y a tout juste deux ans, que Jo-Wilfried Tsonga a signé la dernière victoire d'un Français contre le numéro un mondial. Face à Djokovic, déjà. Mais deux autres Français ont réussi pareille performance dans l'Ontario : Gilles Simon, en 2008, contre Roger Federer. Et Jérôme Golmard, en 1999, devant Andre Agassi.
3. Parce qu'il est sans doute usé physiquement
Gaël Monfils a signé la nuit dernière contre Milos Raonic sa 9e victoire consécutive. C'est tout simplement la meilleure série de sa carrière. C'est bon pour le moral et pour le classement ATP, mais de Washington à Toronto, Monfils a souvent joué sous le cagnard et par une forte chaleur et, forcément, ça finit par tirer sur les jambes. Le fait de jouer en nocturne est une bonne chose pour lui, mais battre Djokovic, c'est le défi ultime sur le plan physique aujourd'hui. Si combat il y a, et s'il dure, cela risque d'être un peu compliqué pour le Français, que l'on a parfois vu tirer la langue, par exemple contre David Goffin en huitième de finale.
4. Parce que Djokovic a besoin de rebondir
Même s'il vient de subir un gros accroc à Wimbledon en disparaissant dès le troisième tour, même s'il est apparu parfois erratique depuis le début de la semaine à Toronto, Novak Djokovic reste Novak Djokovic, c'est-à-dire la référence absolue et l'incontournable patron du circuit. Un Djokovic échaudé est par ailleurs d'autant plus dur à déboulonner. Même sans être à 100% de son expression tennistique, et même si, dans l'absolu, un Masters 1000 de plus ou de moins ne changera rien à sa carrière ni même à sa saison, le Serbe aimerait bien reprendre une série vertueuse et victorieuse au Canada, avant d'aborder les Jeux Olympiques et l'US Open, ses deux prochaines énormes échéances. Dans ce contexte, une victoire serait colossale pour Monfils.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité