Reprendre là où il s’était arrêté. C’est tout le défi qui se présente à Gaël Monfils. A l’instar de Rafael Nadal, le Parisien va enfin reprendre sa saison, plus de six mois après avoir disputé son dernier match. C’était à Dubaï, fin février. Plus précisément le 28 février dernier. Jour d’une demi-finale électrique face à Novak Djokovic qu’il avait failli enfin battre, obtenant même trois balles de match, avant de s’incliner en trois sets (2-6, 7-6, 6-1) pour la 17e fois en 17 confrontations.

Mais cette conclusion amère exceptée, le Parisien réalisait bien le meilleur début de saison de sa carrière avec deux tournois remportés (Montpellier, Rotterdam) et une 3e place à la Race (classement depuis le 1er janvier). Tant et si bien que l’intéressé parlait du top 5 comme d’un objectif assumé cette saison. Oui mais voilà, le coronavirus est passé par là, la Race a été supprimée – les 8 meilleurs à l’ATP se qualifieront pour le Masters maintenu à Londres – et les plans de Monfils ont été bouleversés.

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"J'ai bien bossé ces dernières semaines, donc je me sens confiant"

Confronté à l’inquiétude liée à la situation sanitaire et à un calendrier rafistolé en urgence, le 9e joueur mondial a dû faire des choix et a donc décidé de ne pas aller à Flushing Meadows. "C'est un calendrier qu'on a bâti avec mon équipe. On a trouvé ça dur d'enchaîner. Ceux qui ont bien joué à l'US Open ne viennent pas ici. Faire dur-terre-dur, c'est compliqué. J'ai plutôt voulu enchaîner terre-dur", a-t-il expliqué à L’Equipe.

Indéniablement, cette cassure dans la saison n’a pas joué à son avantage. Mais impatient d’en découdre, il n’en fait pas un drame. "Ça fait presque 7 mois que je n’ai pas fait de tournoi, que je n’ai pas eu cette adrénaline, ce sentiment de m’entraîner en vue d’un objectif. Ce sera un tournoi différent, c’est sûr. Mais je suis assez enthousiaste à l’idée de le jouer. J’ai connu un super début d’année. Je me sentais vraiment bien, fort. Il faut tout faire pour retrouver ces sensations et cet élan positif", a-t-il encore confié.

Pour ce faire, il a travaillé intensément sur terre battue pour se préparer au mieux à cette reprise, évidemment en duo avec sa compagne Elina Svitolina, numéro 6 mondiale. Il a également partagé des séances d’entraînement avec Stan Wawrinka et plus récemment encore, sur la terre battue romaine, avec le roi de l’ocre Rafael Nadal. De quoi se redonner de la pêche et de l’allant. "J’ai bien bossé ces dernières semaines donc je me sens confiant. Il n’y a pas de raison que je ne brille pas à nouveau."

Curieusement, Rome ne lui a (presque) jamais réussi

Pas de raison tennistique peut-être. Mais psychologiquement, l’adaptation au huis clos romain sera un véritable défi. Déjà impressionné par le stade vide du Foro Italico à l’entraînement, comment Monfils réagira-t-il en compétition ? Lui-même ne le sait pas. "Je vous répondrai dans quelques jours", a-t-il lâché, circonspect. Connu pour son sens du spectacle et sa faculté à se mettre le public dans la poche, le Français sera-t-il défavorisé à Rome ? Rien n’est moins sûr. Car public ou pas, il n’a jamais fait de miracle dans la capitale italienne, à l’exception d’une demi-finale perdue face à Rafael Nadal voici… 14 ans.

Souvent absent à Rome – il ne compte que 7 participations au tournoi –, il reste sur trois éliminations dès le 1er tour. Un manque de réussite, sur une surface où il s’épanouit pourtant, que lui-même ne s’explique pas. "Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas eu de très bons résultats ici par le passé. C’est très étrange. Je n’ai pas joué du grand tennis, mais j’espère bien changer ça cette année", a-t-il glissé, sourire en coin. Cette fois, Monfils démarrera d’ailleurs dès le 2e tour face à un adversaire à sa portée, l’Allemand Dominik Koepfer, 97e joueur mondial.

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Des retrouvailles contre Djoko en quart ?

S’il devra évidemment s’en méfier – Koepfer a battu Gilles Simon en qualifications et a surpris un Alex de Minaur pas vraiment à l’aise au 1er tour –, le numéro 1 tricolore devrait pouvoir se jauger et prendre quelques repères fondamentaux. "Je pense que mes deux premiers matches seront clés pour bien me relancer", a-t-il estimé. Une chose est sûre, le Parisien aborde cette fin de saison hors norme frais mentalement. "Ce confinement est mal tombé parce que je jouais très bien. Mais dans ma vie personnelle, c’était une nouvelle expérience d’être aussi longtemps à la maison. J’ai pu partager plus de choses, paradoxalement, avec les gens, essayer de faire plus attention autour de moi dans ces moments difficiles."

Avant de retrouver la Porte d’Auteuil qu’il aime tant et ses (quelques) spectateurs, il tentera donc d'atteindre un niveau de confiance, sinon comparable à celui du mois de février, du moins intéressant. S’il passe ce premier obstacle puis les huitièmes de finale contre le revenant Kei Nishikori ou le surprenant jeune Italien Lorenzo Musetti (tombeur de Wawrinka), d'éventuelles retrouvailles, qui seraient savoureuses à n’en pas douter, pourraient l'attendre contre Djokovic.

Mais gare à ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Car la priorité pour "La Monf’" est ailleurs : retrouver le plaisir et le rythme de la compétition. Bien occupé dans le monde virtuel par sa chaîne Twitch pendant le confinement, c’est enfin l’heure du retour à la réalité et au tennis. Qui plus est sur ocre, son terrain de jeu favori.

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