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Coric, le prodige qui décolle enfin

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Borna Coric

Crédit: Getty Images

ParCyril Morin
13/10/2018 à 19:56 | Mis à jour 14/10/2018 à 08:12
@cyrilmourinho

ATP SHANGHAI - Longtemps Coric a galéré à justifier son statut et soufflé le chaud et le froid sur le circuit. Mais, en 2018, les choses ont changé. Petit Coric est devenu grand. Tout comme ses performances.

Les promesses n'engagent que ceux qui y croient, c’est bien connu. Mais quand celles-ci se matérialisent plus vite que de raison, on a tendance à s’enflammer et attendre la suite avec appétit. Avec Borna Coric, les amateurs de tennis ont pourtant été rapidement mis à la diète. Jusqu’à cette saison, où le Croate prend enfin la dimension attendue de lui. Vainqueur sans complexe de Roger Federer samedi, il s’est offert sa première finale de Masters 1000 en carrière. Sans doute pas la dernière au regard des derniers mois.

Mais rembobinons le film. Parce que l’entrée était un régal. Dans la foulée de son titre en junior à l’US Open en 2013, Coric s’affirme très tôt comme l’un des prodiges du circuit à suivre. Gros serveur et coup droit de mammouth : les qualités sont évidentes et ont tout pour le pousser rapidement sur le devant de la scène.

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Encore plus quand il s’offre son premier coup d’éclat à Bâle en 2014. Face à un Rafael Nadal troisième joueur mondial – mais sous antibiotiques ce jour-là-, celui qui est alors 124e à l'ATP saoule l’Espagnol de coups droits ravageurs pour s’offrir une place dans le dernier carré, d’où il sera sorti par David Goffin.

Je stagnais entre la 40e et la 50e place depuis deux ans et demi

Il n’empêche, Coric attire les regards et se retrouve même auréolé du trophée de révélation de l’année en fin de saison. On pense que c’est le début du hit. A tort. Car la suite, c’est une succession de résultats en dents de scie et un relatif anonymat sur le circuit mondial. Oui, Coric est jeune. Mais Coric est surtout irrégulier. Capable de battre Murray, Nadal ou Thiem, mais pas de confirmer ensuite.

C’est simple, entre 2014 et 2017, il ne s’offre qu’un seul titre, un ATP 250 à Marrakech et deux finales, à Chennai et encore à Marrakech. Léger, tout comme son classement qui ne dépassera jamais la 33e place mondiale. Lundi, il sera, au pire, 13e mondial. Car, en 2018, tout a changé pour lui.

À Indian Wells, où il avait baissé pavillon face à Federer en demie, le jeune Croate de 21 ans avait donné les raisons de son retour en grâce : "Je stagnais entre la 40e et la 50e place depuis deux ans et demi, expliquait-il. J'avais besoin de changer quelque chose. Je peux me changer mais comme je ne peux pas me virer, j'ai changé toute mon équipe".

Celui qui confessait que les changements fréquents de coaches avaient endommagé son tennis a décidé de s’appuyer sur du solide. Managé par Ivan Ljubicic et coaché par Kristijan Schneider et Riccardo Piatti, l’homme qui avait remis Richard Gasquet sur pied et maximiser le potentiel de Milos Raonic, le Croate s’est repris. A gagné en constance pour finalement s’appuyer sur ses points forts. Un exemple ? Samedi, pour la première fois depuis 2015 et un match face à Ivo Karlovic, Federer ne s’est procuré aucune balle de break. Car Coric était imprenable.

11e à la Race

Comme sur toute cette semaine, ou presque, où il se sera offert Stan Wawrinka ou encore Juan Martin Del Potro, tombé sur abandon. Une confirmation de sa saison très solide. Si les Majeurs se refusent encore à lui – son meilleur résultat reste pour l'heure un 8e de finale, à l’US Open cette année -, Coric a pris un malin plaisir à briller en Masters 1000. Il y avait eu Indian Wells, bien sûr, comme le signe que son heure était venue.

Mais surtout son premier titre d’envergure, à Halle, face à… Federer, encore une fois. En 2018, il s’est aussi offert cinq joueurs du Top 10 (Pablo Carreno Busta, Kevin Anderson, Alexander Zverev, Juan Martin Del Potro et Roger Federer, à deux reprises). Preuve supplémentaire qu’il a changé de braquet pour pointer désormais à la 11e place à la Race.

Il y a aussi eu ce duel épique qui l’a transformé en héros national lors de la demi-finale de Coupe Davis face aux Etats-Unis. Un duel de 4h06 et cinq sets remporté avec maestria et des nerfs en acier. Pas forcément bon signe pour les Bleus…

Avant cette finale à Lille (du 23 au 25 novembre), c’est le Top 10 et un premier titre en Masters 1000 qui lui tend les bras. Bien sûr, l’obstacle Djokovic pourrait s’avérer trop difficile à franchir. Il n’empêche, étant donné sa semaine, tout peut arriver. "C’est vraiment quelque chose de spécial. Quand je suis arrivé ici, mon cou était tendu et je pensais presque à me retirer du tournoi, a-t-il admis dans un sourire ce samedi. Je ne jouais pas bien, je ne me sentais pas bien. Donc je ne savais pas trop comment les choses allaient tourner. Je me suis juste dit ‘tu n’as rien à perdre’". Et tout à gagner donc.

"Il n’y a rien de pire dans la vie que d’être ordinaire", peut-on lire sur son biceps droit. Ordinaire, il ne l’est clairement pas. Régulier, il l’est enfin devenu. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Aussi ceux qui les voient. Désormais, Coric a dressé le couvert. A lui de régaler pour le reste du repas. En espérant que cela soit un festin.

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