Mats Wilander : "Les circonstances ont privé Novak Djokovic de sa place de N°1"

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Dans un entretien accordé à Eurosport, Mats Wilander est revenu sur la performance de Novak Djokovic au Masters et sa saison dans sa globalité. Pour l'ex-champion suédois, Novak Djokovic est bien toujours le patron du circuit ATP, même s'il n'est "que" 5e mondial à l'issue de la saison 2022, car seule son interdiction de prendre part à certains tournois l'a empêché de rester sur le trône.

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Il a fait forte impression. En égalant Roger Federer avec un 6e titre au Masters et en finissant une saison 2022 particulière pour lui en boulet de canon, Novak Djokovic a rappelé à ceux qui l'auraient oublié que quand il était autorisé à jouer, il restait une force majeure sur le circuit à plus de 35 ans. Et même le meilleur joueur du monde pour beaucoup, y compris lui-même. Le fait que le Serbe finisse une 15e saison dans le Top 5, tout en ayant joué 11 tournois seulement, a ainsi marqué les esprits.
Mats Wilander, consultant à Eurosport, a été ainsi subjugué par la performance du "Djoker" à Turin. "Je suis parfois un peu surpris que les jeunes ne parviennent pas à le renverser. Mais je suis encore plus étonné par Novak. C'est fou ce qu'il est capable de faire sur un court de tennis, avec sa couverture de terrain, sa défense et surtout sa volonté de gagner même les 'petits matches', lui qui est peut-être le meilleur joueur de tous les temps. Il trouve toujours un moyen donner un sens à tout cela. Je suis si impressionné", confie-t-il.
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Djokovic reste le patron mais Alcaraz "mérite sa place" : le paradoxe de 2022

Vainqueur de 25 de ses 26 derniers matches en 2022 (hors Laver Cup) grâce à cette passion pour la compétition et cette motivation intacte, Djokovic est-il alors toujours le véritable patron ? "Oui, les circonstances l'ont privé de la place de numéro 1 mondial", n'hésite pas à répondre Wilander. Il faut dire que si les points de Wimbledon avaient été pris en compte, le Serbe serait le dauphin de Carlos Alcaraz pour 180 petits points. Or, le prodige espagnol a joué 7 épreuves de plus que lui cette année. Non-vacciné, "Nole" n'a pas pu (ou s'est privé de, selon le point de vue) participer à 6 épreuves majeures (deux tournois du Grand Chelem et quatre Masters 1000) où 8000 points étaient en jeu.
Reste que le tennis-fiction a ses limites et que Djokovic a une part de responsabilité dans ce qui lui est arrivé, comme il l'a lui-même admis. Ce débat n'a qu'une importance limitée et une chose est certaine : trois hommes auront vraiment marqué l'année. "Novak est clairement numéro 1 mondial pour quelques mois en tout cas en 2022, et c'était aussi le cas de Rafa (Nadal) qui a gagné l'Open d'Australie et Roland-Garros. Et Alcaraz l'a été aussi pour d'autres raisons. Il l'a été parce qu'il a amené beaucoup d'enthousiasme et aussi par sa faculté à gérer la pression qu'il s'est mis lui-même sur les épaules. Il devait gagner l'US Open pour être numéro 1 et il l'a fait. Donc je pense qu'il mérite de l'être", souligne Wilander.
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C'est tout le paradoxe de cette saison où il est très difficile de d'arbitrer entre Nadal, Djokovic et Alcaraz pour attribuer le titre officieux de joueur de l'année. Le Serbe est probablement encore le plus solide des trois, mais par sa progression fulgurante, son explosivité, sa régularité et sa capacité à battre les deux monstres coup sur coup lors d'un même tournoi (le premier à le faire sur terre battue à Madrid), le jeune Murcien a conquis le trône avec la manière. Et que dire de son aîné majorquin qui n'a perdu qu'un match (sur le court) en Grand Chelem en 2022 ?
Reste la conviction profonde chez Djokovic qu'il reste l'homme à battre, son atout probablement le plus précieux selon Wilander. "Je peux comprendre qu'il se sente le meilleur. J'ai eu aussi cette impression personnellement en 1988 et quelques mois en 1983. Mais il y a une zone grise entre être capable de supporter la pression de cette pensée et celle qui en découle : 'Je suis supposé gagner ces matches, je dois me dire que je suis numéro 1.' Je n'y suis jamais parvenu et c'est ce que Novak fait si bien. Tout comme Roger et Rafa bien sûr."
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