Bianca Andreescu a trouvé le temps long. "Ca fait vraiment longtemps", a souri la jeune Canadienne (20 ans) en conférence de presse vendredi, elle qui fut numéro 4 mondiale fin 2019 et sera tête de série N.8 à Melbourne. Pour Ashleigh Barty (24 ans), quasi sans discontinuer depuis juin 2019, année où elle a explosé au plus haut niveau en s'offrant Roland-Garros et le Masters, les retrouvailles avec la compétition ont eu lieu dès cette semaine. Elles sont réussies: l'Australienne est en finale d'un des tournois préparatoires au premier Grand Chelem de la saison, à Melbourne Park déjà, contre Garbine Muguruza.

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Avant ça, son dernier match datait de fin février 2020, à Doha. Ensuite, le Covid-19 a mis le tennis mondial à l'arrêt. Puis quand il s'est relancé au coeur de l'été, Barty a préféré la prudence et n'a pas quitté son île-continent, faute aussi de préparation adéquate. "Je n'ai pas vu Tiz" (son entraîneur Craig Tizzer) pendant six mois, de mars à octobre (les frontières entre Etats australiens étaient fermées, ndlr). Et quand il m'a rejoint à Brisbane, il a dû passer deux semaines en quarantaine. Il a fallu s'adapter", raconte-t-elle.

"Super année"

Barty ne retient toutefois que du positif de cette période inédite. Son pire souvenir ? "Rien du tout. Ca a été une super année, estime-t-elle. Bien sûr, j'aurais adoré jouer au tennis. Mais c'était ma décision. J'en ai profité pour passer du temps avec ma famille. Au niveau personnel, rien de mauvais ne m'est arrivé en 2020." "Ces deux-trois derniers mois, en voyant que l'été arrivait, j'étais impatiente de rejouer", reconnaît-elle néanmoins.

Barty en finale

Restée numéro 1 mondiale à la faveur d'un classement WTA adapté face à la crise sanitaire, se sent-elle parmi les favorites de l'Open d'Australie ? "Oui et non, répond Barty. Ne pas avoir joué l'année dernière peut avoir des conséquences, mais j'ai travaillé comme il le faut. Je me sens bien préparée et prête à jouer." Avant même le virus, c'est une déchirure au ménisque du genou gauche à l'automne 2019 qui a coupé Andreescu dans son élan. Son dernier match remonte au Masters 2019, au bout de la saison de sa révélation, avec un sacre à l'US Open dès sa première participation, aux dépens de Serena Williams. "J'ai été absente plus d'un an, je n'ai jamais connu un truc comme ça, la plupart des gens non plus d'ailleurs", résume-t-elle.

Inspirée de me revoir jouer

Quinze mois plus tard, la Canadienne a eu la malchance de voyager vers Melbourne à bord d'un des trois vols touchés par des cas de Covid-19. Ca lui a valu une quatorzaine sans la moindre autorisation de sortie, et de repousser d'une semaine de plus son grand retour, qu'elle prépare depuis cinq mois. Après "deux semaines sans entraînement, je ne voulais pas prendre le risque de n'avoir qu'un ou deux jours de préparation avant un tournoi. J'ai pu faire un peu de fitness, de "shadow tennis", mais ce n'est pas la même chose, explique-t-elle. Mais je suis en bonne santé, je suis prête."

Comment a-t-elle occupé sa quarantaine stricte ? "Beaucoup de Xbox, beaucoup de lecture, fixer le mur plusieurs minutes par jour aussi", décrit Andreescu. Mais pas seulement. "J'ai regardé certains de mes matches de 2019, et ça m'a replongée dans le même état d'esprit, ça m'a fait ressentir les mêmes choses. Ca m'a aidée à me remettre dedans. Ca m'a inspirée, de me revoir jouer, raconte-t-elle. Je n'aime pas faire ça normalement. Mais je pense que ça m'a fait du bien comme je n'ai pas joué depuis si longtemps. J'espère que ça va m'aider à rebondir plus vite."

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