Open d'Australie ? Daniil Medvedev a-t-il digéré sa défaite en finale contre Rafael Nadal ?
Par Laurent Vergne
Publié 08/12/2022 à 11:55 GMT+1
Une année solide pour l'immense majorité des joueurs mais décevante pour lui, Daniil Medvedev n'a pas connu le succès escompté en 2022, à l'image de sa frustrante défaite en finale de l'Open d'Australie contre Rafael Nadal en janvier dernier. S'en est-il vraiment relevé ? Même le Russe n'est pas certain de la réponse. Pour Eurosport, il revient sur cette finale et l'ensemble de sa saison.
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Dire que Daniil Medvedev a vécu une année mouvementée relève de l'euphémisme. Sur le court et en dehors. Côté pile, un recul dans la hiérarchie, même s'il est devenu numéro un mondial au cœur de l'hiver avant de passer une partie non négligeable de la saison sur le trône. Mais c'était davantage dû à ses performances exceptionnelles en 2021 et à sa bonne entame en 2022 qu'à ses résultats au fil des mois cette année. Côté face, une blessure au printemps et surtout les conséquences de la guerre russo-ukrainienne qui l'a privé de son drapeau et, surtout, de Wimbledon.
Mais au fond, tout cela n'était-il déjà pas scellé le 30 janvier dernier, lorsque le protégé de Gilles Cervara s'est incliné contre Rafael Nadal en finale de l'Open d'Australie. Ce jour-là, sur la Rod Laver Arena, Medvedev a raté l'occasion de remporter un deuxième Grand Chelem consécutif après l'US Open en septembre 2021. Il serait alors devenu le tout premier joueur dans l'histoire à gagner ses deux premiers Majeurs de façon consécutive. Étriller Nadal à Melbourne juste après avoir laminé Djokovic à New York, cela aurait eu de la gueule. Mais malgré le gain des deux premiers sets et trois balles de break dans le troisième acte, il a fini par plier sous la volonté nadalienne.
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Depuis "l'Australian", il n'a plus jamais vraiment été le même. Alors, est-ce cette défaite ? Les circonstances de celles-ci ? Son rapport conflictuel avec le public de Melbourne, qui ne l'avait pas ménagé ? Malgré le recul qui est le sien aujourd'hui, et alors qu'il reprendra l'avion pour les antipodes dans une dizaine de jours, Daniil Medvedev n'est pas capable d'apporter une réponse définitive.
"Je ne sais pas à quel point cette défaite m'a affecté et si elle m'affecte encore, je n'en ai aucune idée", a-t-il confié à Eurosport depuis Diriyah, en Arabie Saoudite, où il dispute une exhibition, la Diriyah Cup, en compagnie d'autres pointures du circuit (le tournoi est à suivre en direct sur Eurosport et l'application Eurosport). "J'ai l'impression d'avoir laissé ça loin derrière moi il y a longtemps, mais qui sait ? Peut-être qu'elle est encore là, au fond de moi, au plus profond," a-t-il ajouté. Comme une sorte de poids inconscient.
Pourtant, Medvedev le jure, il ne nourrit pas beaucoup de regrets sur cette finale. Enfin, là aussi, c'est un peu non, mais oui. Ou non mais peut-être un peu quand même : "C'est le genre de match que je ne me refais pas dans la tête parce que j'ai le sentiment qu'il (Nadal) a simplement trop bien joué. Il a vraiment été fort et de plus en plus au fur et à mesure du match. Oui, j'ai eu cette situation à 0-40 (dans le troisième set, NDLR), mais ce n'est pas là que je perds la finale. Donc tennistiquement, je n'étais pas déçu. Mais ça reste une défaite en finale en ayant mené deux sets à zéro. Donc ce n'était pas facile à digérer."
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Retour aux sources nécessaire
Au-delà de ce crève-cœur australien, c'est donc toute sa saison qui, pour des raisons diverses, s'est avérée compliquée. Beaucoup de joueurs aimeraient remporter deux tournois, jouer une finale de Grand Chelem, se qualifier pour le Masters et boucler un exercice avec plus de 70% de victoires (pour la quatrième année consécutive). Mais il n'est pas "beaucoup de joueurs". Il est Daniil Medvedev, avec un statut reconnu et des standards élevés.
En réalité, le plus Français des Moscovites est passé à une poignée de matches d'une saison exceptionnelle, à l'image de la finale de Melbourne, évidemment, ou de ses trois rencontres aux ATP Finals. A Turin, il a perdu 7-6 au troisième set trois rencontres qu'il aurait tout aussi bien pu gagner. La différence entre le très bon et l'excellence est ténue à ce niveau. Elle tient, par exemple, à un surcroît ou un déficit de confiance. A des choix, aussi. Medvedev nous explique avoir voulu apporter des changements à son jeu en 2022, pas toujours à bon escient selon lui. Alors il a opéré un retour aux sources :
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"J'ai changé mon jeu parce que j'ai eu l'impression que je devais retrouver ce qui marchait le mieux. Il y a eu une période cette saison où je me disais 'je dois être plus défensif, je suis trop agressif désormais et je sens que mes adversaires aiment ça'. Par exemple, je dirais que dans les deux matches contre Nick (Kyrgios, lors de ses deux défaites contre l'Australien au Masters 1000 de Montréal puis à l'US Open), j'ai été trop agressif. C'est compliqué d'être défensif contre lui parce qu'il sort beaucoup d'aces et ne laisse pas grand-chose, mais il a quand même des moments cette année où je ressentais ça et c'est pour ça que j'ai trouvé que je recommençais à jouer un peu mieux en fin de saison."
Daniil Medvedev est, sinon à la croisée des chemins, un peu entre deux eaux. Toujours jeune (27 ans en janvier prochain) mais plus vraiment NextGen. Toujours très compétitif mais un peu plus friable. En Australie, il faudra sans doute encore compter avec lui. Finaliste ces deux dernières années à Melbourne, il reste un des tout meilleurs joueurs du monde sur dur. Mais difficile de le voir en favori. Et ce n'est peut-être pas plus mal, à l'écouter.
"Carlos (Alcaraz) ne jouait pas tout à fait son meilleur tennis avant l'US Open, rappelle-t-il. Mais avec le talent et les capacités qu'il a, il était capable de le faire et il l'a fait. Je me vois un peu comme ça. Je sais que je peux jouer du bon tennis, que je peux battre tout le monde dans un bon jour. Et je sais que je suis capable de gagner un Grand Chelem parce que je l'ai déjà fait, et contre Novak." Ce n'est pas faux, mais pour que la croyance se transforme en réalité, Medvedev va devoir retrouver le visage dominateur et si sûr de lui qui était le sien jusqu'à cette finale de Melbourne contre Nadal. Enfin, jusqu'au milieu du troisième set...
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Daniil Medvedev a-t-il vraiment laissé derrière lui la finale de Melbourne contre Nadal ?
Crédit: Getty Images
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