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Tsonga a pris son temps

Tsonga a pris son temps
Par Eurosport

Le 25/01/2010 à 11:51Mis à jour

Jo-Wilfried Tsonga a remporté le premier match en cinq sets de sa carrière face à Nicolas Almagro au 4e tour de l'Open d'Australie (6-3, 6-4, 4-6, 6-7, 9-7). Le Français, 10e mondial, affrontera en quart de finale Novak Djokovic, facile vainqueur du Polonais Lukasz Kubot (6-1, 6-2, 7-5).

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OPEN D'AUSTRALIE - Huitièmes de finale messieurs

Jo- Wilfried Tsonga (FRA, 10) bat Nicolas Almagro (ESP, 26) 6-3, 6-4, 4-6, 6-7 (6/8), 9-7. Prochain adversaire : Djokovic.
Novak Djokovic (SER , 3) bat Lukasz Kubot (POL) 6-1, 6-2, 7-5

"Avec le coeur"... Poussé dans ces derniers retranchements par un infatigable Nicolas Almagro, Jo-Wilfried Tsonga a failli faire les frais d'un mental friable en huitièmes de finale de l'Open d'Australie. Supérieur dans les compartiments du jeu, le Français est sorti sans encombre de son premier match en cinq sets. L'essentiel est fait, mais pareils soubresauts sur le plan psychologique pourrait lui coûter cher et ce, dès les quarts de finale face à l'impeccable Novak Djokovic.

"Même si je n'ai pas fait exprès, c'est encore meilleur de gagner un match en cinq sets que de le gagner 6-2, 6-2, 6-2"... A la sortie du court, Jo-Wilfried Tsonga ne pouvait qu'apprécier les sensations qu'offre une victoire arrachée au bout du suspense au terme d'un véritable combat. Le numéro un tricolore n'aurait cependant jamais dû en arriver là, tant il a donné le sentiment d'évoluer dans une autre dimension pendant quasiment trois sets. Au cours des trois premiers actes, le protégé de Winogradsky a fait une véritable démonstration de jeu offensif. Porté par un service tonitruant, le numéro un tricolore a tout écrasé sur son passage, réduisant le pourtant coriace Nicolas Almagro au simple rôle de sparring-partner. Plus fort, plus rapide, plus puissant... Il n'y avait pas photo. Avec la bagatelle de 49 coups gagnants pour seulement 23 fautes directes dans les trois premiers sets, un succès aisé semblait lui tendre les bras.

Tsonga n'a cependant pas voulu s'en saisir. Alors que pourtant, le match se déroulait idéalement, qu'il donnait l'impression de ne pas évoluer dans la même catégorie que l'Espagnol, le Français a sans raison montré des signes de frustration. A trop rechercher la perfection, à trop s'énerver à la moindre erreur, le Manceau est sorti de son match. Il a lui-même remis Almagro dans le match en commettant une double-faute sur la seule balle de break que l'Ibère s'est offerte au cours des trois premières manches - une balle de break également balle de set.

Tsonga inconstant

Almagro n'en demandait pas tant. Au bord de la rupture au cours des trois premiers sets, la tête de série 26 a puisé dans les errements psychologiques de Tsonga des raisons de s'accrocher. Bien lui en a pris. Après avoir pris de plein fouet le rouleau compresseur made in Le Mans en début de match, l'Espagnol a su retrouver au fil des sets le niveau de jeu qu'il lui avait permis en 2008 de côtoyer le Top 10 (11e). Malgré un poignet gauche fracturé, l'homme de Murcie est monté en puissance pour prendre peu à peu la mesure de la puissance Tsonga, prenant même des allures de "tornade".

Porté par un taux de première balle surréaliste (80%) au cours de deux dernières manches, Almagro a revêtu le costume de patron. Grâce à son coup droit, il a su totalement inverser la tendance, à tel point qu'il peut nourrir de légitimes regrets de ne pas avoir su convertir une seule de ses trois balles de break dans le cinquième set. Un ton au-dessus, il n'a pas su mettre à genoux Tsonga. Un Tsonga qui n'a jamais craqué sous la pression. Souvent à la limite, le numéro un français n'a jamais hésité dans le "money-time" à se montrer encore plus agressif. Des velléités offensives (15 montées victorieuses sur 19 dans le 5e set) qui l'ont sauvé et lui permettent de se hisser pour la troisième fois consécutives en quart de finale de la première levée du Grand Chelem. "Celui-là, je suis allé le chercher, je suis allé au bout de moi-même", a reconnu le Français à l'issue du match. "Peut mieux faire", serait-on cependant en droit de penser. C'est presque encourageant.

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