En arrivant à Melbourne, il y a quelques jours, Arnaud Boetsch, désormais en charge du sponsoring d’un célèbre horloger suisse, avait une première obligation : rencontrer Li Na (Na est son prénom) et lui faire signer le contrat qui doit désormais la lier à la marque. Li Na était alors encore loin de cette première finale du Grand Chelem qu’elle disputera, samedi, contre Kim Clijsters. Il est clair que l’ancien vainqueur de la Coupe Davis a eu du nez et qu’il a fait une (très) bonne affaire.

En devenant la première Chinoise (et Asiatique, hommes et femmes confondus) à se qualifier pour la finale d’un tournoi majeur, Li Na a ouvert, pour le tennis, des perspectives de développement dont il est difficile d’anticiper l’ampleur. Economiquement, face au marché gigantesque que représente l’Empire du Milieu, ce résultat suscite toutes les convoitises à commencer par celles du WTA Tour à la recherche de nouveaux territoires prêts à investir sur son avenir, à l’image du Masters qui s’est déroulé au Qatar et qui migre désormais vers la Turquie.

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L'exemple russe

Comme Li Na l’a souligné elle-même, il sera également intéressant de voir si sa belle aventure australienne, a fortiori si elle s’impose, donnera envie aux Chinois de marcher dans ses pas en suscitant des vocations auprès des plus jeunes. Dans le passé, la Russie a été capable de capitaliser sur les résultats de ses premières très bonnes joueuses, à commencer par la glamoureuse Anna Kournikova dont la bonne fortune a aiguisé les appétits. Ce fut ensuite une déferlante venue de Moscou. Voir la Chine atteindre une finale d’un tournoi féminin du Grand Chelem n’est pas réellement une surprise tant ses joueuses ont investi le WTA Tour depuis une bonne dizaine d’années déjà dans l’optique, alors, de bien figurer aux Jeux Olympiques de Pékin. En double, elles ont déjà trouvé leur place dans les palmarès des tournois majeurs. Deux Open d’Australie sont ainsi tombés dans leur escarcelle : en 2006 avec Yan Zi et Zheng Jie et en 2008 avec Sun Tian-Tian.

A 28 ans et 11 mois, Li Na n’est pas une nouvelle venue ou une inconnue. A Melbourne, elle est même la finaliste la plus âgée depuis Chris Evert en 1988. Depuis quelques années, elle a été pratiquement la première Chinoise en tout : première Chinoise à atteindre les quarts de finale dans le Grand Chelem (Wimbledon 2006), première à entrer dans le Top 10 (elle est actuellement 11e). Seule Zheng Jie lui a brûlé la politesse en étant la première demi-finaliste dans une épreuve majeure, à Wimbledon en 2008. En 2010, Li et Zheng étaient déjà toutes les deux demi-finalistes à l’Open d’Australie.

Et les messieurs, alors?

La Chine a toujours été performante raquette en main (tennis de table, badminton), mais elle s’est éveillée tardivement au tennis. Li Na a d’ailleurs raconté qu’elle avait commencé, enfant, par le badminton, avant qu’une personne ne vienne lui dire qu’elle avait du talent pour jouer au tennis. « Au quoi ? », avait-elle répondu, ignorant tout de cette discipline comme des centaines de millions de ses compatriotes. En retrouvant sa place au sein de la famille olympique, en 1988, le tennis s’est ouvert à d’autres nations et c’est à partir de cette période que la Chine a commencé à s’intéresser à la question d’un investissement dans un sport qui a pris un essor relatif une dizaine d’années plus tard en recrutant certains entraîneurs étrangers. Il y a peu, le Français Guillaume Peyre, l’actuel coach de Marcos Baghdatis, et le Suédois Thomas Hogstedt, conseiller de Maria Sharapova, encadraient encore des joueuses chinoises sur le circuit.

Mais autant les filles ont percé, autant les garçons sont restés dans les starting-blocks. Le Chinois le mieux classé est Zhang Ze, 317e à l’ATP. "Peut-être que les hommes chinois n’ont pas la bonne mentalité pour ce sport, a tenté d’expliquer Li Na. Ils se disent qu’ils sont 300e et que c’est bien, mais ce n’est pas bien." Signe probablement d’une difficulté pour le tennis à s’ancrer dans la culture sportive chinoise. Mais il ne faudrait pas croire non plus que les joueuses chinoises sont devenues fortes parce qu’il aurait été exigé, par le pouvoir sportif, qu’elles le deviennent. L’indomptable Na Li, qui a quitté le système pendant deux ans pour reprendre des études et épouser son mari devenu son coach, a mené sa vie comme elle l’entendait. A la voir blaguer constamment en conférence de presse, comme lorsqu’elle raconte ses nuits agitées auprès de son mari ronfleur, il est évident qu’elle est une femme résolument libre depuis longtemps.

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