Par Maxime BATTISTELLA, Rémi BOURRIERES et Laurent VERGNE
Open d'Australie
L'intégrale du Commissioner McEnroe
29/01/2018 À 14:05

30. Na Li - Venus Williams

Edition : 2010
Quart de finale
Vainqueur : Li Na (Chine)
Adversaire : Venus Williams (Etats-Unis)
Score : 2-6, 7-6, 7-5
Tout Melbourne salive déjà à l'idée d'une demi-finale 100% Williams pour un choc entre les deux soeurs les plus célèbres du sport mondial. Mais si Serena va s'en sortir au forceps contre Vika Azarenka (voir notre premier volet, lundi), Venus, elle, ne survit pas à son quart de finale contre Li Na. Ce n'est pas faute d'y avoir eu sa chance. Pendant un set et demi, Williams signe un cavalier seul et mène 6-2, 5-3.
Pourtant, elle apparait crispée, comme si elle pressentait la catastrophe à venir. La Chinoise va débreaker, recoller, et aller chercher ce set au tie-break. Venus aurait dû gagner en deux. Elle aurait pu gagner en trois. Dans la dernière manche, elle breake la première pour mener 3-1. Mais une fois encore, elle coince. L'Américaine termine avec 58 fautes directes et la désagréable impression de s'être autodétruite. Li Na, elle, séduit le public de Melbourne. Interviewée sur le court, elle chambre son mari, présent dans les tribunes, et taquine son coach, Thomas Hogstedt : "C'est un gars bien, même s'il parle un peu trop parfois..."

29. Lindsay Davenport - Nathalie Dechy

Edition : 2005
Demi-finale
Vainqueur : Lindsay Davenport (Etats-Unis)
Adversaire : Nathalie Dechy (France)
Score : 2-6, 7-6(5), 6-4
Nathalie Dechy n'a jamais atteint une finale de Grand Chelem ni battu Lindsay Davenport. Mais il s'en faut d'un rien - deux petits points – pour qu'elle réussisse simultanément l'un et l'autre lors de cette année 2005. Un an avant le sacre de sa grande amie Amélie Mauresmo, " Nath' ", 25 ans et 25e mondiale, joue un tournoi et un match fantastiques contre la n°1 mondiale. Elle frôle l'exploit monumental dans le tie-break du 2e set où elle mène 4-2 puis 5-4. Mais elle flanche un peu à ce moment-là et finit par concéder ce tie break sur une double faute. La faute aussi à l'Américaine qui a magnifiquement serré le jeu. "Je suis vraiment déçue et en même temps fière de mon match", déclarera la Nordiste.

28. Serena Williams - Venus Williams

Edition : 2003
Finale
Vainqueur : Serena Williams (Etats-Unis)
Adversaire : Venus Williams (Etats-Unis)
Score : 7-6, 3-6, 6-4
Le 4 à la suite, et plutôt deux fois qu’une. Réunies pour la 4e fois consécutive en finale de Grand Chelem (entre Roland-Garros 2002 et cet Open d’Australie), les sœurs Williams imposent alors une domination commune inédite à leur sport. Et pour la quatrième fois encore, c’est la cadette qui prend le dessus, validant le "Serena Slam" (Grand Chelem à cheval sur deux saisons) et devenant la première joueuse à le faire depuis Steffi Graf en 1994.
Mais contrairement à leurs trois précédentes joutes, Venus a eu sa chance cette fois : elle a servi pour le 1er set avant de le perdre au tie-break et a rivalisé jusqu’à 4 partout dans la dernière manche. Inégale sur le plan du jeu, cette première finale sous un toit à Melbourne à cause de la chaleur extrême (42°C) compense par sa tension, son suspense haletant et la violence de certains échanges.

27. Steffi Graf - Arantxa Sanchez

Edition : 1994
Finale
Vainqueur : Steffi Graf (Allemagne)
Adversaire : Arantxa Sanchez (Espagne)
Score : 6-0, 6-2
"Ce n'était pas mon jour". Arantxa Sanchez Vicario, avec un sens certain de l'euphémisme, a plutôt bien résumé sa finale. Après un quart d'heure de jeu, Steffi Graf compte déjà deux breaks d'avance. Neuf minutes plus tard, elle a plié le set sans perdre un jeu, en n'ayant laissé que douze points à son adversaire. En 57 minutes, Graf remporte cette finale à sens unique. C'est son quatrième titre du Grand Chelem consécutif. Elle profite à fond de l'absence de Monica Seles, attaquée au couteau en plein match en mai 1993. Depuis, Steffi roule à nouveau sur le circuit. Pourtant, Sanchez, si elle ne comptait que cinq victoires en vingt-et-un duels contre elle, lui avait souvent fait des misères en Grand Chelem. Mais dans cette finale australienne, c'est de la très grande Graf, celle qui retrouve les accents de son Grand Chelem de 1988.

26. Na Li - Caroline Wozniacki

Edition : 2011
Demi-finale
Vainqueur : Na Li (Chine)
Adversaire : Caroline Wozniacki (Danemark)
Score : 3-6, 7-5, 6-3
"Je suis heureuse d’être la première Chinoise à jouer une finale de Grand Chelem. Je suis habituée aux premières." Na Li sait de quoi elle parle, elle qui avait déjà marqué l’histoire du tennis chinois en remportant un tournoi WTA et en intégrant le Top 10 auparavant. Mais ce 26 janvier 2011, elle y ajoute la manière, revenant du diable vauvert face à la numéro 1 mondiale Caroline Wozniacki. Alors que celle-ci obtient une balle de match au service à 5-4 dans le 2e set, Li prend sa chance le long de la ligne en coup droit pour la sauver. Trois jeux gagnés plus tard, la dynamique a changé pour de bon. Expliquant avec son humour pince-sans-rire avoir trouvé des ressources insoupçonnées en pensant au "prize money", elle échouera de peu en finale face à Kim Clijsters. Avant de franchir un nouveau cap à Roland-Garros au printemps suivant.

25. Naomi Osaka - Petra Kvitova

Edition : 2019
Finale
Vainqueur : Naomi Osaka (Japon)
Adversaire : Petra Kvitova (République tchèque)
Score : 7-6(2), 5-7, 6-4
Elle n’avait pu pleinement profiter de sa grande première à l’US Open quelques mois plus tôt, perturbée par le clash entre Serena Williams et l’arbitre Carlos Ramos. Mais le phénomène Naomi Osaka prend définitivement son envol à Melbourne. A 21 ans, elle y conquiert son 2e titre du Grand Chelem consécutif au terme d’une finale où elle a pourtant bien failli perdre pied. A 7-6, 5-3, 0/40, elle obtient 3 balles de sacre à la relance.
Soudain craintive, la Japonaise se contente alors de remettre dans le court et en est punie par une Petra Kvitova de retour au top à peine deux ans après avoir été victime d'une agression au couteau. Osaka perd 4 jeux consécutivement et sort du court en pleurs. A fleur de peau vraiment ? Pas si sûr. Alors que beaucoup se seraient effondrées, elle parvient à faire le vide à son retour et reprend sa marche en avant. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, la place de numéro 1 mondiale l’attend en bonus. Une star est née.

Entre larmes et suspense : Osaka - Kvitova, les temps forts d'une immense finale

24. Amélie Mauresmo - Justine Henin

Edition : 2006
Tour : Finale
Vainqueur : Amélie Mauremo (France)
Adversaire : Justine Henin (Belgique)
Score : 6-1, 2-0 ab.
La balle de match victorieuse pour un premier titre en Grand Chelem... Sans doute le plus grand moment que l'on puisse vivre en tant que joueur de tennis. Cet instant d'éternité, Amélie Mauresmo en a été privée à tout jamais : son premier titre majeur, elle l'a remporté sur abandon de sa grande rivale Justine Henin, victime de brûlures d'estomac et qui a fini par jeter l'éponge à 2-0, 0-30 au 2e set, après avoir appelé le kiné deux points plus tôt. C'est le seul abandon recensé dans l'ère Open pour une finale de Grand Chelem féminine, le précédent le plus proche remontant à 1965, également en Australie (Smith-Bueno) Et c'est peu dire qu'Amélie en a voulu, ensuite, à Justine. Reste que le palmarès, lui, se fige bien des astérisques...

Mauresmo: "Je suis pour les finales féminines de Grand Chelem au meilleur des 5 sets"

23. Martina Hingis - Serena Williams

Edition : 2001
Quart de finale
Vainqueur : Martina Hingis (Suisse)
Adversaire : Serena Williams (Etats-Unis)
Score : 6-2, 3-6, 8-6
Martina Hingis a 20 ans. Serena Williams 19. Quand les deux jeunes femmes se croisent en quart de finale à Melbourne en 2001, elles ont toutes deux des choses à prouver. Serena, depuis son titre à l'US Open en 1999, peine à confirmer en Grand Chelem. Hingis, elle, n'a plus gagné de Majeur depuis deux ans. Mais en Australie, son tournoi favori, elle joue mieux que partout ailleurs. Ce sera sans doute leur plus beau duel. Une bataille intense et épique.
Dominée dans le 1er set, l'Américaine a des étourdissements. "On m'a donné un truc rose et c'est repartir après", dira-t-elle, un brin mystérieuse. Ça repart si bien qu'elle revient à hauteur puis mène 4-1 dans le dernier set. Mais Hingis est superbe de détermination et finit par s'imposer 8-6. Sa défense et sa faculté à utiliser la géométrie du court ont écœuré Williams, qui commet 54 fautes, dont 29 dans la seule manche finale. "A la fin, c'est celle qui le veut le plus et qui a le plus de chance qui s'en sort", note la Suissesse, qui battra Venus Williams en demi-finale, avant de caler contre Capriati pour le titre.

22. Chris Evert - Martina Navratilova

Edition : 1982
Finale
Vainqueur : Chris Evert (Etats-Unis)
Adversaire : Martina Navratilova (Etats-Unis)
Score : 6-3, 2-6, 6-3
Seules deux paires de joueuses se sont affronté deux fois consécutivement en finale de l'Open d'Australie : Capriati-Hingis en 2001-02, et les inévitables Evert-Navratilova vingt ans plus tôt. Sans atteindre les sommets de leur finale de 1981 (nous y reviendrons), les deux légendes américaines rejouent un match de fort belle facture. Cette saison-là, Navratilova a remporté les deux premiers Grands Chelems, Roland-Garros et Wimbledon. Mais Evert s'est imposée à l'US Open. En triomphant également à Kooyong, malgré le "handicap" de sa raquette en bois, elle réussit une égalisation inespérée à 2-2. Finalement, Martina se "vengera" quelques jours plus tard au Toyota Championship, pour décrocher le statut de joueuse de l'année.

21. Margaret Court - Billie Jean King

Edition : 1969
Finale
Vainqueur : Margaret Court (Australie)
Adversaire : Billie Jean King (Etats-Unis)
Score : 6-4, 6-1
Avec 11 titres au compteur et désormais un terrain à son nom, Margaret Court, c'était un peu Madame Open d'Australie. Elle n'aimait pas qu'on vienne la titiller sur ses terres, surtout quand il s'agissait de Billie Jean King, la seule à l'avoir battue en finale là-bas, en 1968. Un an après, alors que le tournoi (encore itinérant), le premier de l'ère Open, se joue à Brisbane, la joueuse aux désormais 24 Grands Chelems attend de pied ferme sa revanche. Elle la prend au terme d'un match somptueux, l'un des tout meilleurs de sa légendaire carrière. Un demi-siècle plus tard, King appellera à débaptiser la Margaret Court Arena en raison des propos homophobes de son ancienne rivale. Mais rien à voir avec ce match, bien entendu.