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Wozniacki : "Vainqueur de Grand Chelem et numéro un, ça sonne bien !"

"Vainqueur de Grand Chelem et numéro un, ça sonne bien !"

Le 27/01/2018 à 16:21Mis à jour Le 27/01/2018 à 20:14

OPEN D'AUSTRALIE – Caroline Wozniacki a attendu si longtemps cette consécration qu'elle l'apprécie à sa juste valeur. Victorieuse de Simona Halep samedi après un sacré combat, la Danoise ouvre enfin son palmarès en Grand Chelem, tout en redevenant numéro un mondiale. C'est l'histoire d'une longue attente, et d'une sacrée résurrection.

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Dans l'histoire du tennis, il y a les champions qui ont tout, tout de suite. Chang. Nadal. Hingis. Seles. Et d'autres. Au firmament à l'adolescence ou à sa sortie. Ceux-là, qu'ils se bâtissent un palmarès hors normes ou se contentent d'un "one shot", n'ont jamais payé le prix de l'attente. Puis il y a ceux à qui la vie apprend la patience. Un Goran Ivanisevic a connu ça. Caroline Wozniacki, sans avoir guetté aussi longtemps que le Croate son couronnement, appartient aussi à cette catégorie. Leur force, c'est de mesurer pleinement leur chance quand vient le jour de la récompense.

Caroline Wozniacki n'a pas encore 28 ans, mais en triomphant samedi à Melbourne, elle a tiré un trait sur un très long chapitre, celui des ambitions inassouvies. Douze ans après son titre chez les juniors à Wimbledon, dix ans après ses premiers pas sur le circuit pro, neuf après son premier titre, elle a enfin intégré le rang des championnes sacrées en Grand Chelem.

Un parcours singulier pour celle qui avait occupé la première place mondiale pendant 67 semaines entre 2010 et 2012. Le temps de la constance dans les tournois plus ou moins mineurs, et celui des frustrations sur les plus grandes scènes. Samedi, elle a enfin tourné le dos à tout ça. "C'est ce qu'il y a de plus positif dans ma victoire aujourd'hui. On ne va plus me poser la question : quand allez-vous gagner un Grand Chelem?, a-t-elle plaisanté. "J'attends juste la question suivant maintenant : quand allez-vous en gagner un deuxième?" Cette interrogation-là sera à coup sûr nettement moins lourde à porter.

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Mauresmo-Wozniacki, même combat

Du temps où elle trônait au sommet de la hiérarchie, la Danoise n'avait pas réussi à mettre dans le mille en Grand Chelem. Après deux finales perdues à l'US Open en 2009 et 2014, elle semblait s'être éloignée définitivement des hautes sphères du pouvoir. Sa sortie du Top 10 en 2015, pour la première fois en six ans, avait sonné l'alerte. Et quand son corps a commencé à dérailler l'année suivante, la tenant éloignée des courts pendant plusieurs mois, ils n'étaient sans doute plus très nombreux à croire en elle. Il y a un an et demi, elle avait dégringolé jusqu'à la 74e place au classement WTA.

Caroline Wozniacki l'avoue, il lui est arrivé de se dire que son tour était passé. "Par moments, ça m'a traversé l'esprit, oui, a-t-elle confié samedi. Surtout quand physiquement ça ne va pas, que vous enchaînez les blessures, vous vous dites que vous ne serez peut-être plus jamais à 100%". Mais c'est au fond la seule chose qui pouvait l'empêcher d'y croire. "A l'entraînement, même à cette époque, je frappais bien la balle et j'espérais vraiment pouvoir me remettre dans le sens de la marche", dit-elle. Ce sera chose faite à l'US Open, en 2016. Une demi-finale en forme de résurrection pour elle qui n'avait gagné qu'un match en Grand Chelem depuis un an.

Ce sera le point de départ d'un lent mais durable retour au premier plan. La saison 2017 va s'avérer comme un de ses meilleurs, avec sept finales et surtout cette victoire au Masters, à Singapour, fin octobre. Ce n'était pas un Majeur, certes, mais c'était un cap non négligeable. Sans Singapour, il n'y aurait peut-être pas eu Melbourne. Cet enchaînement n'est pas sans rappeler celui d'Amélie Mauresmo. Fin 2005, à 26 ans, la Française avait remporté le Masters avant de s'imposer en Australie au début de l'année suivante pour ouvrir son palmarès en Grand Chelem. Ce fut le point de départ de la période la plus faste de sa carrière.

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" Un élan formidable pour la suite"

Il n'est pas absurde de penser que Caroline Wozniacki puisse en faire de même. Désormais libérée d'un fardeau, elle va pouvoir adjoindre à ses atouts actuels une confiance et une sérénité décuplées. C'est tout sauf négligeable. "Ce titre, c'est le plus grand moment de ma carrière, mais je crois que ça peut aussi me donner un élan formidable pour la suite", estime-t-elle.

La Scandinave a aussi le sentiment, avec ce titre, d'avoir donné un sens à ses années de sacrifice. "Je pense que j'avais déjà une très belle carrière, glisse la nouvelle patronne. Beaucoup de filles auraient aimé être à ma place. Peu de gens mesurent ce que ça représente comme travail. Je me disais que je faisais le maximum. Si un grand titre devait arriver, il arriverait. Sinon, tant pis, j'aurais fait tout ce qui était possible. Mais gagner ce Grand Chelem, c'est une récompense pour tout ça."

Dimanche matin, pour la première fois de sa vie, Caroline Wozniacki va se réveiller dans la peau d'une gagnante en Grand Chelem. 24 heures plus tard, elle se lèvera en tant que numéro un mondiale. Comme elle l'a dit samedi, "vainqueur de Grand Chelem et numéro un, ça sonne bien !".

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