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Djokovic : "Un match parfait, incroyable"

Djokovic : "Un match parfait, incroyable"
Par Eurosport

Le 27/01/2019 à 18:08

OPEN D'AUSTRALIE - Novak Djokovic a marché sur l'eau dimanche face à Rafael Nadal. Au terme d'une finale expéditive, il a mis son adversaire sous l'éteignoir pour s'imposer en trois sets d'une étonnante sécheresse (6-3, 6-2, 6-3). Pour Nole, pas de doute, il s'agit bien d'un de ses plus grands matches, vu le contexte.

Où placez-vous ce match parmi vos finales en Grand Chelem ?

N.D. : Tout en haut. Compte tenu des circonstances, jouer contre Nadal dans un match aussi important, c'est extraordinaire. Si on additionne finale et demi-finale, je crois que j'ai fait quinze fautes directes (14 en fait, ndlr) en deux matches. Ça me surprend moi-même très agréablement, même si j'ai toujours cru que je pouvais jouer comme ça, que je me suis visualisé en train de jouer comme ça. A ce niveau, dans ces circonstances, c'était vraiment un match parfait, incroyable.

Nadal n'a marqué qu'un seul point sur vos jeux de service au cours du premier set...

N.D. : Ça a sans doute été la clé du match. C'était un de mes principaux objectifs, débuter en mettant la bonne intensité, avec le bon état d'esprit, faire en sorte qu'il sente ma présence. J'ai réussi à faire un break crucial dès le deuxième jeu, à mener 3-0 en dix minutes. Ça a été vraiment important. Ça s'est avéré le tournant du match.

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Vous attendiez-vous à ce scenario, à un tel début de match ?

N.D. : Rafa met tellement d'énergie et d'intensité dans ses frappes dès le premier point que ça peut parfois être intimidant. Mais d'un autre côté, j'imagine que ça m'a tenu en alerte, de savoir ce qui m'attendait. Sachant ce à quoi je devais me préparer, j'étais prêt à combattre d'entrée.

Après la rencontre face à Lucas Pouille, vous aviez dit que vous étiez dans "la zone". Visiblement, vous ne l'avez pas quittée pour cette finale. Pourtant, cette fois, c'était Nadal en face...

N.D. : On jouait tous les deux très bien avant cette finale. Je pense que nous étions confiants tous les deux. Chacun devait croire en ses chances, et avec raison. Après, comme je l'ai dit, le début du match a vraiment été crucial. Ce break d'entrée, c'était le scénario idéal pour moi. Puis avoir un matelas d'un set d'avance m'a permis de me relaxer un peu plus, de ne pas vraiment trop m'inquiéter. Après, ça a été vraiment fluide.

Vous êtes probablement le seul joueur qui, tactiquement, parvient aussi bien à neutraliser Nadal. Avez-vous le sentiment de le "tenir", de le contrôler ?

N.D. : Je ne veux pas dire ça parce que je n'ai pas envie que ça me revienne en pleine tête comme un boomerang dans le futur. J'ai eu la solution sur ce match, mais pas toute ma vie contre lui. On aura encore beaucoup de duels l'un contre l'autre, j'en suis certain, sur des surfaces différentes. Et tant mieux, parce que c'est la rivalité qui a eu le plus grand impact, au plan professionnel et personnel, sur ma carrière et dans ma vie.

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Qu'auriez-vous répondu si on vous avait dit il y a un an que vous alliez gagner trois Grand Chelem d'affilée ?

N.D. : Que ce n'était pas impossible, mais hautement improbable. Je ne veux pas paraître arrogant, mais j'ai toujours cru en moi. C'est probablement le secret le plus important de ma réussite. Je crois beaucoup à la visualisation. J'y ai beaucoup recours. Je l'ai fait plus que jamais dans ma vie ces douze derniers mois après mon opération, parce que je ne jouais pas bien, je ne me sentais pas bien sur le court, je remettais tout en question, je doutais de ma capacité à rejouer à ce niveau parce que je ne savais pas à quel point mon opération du coude allait affecter mon jeu. Ça a été un tournant très instructif pour moi. Je ne changerais rien si je pouvais revenir en arrière.

Tout le monde se souvient de votre conférence de presse à Roland-Garros l'an dernier... (Après sa défaite contre Cecchinato en quarts, Djokovic était apparu furieux et avait expédié ses obligations devant les médias en trois minutes, déclarant qu'il ne savait même pas s'il jouerait sur gazon)

N.D. : Oui...

Sept mois plus tard, vous semblez plus affamé que jamais.

N.D. : Pour être franc, j'ai toujours eu faim, toujours gardé l'envie de gagner. Si je ne l'avais plus, j'arrêterais probablement la compétition, les voyages sur le circuit, tout ça, sinon j'aurais l'impression de me mentir à moi-même. Ce serait juste une perte de temps. Ce n'est pas qu'une question de succès tout ça. Pour moi, c'est une école de la vie, ou un voyage à travers la vie. Le court de tennis, c'est l'endroit où je suis à nu en termes d'émotions. C'est là que j'apprends le plus sur moi, ou j'ai l'opportunité d'en savoir plus sur qui je suis vraiment.

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