Pour Lucas Pouille, gare à Alexei Popyrin !
Par Laurent Vergne
Publié 18/01/2019 à 18:49 GMT+1
OPEN D'AUSTRALIE – Lucas Pouille affronte Alexei Popyrin ce matin pour une place en huitièmes de finale. Un match potentiellement dangereux pour le Nordiste, face à une des nouvelles terreurs du tennis australien. A 19 ans, Popyrin progresse vite, et il n'est sans doute qu'au début de son ascension.
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Crédit: Eurosport
C'est une drôle d'édition pour le tennis masculin australien. Exit De Minaur, Kyrgios, Millman, Ebden et Tomic, soit l'intégralité du contingent des Antipodes dans le Top 100 du classement ATP. Les derniers espoirs locaux reposent sur les épaules de deux invités qui naviguent eux aux alentours de la 150e place, Alex Bolt et Alexei Popyrin. Dans le cas du second, cela pourrait rapidement devenir une habitude. A 19 ans, le jeune prodige de Sydney a tout pour incarner durablement la nouvelle vague australienne, en compagnie d'Alex De Minaur.
Jusqu'à il y a quelques jours, il comptait une toute petite victoire sur le circuit principal, en octobre dernier, à Bâle. Il vient de tripler son quota, grâce à ses succès contre Mischa Zverev puis face à un Dominic Thiem éreinté et contraint à l'abandon. Voilà donc Popyrin au troisième tour de l’Open d’Australie, sans avoir perdu ni un set ni même son service. De quoi inciter son prochain adversaire, Lucas Pouille, à la méfiance.
Mouratoglou : "Un joueur ultra explosif"
Pour le Français, c'est un vrai match casse-gueule. Encore en phase de reconstruction, surtout au niveau de la confiance, sérieusement effilochée ces derniers mois, il va affronter un jeune joueur potentiellement chaud bouillant devant son public, dans l'électricité de la night session, et qui n'aura absolument rien à perdre. Son Open d'Australie, quoi qu'il arrive, restera une réussite.
Patrick Mouratoglou n'est pas surpris de le voir éclore. Le coach français connait bien l'animal, qui s'entraîne au sein de son Académie. "Il joue du super tennis, juge le consultant d'Eurosport. Un joueur ultra explosif, avec un énorme service et un coup droit qui va très, très vite". Du jeune Australien, Mouratoglou dit aussi qu'il est "fluide et imprévisible".
Popyrin suit en tout cas depuis douze mois une trajectoire impressionnante. Au-delà de la 600e place au début de l'année 2018, il avait fini l'année 149e. Il sera aux portes du Top 100 s'il s'impose face à Lucas Pouille samedi. Malgré tout, le Nordiste a sans doute les clés de ce match. "Bien sûr que c'est dans les cordes de Lucas. Quand il joue à son niveau, il est top 20 tous les jours, et quand il sort un match énorme, il est top 10", assure Patrick Mouratoglou.
Hewitt-Baghdatis, le déclencheur
Mais il a tout intérêt à prendre ce match très au sérieux car, tennistiquement, Alexei Popyrin a les armes pour le gêner. Et le vainqueur de Roland-Garros juniors il y a deux ans est en train de rationaliser son jeu, tout en gommant progressivement ses imperfections techniques. "J'ai beaucoup travaillé mon revers ces six derniers mois, dit-il. Et on travaille encore dessus, mais j'ai beaucoup progressé je pense. J'ai aussi bossé mon service, j'essaie de faire attention à mon pourcentage de premières balles, et à ma régularité, d'une façon globale. Sur mes deux premiers tours, j'étais content de ça."
Si Popyrin brille chez lui, c'est aussi parce qu'il s'est préparé comme jamais. Après ses premiers coups d'éclat à Bâle (il était sorti des qualifs en battant notamment Benoît Paire et avait donc décroché dans la foulée son premier succès sur le grand circuit face à Ebden), il n'a joué aucun Challenger, préférant s'imposer une grosse intersaison. "Je suis d'abord resté à l'Académie Mouratoglou. Stefanos (Tsitsipas) était là, Rudy Molleker aussi. On a eu une super préparation, puis je suis venu en Australie dès la mi-décembre."
Logiquement, Melbourne est son tournoi préféré. Celui où il rêvait de briller. "Pop" se souvient avec précision de la naissance de ce coup de cœur. C'était en 2008. A neuf ans, le jeune Alexei est en tribunes avec ses parents pour assister à la mythique rencontre entre Lleyton Hewitt et Marcos Baghdatis. Celle qui s'est achevée à 4h33 du matin. "Nous étions partis pendant le 4e set, mais j'avais vu la fin du match à la maison, à la télé, raconte-t-il. C'est un grand souvenir de mon enfance." Désormais, Popyrin est sur le court, plus dans les tribunes. Et dans la télé, pas devant. Cette année marque peut-être le début d'une longue histoire avec son "Australian".
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