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Au pied de son Everest, Monfils est condamné à l'exploit
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Publié 26/01/2020 à 17:55 GMT+1
OPEN D’AUSTRALIE – Seul Français encore en lice à Melbourne, Gaël Monfils a tenu son rang de tête de série numéro 10 du tournoi. Mais pour aller plus loin, il devra dompter, lundi un huitième de finale, l’une de ses bêtes noires sur le circuit, Dominic Thiem. Le défi s’annonce immense contre l’Autrichien qu’il n’a jamais battu.
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Depuis un an, quelque chose a changé dans le discours de Gaël Monfils. Le Parisien ne craint plus d’afficher ses ambitions. Il l’a encore répété haut et fort après sa victoire contre Ernests Gulbis samedi au 3e tour de l’Open d’Australie, il compte bien décrocher la Lune. "Je me lève chaque matin avec en tête l’objectif de gagner un titre du Grand Chelem." Et à défaut d’y parvenir pour le moment, il fait preuve d’une régularité nouvelle : pour la troisième fois sur les quatre derniers Majeurs, il est au rendez-vous de la deuxième semaine.
Les actes suivent donc partiellement les paroles et Monfils est loin de se contenter de cet état de fait. "Je me sens bien. Je suis en bonne forme. Lors de mon dernier tournoi du Grand Chelem, j’ai joué les quarts donc j’ai abordé ce 3e tour avec confiance", a-t-il encore confié. Mais cette sérénité est-elle réelle, ou simplement de façade, histoire de montrer à son futur adversaire qu’il n’a pas peur ? Car Dominic Thiem, qui l’attend en huitième de finale, n’est pas vraiment le joueur qui lui convient le mieux. Loin s’en faut.
Si "la Monf’" n’a jamais réussi jusqu’ici à trouver une solution au problème Novak Djokovic (16 défaites en autant de confrontations), son bilan n’est guère plus reluisant face à l’Autrichien. Le Parisien a certes moins perdu contre le numéro 5 mondial, mais il n’a pas plus gagné pour autant : en 5 duels, il n’a réussi à lui prendre que deux malheureux sets. Les deux joueurs ont d’ailleurs récemment croisé le fer en Grand Chelem. C'était lors du dernier Roland-Garros au même stade de la compétition, et la leçon administrée par "Dominator", vainqueur en trois petits sets (6-4, 6-4, 6-2) et moins de deux heures, n’a pas de quoi rassurer les plus fervents supporters du Parisien.
Voici quelques années, la perspective d’une telle affiche sur dur n'aurait pas semblé si déséquilibrée, du moins sur le papier. Mais Thiem a pris une nouvelle dimension tout-terrain (gazon encore excepté) : vainqueur de son premier Masters 1000 à Indian Wells en 2019, il a aussi brillamment atteint la finale du tournoi des Maîtres à Londres voici deux mois. "Dominic m’a battu la plupart du temps (toujours en fait, ndlr). C’est toujours difficile contre lui, il s’est beaucoup amélioré sur dur. Il faut que je sois moi-même, que j’adopte avec mon coach un plan tactique clair pour le battre. Je me sens bien physiquement et ça m’aidera pour m’attaquer à ce défi", a d’ailleurs concédé Monfils.
Thiem n'a jamais vu les quarts à Melbourne
C’est un fait, Thiem a été beaucoup plus proche de décrocher le Graal en Grand Chelem récemment, avec deux finales consécutives du côté de la Porte d’Auteuil (2018, 2019). Mais en Australie, il brille beaucoup moins. En 7 participations, il n’y a jamais fait mieux que deux… huitièmes de finale. Monfils, lui, a atteint les quarts en 2016. L'Autrichien n’aborde peut-être pas non plus cette seconde semaine dans les meilleures conditions psychologiques : il vient de mettre un terme plutôt brutal à son début de collaboration avec Thomas Muster. Interrogé sur le sujet, il s’est d’ailleurs contenté d’une réponse laconique : "Ça n’a pas fonctionné."
Mais si Thiem arrive à mettre de côté d’éventuels états d’âme, il a indéniablement les cartes en main face à Monfils, ce qui ne l’a pas empêché de se montrer très élogieux devant la presse. "C’est toujours amusant de jouer contre lui. C’est un si grand athlète, un si grand sportif. Il est certain qu’il y aura une super ambiance également. C’est un créateur et il y a toujours des échanges incroyables avec lui. Il a fait son retour dans le top 10 l’an dernier. Il joue bien en ce moment, donc je m’attends à une rencontre difficile." On n'en attendait pas moins de l’Autrichien, pas vraiment du genre à fanfaronner. Et s’il pouvait avoir raison, une belle bataille ne serait pas pour nous déplaire.
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