Il l'a dit sur la Rod Laver Arena lors de l'interview d'après-match. Il l'a répété en conférence de presse quelques minutes plus tard. Si ce n'était pas un tournoi du Grand Chelem, jamais il ne serait rentré sur le court dimanche pour affronter Milos Raonic en huitièmes de finale. "Mais c'est un Grand Chelem, insiste le numéro un mondial. Et à ce stade de ma carrière, ça compte beaucoup pour moi. Alors je suis prêt à faire tout ce qu'il est possible de faire pour jouer." Y compris prendre des risques.
Selon lui, les médecins l'ont prévenu qu'en ne se retirant pas du tournoi, il prenait un risque. Petit, mais un risque quand même. "C'est un pari, admet l'octuple vainqueur de l'Open d'Australie. C'est ce que m'a dit l'équipe médicale en tout cas. Celle du tournoi et la mienne, aussi. Ils sont tous d'accord pour convenir qu'il y a un risque, un petit risque que j'aggrave sérieusement la blessure au point de me tenir éloigné des courts pendant, disons, une certaine période. Mais ils ne pensent pas non plus que ça puisse être grave au point de compromettre toute ma saison."
Open d'Australie
Djokovic lâche un set mais se rassure
14/02/2021 À 13:26

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Maintenant, c'est entre les mains de dieu
L'avantage de l'Open d'Australie, même avec trois semaines de décalage, c'est qu'il est assez isolé dans le calendrier. Les trois autres tournois du Grand Chelem sont beaucoup plus regroupés, en trois mois et demi, du début de Roland-Garros à la fin de l'US Open. Le Majeur parisien, lui, sera encore distant de trois bons mois lorsque s'achèvera la quinzaine australienne. Alors, le jeu en vaut la chandelle, a estimé Djokovic. "Maintenant, c'est entre les mains de dieu", dit-il, un brin grandiloquent
Pour l'heure, son avenir à très court terme est surtout entre les mains des analgésiques dont il se gave depuis plus de 48 heures. "J'ai pris beaucoup d'antidouleurs, confirme-t-il. La combinaison des médicaments et des traitements (il explique aussi avoir passé beaucoup de temps sur la table du physiothérapeute, NDLR)) me permet de jouer."
Même si ce n'est pas la panacée. "Ce n'est pas l'idéal, je me suis déjà beaucoup mieux senti, poursuit le Djoker dans un euphémisme. Mais la douleur est supportable pour l'instant. Mentalement, je dois accepter que je vais rentrer dans mon match en sachant que je vais devoir composer avec la douleur. Mais encore une fois, le problème des antidouleurs, c'est qu'ils masquent le problème, ils ne le règlent pas. C'est le piège, d'où le risque d'aggraver la blessure. Mais j'accepte les conséquences que ça aura sur l'après Open d'Australie. Je prendrai le temps qu'il faut pour me soigner et revenir quand je serai complètement guéri."

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Il espère 10% d'amélioration

Sur la nature de sa blessure et l'ampleur de la gravité de celle-ci, il n'a voulu donner aucun détail dimanche. Vendredi, dès la fin de son match contre Fritz, Djokovic s'était pourtant montré assez affirmatif, parlant de "déchirure abdominale". En sortant de son huitième de finale, il a posé le couvercle : "Je comprends que tout le monde veuille savoir, ait envie de spéculer. Oui, j'ai fait une IRM. Oui, je sais ce que j'ai, mais je ne veux pas en dire trop. Je suis encore dans le tournoi, alors j'espère que vous comprenez mon point de vue."
Après tout, il n'est qu'à trois matches d'un 18e titre du Grand Chelem, dont la moitié ici en Australie. Mais le prochain obstacle pourrait être coton. Alexander Zverev a moins une tête de victime que Milos Raonic. Il ne présente surtout pas le même profil, et cela pourrait ne pas être une bonne nouvelle pour Djokovic. "Ce sera un match différent de celui contre Milos, convient le numéro un mondial, probablement avec davantage d'échanges". Donc plus de souffrance. C'est en rotation, sur les déplacements et les frappes, qu'il tire le plus sur ses abdominaux.
Mais il guette quand même une éclaircie. "Si je pouvais ressentir une amélioration, ne serait-ce que de 10% par rapport à aujourd'hui, je prends", dit-il encore. Si vous avez de l'argent à mettre, voilà quand même une valeur sûre : Djokovic sera sur le court mardi. Mais dans quel état ?

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