Jeudi dernier, les autorités australiennes annulaient le visa de Novak Djokovic et demandaient son expulsion. Le joueur avait obtenu un sursis jusqu'à ce lundi en faisant appel de cette décision. Placé en centre de rétention depuis dans un hôtel, il avait gagné quatre jours. Mais lundi, c'est un combat d'une autre envergure que le numéro un mondial a remporté : le juge Anthony Kelly a ordonné sa libération et... annulé l'annulation de son visa. Selon les conclusions du tribunal, le joueur n'a pas eu la possibilité d'opposer ses arguments avant que son visa ne soit invalidé par les autorités.
Pour autant, le champion serbe n'est pas encore tiré d'affaire. Un homme possède du pouvoir discrétionnaire renvoyer Novak Djokovic en Europe. Il s'agit du Ministre australien de l'immigration, Alex Hawke, qui peut faire usage de l'article 133 alinéa C du 'Migration Act' pour annuler à nouveau le visa du numéro 1 mondial. Celui-ci avait un délai de quatre heures lundi après la décision du juge pour maintenir Djokovic en détention. Il ne l'a pas fait, entraînant de facto la libération du joueur. Mais le ministre peut décider de prononcer son expulsion dans les prochains jours.
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Inéquité procédurale

A l'instar d'un marathon en cinq sets sur le court comme il en a tant remporté dans sa carrière, Novak Djokovic n'a donc pas encore gagné la balle de match, mais il a clairement pris l'ascendant dans son combat face aux autorités australiennes, même si celles-ci peuvent encore avoir le dernier mot. Mais leur position s'est grandement fragilisée.
Cité par l'AFP, l'avocat Blazo Nedic, spécialiste du droit anglo-saxon intervenant sur les ondes de la télévision nationale RTS, estime que "théoriquement, l'Etat australien peut de nouveau examiner la demande de visa et l'annuler de nouveau, mais le problème réside dans le fait que depuis jeudi les circonstances n'ont pas changé". Plus que jamais, c'est une décision politique que le gouvernement australien s'apprête à rendre après avoir subi un camouflet judiciaire sans précédent.
Pour le juge Anthony Kelly, les autorités ont eu le tort de ne pas laisser à Novak Djokovic le temps "de consulter d'autres personnes et présenter des arguments pour expliquer pourquoi son visa ne devrait pas être annulé". Il a qualifié le déroulé des évènements de la nuit du 5 au 6 janvier "d'inéquité procédurale". Malgré tout, le nonuple vainqueur de l'Open d'Australie reste ce lundi avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Et s'il a aujourd'hui de bien meilleures chances de s'aligner dans le premier Grand Chelem de l'année qu'il y a quelques heures, le tournoi débute dans une semaine. Pour manier l'euphémisme, on dira que ce n'est pas la plus idéale des préparations.

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